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[OPINION] Pauvreté

Les collectivités locales peuvent éradiquer la pauvreté !

Publié le 15/10/2019 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

pauvreté
Flickr CC by Klovovi
Venir à bout de la pauvreté est possible en mettant en place un revenu minimum unique (RMU) supérieur au seuil de pauvreté, équivalent à 860 euros pour une personne seule.

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Noam Leandri et Louis Maurin

président de l’Observatoire des inégalités et directeur de l’Observatoire des inégalités

Venir à bout de la pauvreté est possible en mettant en place un RMU supérieur au seuil de pauvreté, équivalent à 860 euros pour une personne seule. Notre proposition peut devenir un enjeu politique des prochaines élections municipales. Le filet de sécurité actuel des minima sociaux français demeure incomplet. Les jeunes âgés de 18 à 25 ans n’ont droit à rien, sauf dans des circonstances très exceptionnelles. La plupart des adultes sans ressources touchent moins de 500 euros par mois. Des moyens aussi faibles sont indignes d’une société riche comme la nôtre, où la moitié des individus vivent avec plus de 1 700 euros par mois (pour une personne seule, après impôts et prestations sociales). Le bas niveau des minima sociaux oblige les allocataires soit à vivre dans la dépendance (aide de la famille, d’amis ou d’organismes caritatifs), soit à exercer ici ou là des travaux non déclarés.

Solidarité nationale

La mise en place d’un RMU élèverait le niveau de vie de 5 millions d’individus au-dessus du seuil de pauvreté, notamment des jeunes, mais aussi de très nombreuses familles. Un pas en avant considérable en matière de politiques sociales, comparable à la mise en place de la couverture maladie universelle. Selon nos estimations, le coût total de la mesure serait de 7 milliards d’euros, l’équivalent de moins de la moitié des 17 milliards d’euros mis sur la table après la crise des « gilets jaunes » ou un tiers de la suppression de la taxe d’habitation. Elle est à la portée de notre pays, sans même compter l’impact économique de relance de l’activité par la consommation, bien supérieur à une baisse d’impôt qui grossit l’épargne.

Une telle entreprise relève d’abord de la solidarité nationale. Mais le gouvernement a déjà indiqué que son futur « revenu universel d’activité », aux contours encore imprécis, se fera sans moyens supplémentaires. On voit mal comment, après avoir réduit les allocations logement des plus pauvres, il pourrait, en sens inverse, augmenter le RSA ou l’allocation spécifique de solidarité.

Choix politique

Pour que les plus démunis soient entendus, il faudrait qu’ils aillent en masse casser les vitrines des belles avenues parisiennes. Mais cet ensemble hétéroclite de femmes seules avec enfants, de jeunes en galère ou de couples sans emploi n’a pas d’unité ni d’organisation… Peut-on rester indéfiniment sans rien leur proposer, notamment aux plus jeunes qui ont le droit de voter mais pas le droit au RSA ? Si la majorité n’avance pas, les élus locaux devront prendre leurs responsabilités. C’est le cas depuis longtemps à travers l’action des centres communaux d’action sociale en particulier, qui jouent un rôle puissant d’amortisseur de la crise de l’emploi. Il faut aller plus loin.

Déjà, un revenu très proche de notre RMU a été mis en place à Grande-Synthe, dans le Nord, depuis cet été, montrant qu’une commune « zéro pauvres » est possible. C’est une question de choix politique. D’autres pourraient suivre cet exemple. Contrairement aux discours médiatiques sur l’assistanat, la population française demeure profondément solidaire envers les plus démunis. En tout cas, les élus qui s’engageront dans ce sens marqueront l’histoire sociale de notre pays.

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