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LUTTE CONTRE L'EXCLUSION
Revenu universel d’activité : la concertation publique commence
Isabelle Raynaud | France | Publié le 09/10/2019

Après la concertation avec les acteurs institutionnels, notamment les départements et les CCAS, le gouvernement lance une concertation publique pour que tous les citoyens, s'ils le souhaitent, puissent donner leur avis sur "la protection sociale du XXIe siècle".

dialogue-social-grand-debat-consultation-concertation-democratie-locale-participative [1]Le Revenu universel d’activité (RUA) est « le chantier majeur de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté », a rappelé, le 8 octobre devant des journalistes, la secrétaire d’Etat en charge de la mise en  place du plan, Christelle Dubos. C’est pour cela qu’avec le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, elle lance ce mercredi 9 octobre, une concertation citoyenne sur le RUA.

« Une grande réforme, qui touche potentiellement 15 millions de Français, suppose qu’on demande leur avis aux citoyens, qu’ils touchent des aides ou pas », explique la secrétaire d’Etat. Le but est de « redonner confiance dans notre système de protection sociale ».

Vote

Le site consultation-rua.gouv.fr [2] permet donc à tout un chacun de s’exprimer sur la réforme des minima sociaux. Au choix, en rédigeant des propositions complètes, ou simplement en votant pour ou contre les propositions déjà en ligne.

Trois thématiques sont soumises à consultation :

En créant le site, le ministère des Solidarité avait préparé 18 contributions. « Nous en attendons des centaines », a indiqué Olivier Noblecourt. Moins de 24 heures après l’ouverture du site, son vœu est déjà réalisé.

Pour les personnes qui ne sont pas adeptes des outils numériques, le ministère a demandé aux associations qui aident les plus démunis d’organiser des « atelier-relais »  où les personnes seraient aidés pour s’exprimer en ligne. Par ailleurs, six « ateliers citoyens », regroupant a minima 50% d’allocataires et 20% de  travailleurs sociaux, seront organisés d’ici au 2 décembre en région.

« Contrainte d’explication »

Que deviendront toutes ces contributions ? Olivier Noblecourt, qui a la charge de cette consultation, affirme qu’elles seront toujours visibles, même après le 20 novembre, date à laquelle les internautes ne pourront plus s’exprimer. La synthèse, réalisée par OpinionWay,  sera ajoutée au rapport général que remettra début 2020 Fabrice Lenglart [3] au gouvernement.

Mais Christelle Dubos est ferme, pas question de revenir sur des points de la réforme si le gouvernement les considère juste.  » S’il y a par exemple un rejet d’une allocation aux moins de 25 ans [comme pour le RSA actuellement, Ndlr] mais que nous pensons que c’est important pour sortir les jeunes de la précarité, nous le ferons », affirme-t-elle.

Si une majorité se dégageait en ligne pour un véritable revenu universel, versé à tous, sans condition de revenu, ou un revenu de base, automatique mais sous condition de revenu comme veulent l’expérimenter des départements de gauche, le gouvernement ne se sentirait donc pas engagé.

Seule promesse : les 20 propositions les plus populaires auront une réponse du ministère, et une explication  si elles ne sont pas retenus. « C’est une contrainte politique très forte, mais nous ne créons pas une sorte de Téléthon », conclut sur le sujet Olivier Noblecourt.

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