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Disparition

Jacques Chirac, le paysan de Paris

Publié le 26/09/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

jacques-chirac
©LUDOVIC/REA
Disparu le 26 septembre 2019, le vieux lion de la politique française était aussi à l’aise dans les allées du pouvoir que dans les banquets de sous-préfecture. Chef de l’Etat, il s’était fait le chantre de la République décentralisée. Avec un succès mitigé.

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Maire de la capitale et président du conseil général de la Corrèze : ce cumul d’un autre temps dit tout de Jacques Chirac. Disparu le 26 septembre 2019, l’ancien Président de la République était un Janus. Un pur produit de la haute administration parisienne et un « rad-soc’ » terrien à la mode de la IIIème République.

A l’image de ses lunettes rectangulaires, il incarne, à ses débuts, le règne des technocrates. Le conseiller de Georges Pompidou fait ses classes à une époque où les cabinets ministériels décrètent la construction de 1 000 piscines et l’édification de villes nouvelles. Le hussard ne fait pas dans la dentelle. La différenciation et l’expérimentation territoriales, très peu pour lui. En ce temps-là, l’Etat trône en majesté, au centre de la vie politique, économique et sociale du pays. Dans son parti, le Bonaparte du RPR croit avant tout aux vertus du centralisme démocratique. Il nomme des préfets pour cornaquer les fédérations départementales. Le chef de parti refuse tout vote local dans le choix des postulants à la députation.

A la télévision, Jacques Chirac est raide comme un piquet. Maire de Paris entre 1977 et 1995, il fait surtout confiance aux « crânes d’œuf »,  aux énarques, Alain Juppé en tête. Paris s’érige en Etat dans l’Etat. Les collectivités territoriales qui jouxtent la capitale sont traitées en quantité négligeable. Mais, sous le « techno » au verbe mécanique, perce un autre Chirac.

Le serment de Solignac

Force de la nature et bête de campagne, ce Chirac-là mérite le livre des records pour le nombre de mains qu’il a serrées durant ses tournées électorales. Champion de France des banquets républicains et du lever le coude, il ne recule jamais devant un deuxième ou troisième déjeuner. En communion avec le monde agricole, qu’il rallie au panache du gaullisme, Jacques Chirac se taille un fief à la hauteur de sa légende.

En compagnie de Pierre Mazeaud, Bernard Pons et Jean Charbonnel, il jure de bouter les communistes et les socialistes hors du Limousin et des premières bastides du Sud-Ouest. En vertu de ce serment, arrosé, de Solignac de décembre 1966, le mousquetaire de Pompidou s’attaque à la Corrèze où le Parisien possède ses attaches familiales. La terre d’élection de Henri Queuille, président radical-socialiste du conseil sous la IVème République. Un personnage pour lequel il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre… La carrière à rallonge et le clientélisme du petit père Queuille constituent le bréviaire du jeune loup.

Le roi du « plaçou »

D’entrée, le fils préféré de Georges Pompidou fait valoir ses réseaux à Paris. Quand il ne peut pas entrer par la porte, il passe par la fenêtre. Résultat : le député de la Corrèze obtient toutes les subventions de la création.

A la mairie de Paris, il devient le roi du « plaçou », l’art de trouver un emploi pour ses obligés. L’histoire veut que les agents issus de sa circonscription de Corrèze y occupent tout un étage. Les mauvaises langues daubent sur la réalité de leur emploi. Jacques Chirac n’en a cure.

D’un culot d’acier, il transforme l’hôtel de ville en machine de guerre au service de son parti, de son clan et de son ambition présidentielle. Des frais de bouche XXL aux électeurs fantômes, on découvre bien des cadavres dans le placard quand, après deux échecs, Jacques Chirac, en 1995, traverse la Seine pour entrer à l’Elysée.

Gentrification de la capitale

Son bilan, à la tête de la capitale, est marqué par un embourgeoisement accéléré. Une gentrification dirait-on aujourd’hui. Personne, pourtant, ne s’aventurerait à dépeindre Chirac en président des métropoles. S’il en est ainsi, c’est qu’à l’instar de François Mitterrand, pour lequel il éprouve une admiration teintée de complexe d’infériorité, il connait la France des sous-préfectures comme sa poche. Le grand fauve de la politique sent les oscillations du corps électoral mieux que quiconque.

Lors de sa campagne de 1995, il surfe sur « la fracture sociale ». C’est-à-dire sur la cassure entre ce que Christophe Guilluy n’appelle pas encore la France périphérique et les grandes villes. Un fossé apparu au moment du référendum européen de Maastricht en 1992. Grâce à une ligne gaulliste et républicaine inspirée de Philippe Séguin, il décroche le jackpot.

A l’Elysée, Jacques Chirac oublie quelque peu son credo social. Il a, il faut dire, depuis longtemps fait sien le mot de son ex-complice Charles Pasqua selon lequel « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ».

Pur pragmatique, Jacques Chirac surmonte le choc de sa dissolution manquée de 1997 grâce, notamment, à une conversion à la décentralisation. A la veille du duel annoncé face à son Premier ministre Lionel Jospin (PS), il trouve là un bon angle d’attaque. Issu de la haute administration du quai d’Orsay, le locataire de Matignon ne manifeste en effet pas d’appétence pour la chose locale. Simple conseiller général de Cintegabelle (Haute-Garonne), Lionel Jospin ne possède d’ailleurs pas la moindre expérience d’un exécutif territorial.

Du côté des notables

Tout au contraire, Jacques Chirac sait cajoler les édiles. Il se fait même le chantre de la République de proximité. Une manière pour lui de rassembler les chapelles éparpillées de la droite française au sein d’un parti unique. L’ancien chef du RPR sacrifie son vieux fond jacobin pour gagner l’appui des notables centristes et libéraux de l’UDF et de DL. En ces années-là, le caméléon de la droite française parle comme son vieil ennemi Valéry Giscard d’Estaing, associant volontiers décentralisation et Europe.

Réélu en 2002, il place un fidèle de VGE à Matignon, Jean-Pierre Raffarin. Mais, occupé sur d’autres fronts, Jacques Chirac délaisse l’organisation décentralisée de la République. Le principe affirmé dans la campagne de 2002 est bien consacré dans la Constitution, mais il peine toujours à se traduire dans les faits. Comme un symbole de la carrière de Jacques Chirac, plus doué pour les beaux discours que pour les véritables réformes.

Le père politique de François Baroin

« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours connu Jacques Chirac » : dans une veine à la Barbara, le président de l’Association des maires de France François Baroin rend un hommage ému au camarade de Sciences Po et ami de son père, Michel  Baroin disparu dans un accident d’avion en 1986. Depuis cet évènement tragique, un lien très fort unissait Jacques Chirac au futur président de l’AMF. « Un mercredi soir d’hiver 1987, c’est lui, Premier ministre, qui est venu m’annoncer la mort de la mon père et après un discours bouleversant devant son cercueil m’a promis qu’il trouverait le temps nécessaire pour moi. Cette promesse fut tenue et au-delà », salue François Baroin, cheville ouvrière de la campagne victorieuse de 1995, puis dernier ministre de l’Intérieur du vieux lion.

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