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Aide aux victimes

Grenelle contre les violences conjugales : les associations interpellent les collectivités

Publié le 09/09/2019 • Par Mathilde Elie • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

Jérôme Bertin
France Victimes
Le lancement du Grenelle contre les violences conjugales a d'ores et déjà suscité de nombreuses réactions. Dans un entretien à la Gazette, Jérôme Bertin, directeur de France Victimes, qui fédère plus de 130 opérateurs dans le pays et constitue le principal interlocuteur des pouvoirs publics. livre son analyse, plutôt satisfaite, et appelle les collectivités à jouer leur rôle pour endiguer le fléau et protéger les femmes victimes.

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Hissé au rang de priorité gouvernementale, la lutte contre les violences faites aux femmes a nourri les unes et les manchettes de journaux pendant près d’une semaine. Mais la mobilisation nationale et ses bonnes paroles suffiront-elles à combattre l’horreur des féminicides et des coups meurtriers qui s’abattent chaque jour en France, dans l’intimité des familles ?

Si de nombreuses associations d’aide aux victimes se sont d’ores et déjà exprimé au lendemain de l’annonce des dix mesures d’urgence dévoilée le 3 septembre par le Premier ministre, la première d’entre elles, France Victimes, ex-INAVEM, qui regroupe 132 opérateurs spécialisés, livre sa réaction à la Gazette. Dans un entretien, son directeur, Jérôme Bertin, se réjouit de la prise de conscience collective mais estime qu’il faut aller au-delà. Entretien.

Le Grenelle contre les violences conjugales voulu par le gouvernement va se traduire par de nombreuses manifestations locales jusqu’au 25 novembre. Qu’en attendez-vous ?

Certains considéreront qu’il aurait fallu se saisir du sujet des violences conjugales il y a bien longtemps. Mais cet événement a le mérite d’avoir provoqué une concertation et une prise de conscience collective à ce sujet. La mobilisation des politiques, des médias et de l’opinion publique était nécessaire.

Au-delà des propositions qui vont émerger pour faire évoluer les choses, la campagne de communication déployée a permis de faire connaître le numéro 3919. Depuis mardi 3 septembre, les appels se sont multipliés. La plateforme d’aide aux victimes 116 006 a également vu son activité augmenter de 25% en quelques jours.

Désormais, nous attendons que les choses évoluent. Il était important que le gouvernement fasse des annonces dès le début du Grenelle car il y a eu suffisamment de rapports pour que l’on puisse acter des choses dès maintenant. Mais j’espère que durant les semaines qui viennent, jusqu’au 25 novembre (ndrl : date de la fin du Grenelle, qui correspond à la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes), le gouvernement va prendre conscience que c’est un ensemble de mesures qu’il faut prendre pour endiguer le phénomène et venir en aide aux femmes victimes.

Le lancement du Grenelle et les premières mesures annoncées par Edouard Philippe sont-elles à la hauteur de vos attentes ?

Sur la forme, je trouve qu’il était primordial que le Premier ministre incarne l’événement et qu’il mobilise tous les ministres présents. Le fait de faire collaborer plusieurs ministères ensemble est une très bonne chose. C’est même essentiel.

Cela se voit dans la mesure qui concerne la généralisation de la possibilité de déposer plainte à l’hôpital. C’est une proposition très intéressante. Mais attention il ne faut pas que cela mette la femme victime en difficulté. La venue des forces de police dans l’enceinte de l’hôpital doit s’organiser avec l’ensemble des acteurs de santé.

De plus, je trouve que travailler à la fois sur le levier national et le levier local est une bonne chose. On sait que des modifications législatives sont nécessaires, notamment sur le sujet des mains courantes ou sur l’assouplissement du dispositif anti-rapprochement, et cela va prendre du temps. Mais localement, cela peut aller plus vite. Des Grenelles locaux sont organisés autour des préfets et des procureurs. Les 132 associations de la fédération y participent et portent nos propositions et les leurs, adaptées aux territoires.

France victimes a présenté dix propositions (voir encadré). L’une d’entre elles préconise « l’augmentation considérable du nombre de places d’hébergement d’urgence ». Les 1000 places annoncées par Edouard Philippe ne sont donc pas suffisantes ?

Effectivement ce n’est pas suffisant d’autant plus que les 1000 places annoncées constituent un objectif sur 3 à 5 ans. Mais il faut aussi savoir que les besoins sont difficiles à quantifier car ils sont très variables.

De plus, le ministre du Logement, Julien Denormandie, a fait état des difficultés techniques rencontrées. Car il ne s’agit pas seulement de créer des hébergements d’urgence mais aussi d’aider les femmes victimes à obtenir des logements pérennes pour construire une vie de manière durable dans un endroit où elles se sentent en sécurité.

Je pense que ce problème d’accès au logement est l’affaire de tous. On pourrait par exemple impliquer le parc logement des collectivités en s’appuyant sur les communes pour voir comment elles peuvent elles-mêmes développer des places.

Il y a aussi les difficultés d’accès au contingent. Il n’y avait pas de liste unique de l’ensemble des hébergements disponibles autour d’un point précis. L’une des mesures du Premier ministre, avec la création d’une plateforme de géolocalisation, va dans ce sens.

