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Politique de la ville

Conseils citoyens : « il faut des espaces de co-formation »

Publié le 03/10/2019 • Par Louis Gohin • dans : France

Miriam Bachir
DR
Myriam Bachir, maître de conférences à l’université Picardie-Jules Verne, dresse un bilan contrasté de la mise en place des conseils citoyens. En cause, un manque de confiance des citoyens envers les élus, et des difficultés entre ces derniers et les services de l’Etat. Pour y remédier, elle préconise de mettre l’accent sur la méthode et d’inventer des formations communes entre agents et administrés.

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Six mois avant les municipales, Myriam Bachir (1), sociologue spécialiste de la participation citoyenne, préconise une « co-construction de l’action publique ». Elle tire les enseignements des conseils citoyens cinq ans après leur création par la loi Lamy. Elle constate une « soif participative des citoyens » et voit émerger des initiatives dans plusieurs communes pour impliquer les habitants dans la préparation des listes électorales. Entretien.

Ce mandat municipal aura été celui des premiers conseils citoyens… Quels enseignements tirez-vous de ces instances ?

Les principes posés par la loi Lamy (qui prévoit en 2014 la création des conseils citoyens, NDLR) n’ont pas été suivis : les conseils citoyens devaient se faire dans la co-construction, être indépendants et toucher ceux qui sont les plus éloignés de la politique. Ils ont été un échec de ce point de vue. Soit les élus n’ont pas voulu faire de co-construction, soit ils ne savaient pas faire. La loi Lamy, il est vrai, était très floue sur ce que recouvre le principe de co-construction. Elle n’a donc pas suffi à bousculer la culture institutionnelle de la démocratie représentative.

Cet échec s’explique aussi par le fait que les conseils citoyens se sont constitués dans l’urgence, alors que la participation citoyenne ne s’improvise pas. Des agents des services déconcentrés ont parfois été sommés de faire pression sur les élus et les habitants pour établir rapidement les listes des conseils citoyens. Certains élus ont été très mal à l’aise lors de leur collaboration en binôme avec les services de l’État.

En fait, les conseils citoyens ont pu donner aux élus locaux le sentiment d’être très, voire trop liés à l’État. L’intégration des comités de quartier gérés par les mairies aux conseils citoyens ne s’est pas toujours bien passée. Dans certaines municipalités, les agents ont une certaine proximité avec les habitants, ont le souci de les écouter et de co-apprendre. Mais certaines situations ont été conflictuelles entre la municipalité et les habitants concernés. Notamment lorsque ceux-ci ont pris au sérieux leur participation, mais qu’ils ont eu le sentiment de ne pas avoir de pouvoir d’agir.

La confrontation entre citoyens et politiques n’a-t-elle pas amélioré la confiance envers les institutions ?

Le jeu a malheureusement été biaisé. Les organisateurs n’ont pas toujours pu réunir les collèges d’habitants. Seuls 5 à 10% des personnes sollicitées ont répondu, et même 1 à 2% dans certains quartiers, notamment dans les Hauts-de-France. Lorsque les tirages au sort n’aboutissaient pas, les municipalités ont pu être amenées à faire appel au volontariat. Quitte à associer des habitants déjà bien connus pour leur implication dans des associations ou autres instances citoyennes.

Pour associer les habitants au processus politique et regagner leur confiance, l’important est de communiquer avec clarté et de donner des garanties sur les suites de leur participation. Notamment, en expliquant dès le départ sur quelles politiques publiques la co-construction peut se déployer et sur lesquelles les citoyens pourront prendre des décisions qui seront suivies d’effets.

Les conseils citoyens ont reproduit dans la démocratie participative les césures de la démocratie représentative. Pour créer les conditions de la co-construction, il faut mettre l’accent sur la méthode : ne pas imposer les ordres du jour, ni les invités…

J’ajoute que ces instances ont été mises en place après la signature du contrat de ville, qui ont donc été écrits sans co-construction : ce genre de maladresses n’a fait que renforcer la méfiance envers les institutions.

Comment les collectivités peuvent-elles tirer profit des mouvements citoyens pour donner plus d’efficacité aux politiques publiques ?

Si le mouvement des gilets jaunes a démontré quelque chose, c’est bien la soif participative des citoyens. C’est l’occasion ou jamais de co-construire l’action publique et de rapprocher le processus décisionnel des citoyens.

Les quartiers prioritaires ont une vraie vitalité politique, grâce aux initiatives des habitants : associations, médias, tables de quartiers… La première chose à faire, c’est d’appliquer la loi Lamy en faisant le bilan de toutes les initiatives qui existent déjà localement. Cela n’a pas été fait. Il est très maladroit de créer des instances comme si les citoyens n’avaient rien mis en place auparavant. Cela peut être ressenti comme du mépris par les habitants.

Les élections municipales approchant, je vois plusieurs candidats réfléchir à la manière d’associer à leur liste des habitants non issus des partis politiques. Notamment, par des méthodes plus démocratiques comme le tirage au sort. Ou encore, pour mieux tenir compte des interpellations citoyennes.

À l’intérieur des collectivités, il se pose une question de formation. Exercer la participation suppose, pour les agents et les élus, d’apprendre à solliciter les habitants, à leur donner le goût de consacrer du temps à la politique locale. Et à gagner progressivement en estime de soi pour exercer le pouvoir. S’impliquer dans un débat n’est pas inné, ni naturel.

Il faudrait, en somme, imaginer des espaces de co-formation, aménager des temps d’échange entre élus, agents et administrés, spécifiquement pour se connaître, se reconnaître et parler le même langage.

Notes

Note 01 maître de conférences en science politique - HDR et chercheuse au CURAPP-ESS, université de Picardie Jules Verne à Amiens, auteure de Et si les habitants participaient ? Entre participation institutionnelle et initiatives citoyennes dans les quartiers populaires, éd. Licorne, décembre 2018 Retour au texte

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