Et puisqu’il s’agit d’une prise de conscience collective, il peut aussi être question de faire appel à la solidarité. Notre réseau s’apprête à expérimenter la mise en place de familles d’accueil. Des gens sont prêt à ouvrir leur porte pour palier l’urgence. Bien sûr cela ne remplace pas le travail d’accompagnement des associations mais permettrait de trouver rapidement un endroit chaleureux avec des gens qui seront prêt à aider, à leur niveau, en offrant un lit et le couvert.

Quel rôle les collectivités doivent-elles jouer dans la prévention et la protection des femmes contre les violences conjugales ?

Les trois principales associations d’aide aux victimes (France Victimes, Fédération nationale solidarité femmes et le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) reçoivent 50 000 femmes chaque année. Au cumulé, nous n’atteignons pas le nombre global de victimes. Cela veut dire qu’il y a encore des femmes qui passent à côté du dispositif. Il est donc de la responsabilité de chacun de venir en aide, ou du moins d’informer sur ce qui existe.

Je pense que les collectivités territoriales ont là un véritable rôle à jouer. Elles peuvent être de véritables prescripteurs de l’aide apportée aux femmes. Cela peut passer par la sensibilisation des agents en mairie ou dans les centres communaux d’action sociale, pour repérer les situations de violences conjugales et être capable d’expliquer aux victimes ce qui existe pour leur venir en aide. Cela pourrait aller jusqu’à demander une autorisation à la victime pour prévenir les structures d’aide afin qu’elles reprennent contact dans une démarche proactive. Il faut s’impliquer et arrêter de dire « ça c’est du ressort du voisin ».

Vous proposez notamment de déployer le « mémo de vie ». Qu’est-ce que c’est ?

C’est un dispositif issu d’une réflexion commune avec le collectif make.org pour faire avancer les droits des femmes victimes. Il s’agit d’une application qui correspond à un coffre-fort numérique dans lequel les femmes pourraient mettre tout ce qu’elles souhaitent : des documents d’identité, des documents officiels, des preuves… Aujourd’hui nos associations proposent de garder une copie des documents officiels mais la victime n’en dispose pas directement. Nous pensons que ce mémo de vie peut être un outil très utile pour favoriser l’accès à la plainte et permettre l’efficacité des poursuites.

Des associations féministes (Nous toutes, la Fondation des femmes) ont exprimé leur mécontentement à la suite du discours du Premier ministre qui a évacué la question des moyens. Or pour ces associations c’est une question centrale. Quelle est votre position ?

Tout ce que nous venons d’évoquer nécessite évidemment des moyens. Une partie va se reporter sur le secteur associatif comme l’organisation des places d’hébergement. Je comprends donc cette déception.

Mais je pense qu’il vaut mieux partir du concret, des mesures qui seront retenues pour servir aux femmes, et derrière définir les moyens. J’espère que nous aurons la réponse le 25 novembre.

Les dix propositions de France Victimes

Dans le cadre du Grenelle contre les violences conjugales, France Victimes a rédigé dix propositions concrètes pour venir en aide aux femmes victimes. Elles seront portées lors des grenelles locaux par les associations du réseau.

  • Interdire les mains courantes en matière de violences conjugales qui ne seraient pas motivées par un choix éclairé de la victime d’y recourir,
  • Systématiser une évaluation approfondie des besoins spécifiques d’urgence pour les femmes victimes ou signalement ayant donné lieu à ouverture d’enquête,
  • Augmenter considérablement le nombre de places d’hébergement d’urgence et parallèlement expérimenter le recours à des familles d’accueil,
  • Favoriser la protection judiciaire des victimes par l’intensification des ordonnances de protection, l’éviction du conjoint violent et toutes mesures de protection judiciaire en consacrant le procureur de la République comme chef de fil de la politique publique globale de lutte contre les violences conjugales,
  • Donner les moyens de réaliser et déployer « Mémo de vie », application pour que les victimes sécurisent, dans un coffre-fort numérique, les documents essentiels et les événements de violences afin de mieux documenter la situation, faciliter la plainte et l’enquête, et sortir de la violence,
  • Améliorer la prise en charge et le repérage des violences par les professionnels de santé, par la création d’une unité médico-judiciaire par département, avec une sensibilisation des acteurs de santé,
  • Obtenir systématiquement et sans condition un certificat médical de constatation des blessures physiques et psychiques avec fixation d’une ITT provisoire pour une femme victime se présentant à un médecin,
  • Déployer la mallette MAEVAS (gendarmerie) dans le cadre des violences sexuelles conjugales,
  • Evaluer systématiquement l’impact des violences conjugales sur l’enfant exposé à ces situations et renforcer les désignations d’administrateur ad hoc,
  • Prendre en charge les auteurs de violences conjugales, à tous les stades de la procédure, pour prévenir la réitération et la récidive.
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Commentaires

Grenelle contre les violences conjugales : les associations interpellent les collectivités

Votre e-mail ne sera pas publié

mac

10/09/2019 08h57

bonjour,

« Féminicide » encore un vocable sans origine précise autre que la mode médiatique ou militante. Vous allez bientôt nous parler de féminophobie pour les violences faite aux gays de sexe féminin? Ou de Femino Erectus et de Femino Sapiens en matière d’anthropologie? Quitte à sombrer dans le ridicule autant y aller à fond non?

Merci de continuer à écrire en français svp et d’oublier ces afféteries.

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