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Innovation publique

« Il faut redonner à l’innovation publique son potentiel subversif »

Publié le 04/09/2019 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : Dossiers d'actualité, France

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Romain Beaucher
Romain Beaucher est directeur associé de l’agence de design de politiques publiques Vraiment Vraiment, ancien conseiller ministériel et ancien consultant secteur public dans un cabinet de conseil. Il invite à repolitiser la notion d’innovation publique, qu'il juge déjà galvaudée.

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Cet article fait partie du dossier

L'innovation à tous les étages

Quel est le rapport qu’entretiennent aujourd’hui l’Etat et les collectivités locales avec l’innovation ?

Il y a d’abord un décalage entre les deux, puisque d’une certaine manière, des collectivités s’en sont emparées dès 2008 (Création de la 27e Région). Côté Etat, au début des années 2010, l’innovation renvoyait à l’écoute des usagers et à la simplification administrative. En 2014-2015 le SGMAP s’est emparé de l’innovation publique et, progressivement jusqu’à aujourd’hui, tout est devenu « innovation ». Il y a eu une période « gagnant gagnant », mais l’approche subversive, un peu impertinente et poil à gratter, bousculant le fonctionnement traditionnel de l’action publique, s’est perdue en route. La notion d’innovation est particulièrement galvaudée depuis que l’Etat s’en est massivement saisie. Aujourd’hui, cette étiquette « innovation » est fourre-tout, et abrite autant de vieilles recettes qui se cherchent une nouvelle légitimité, de choses anecdotiques, que de tentatives intéressantes et tâtonnantes.

Sur quels aspects de l’innovation se concentrent-ils aujourd’hui ?

Les administrations publiques se concentrent aujourd’hui beaucoup sur les démarches de « co » : coconstruction, coélaboration, qui prennent la forme d’ateliers et de processus d’idéation avec des post-it et de la facilitation graphique. Tout le monde se jette sur les outils et les méthodes, sans prendre de recul. Nous constatons d’ailleurs une forte croissance de la demande d’animation de ce type d’ateliers. Mais nous refusons souvent, car ces moments “enthousiasmants” n’ont pas de sens s’ils ne s’inscrivent pas dans un processus plus large, de transformation des organisations, de formalisation et de test des idées générées, d’évaluation réelle de l’action. C’est la condition pour que les démarches innovantes aient une réelle capacité d’entraînement vers une action publique plus pertinente, mieux adaptée aux besoins des usagers et à la vocation des agents publics.

Comment la tenue de ces ateliers est-elle perçue par les agents ?

Nous alertons sur la frustration que peuvent éprouver les agents dans des démarches mal conçues. La participation à des hackatons (1), à des ateliers, suivie d’un retour à la routine et tout ce qui va avec (micro-management, réunions à rallonge, réduction des moyens de réflexion et d’action) peuvent avoir un effet déprimant et démobilisateur. Passer brutalement d’un temps très créatif à un retour au quotidien n’est pas un mode très soutenable d’innovation. Il y a un côté « stop and go », qui n’accorde pas assez d’importance à la suite du processus, alors que c’est la suite qui est la plus intéressante… et la plus compliquée. Il faut transformer les idées en possibilités de changements réels, en associant les services en charge des systèmes d’information, des RH, des achats… Moins glamour !

Cela tient-il aussi à la volonté de pouvoir communiquer rapidement sur une démarche innovante ?

Il y a une espèce d’équivalence qui s’opère entre innovation, atelier ou hackaton, fantasme de rapidité (les « flash », les « sprint ») et donc possibilité de communiquer à court terme. Or, il y a parfois besoin d’immersion, pour questionner la manière de poser les sujets, de temps de conception, guidée par des gens dont c’est le métier et il faut accepter de prendre le temps de tester les idées, parce que pour une ou deux vraiment bonnes, il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait pas quatre ou cinq moyennes ou carrément mauvaises. Il y a dans l’innovation publique une démarche exploratoire qui prend du temps, et qui exige une forme de souplesse de la commande publique, ce qui peut être insécurisant pour les acheteurs publics.

Cela amène à une forme d’ « innovation washing » ?

Oui, il faut peut-être acter que l’innovation publique est devenu le nouveau nom de la transformation publique, et qu’il faudrait trouver un autre mot, une autre manière de faire communauté pour celles et ceux qui veulent porter quelque chose de plus exigeant. Ce n’est pas la fin de l’histoire : il faut repolitiser l’innovation publique en lui redonnant son potentiel subversif, et son sens premier : faire différemment pour faire mieux, durablement.

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L'innovation à tous les étages

Sommaire du dossier

  1. « L’innovation n’est pas sans créer du remue-ménage »
  2. Innovation publique : Les agents au centre du jeu
  3. « Il faut redonner à l’innovation publique son potentiel subversif »
  4. Avec l’innovation, motivation décuplée, mais organisation chamboulée
  5. Faire du design de service public, oui, mais comment ?
  6. Faire du design de service public, oui, mais pour quels résultats ?
  7. L’innovation publique sur le grill
  8. Quand les agents du département d’Ille-et-Vilaine forment leurs collègues à l’innovation
  9. « Les politiques d’innovation ont surtout un impact managérial, très peu financier »
  10. Redonner du sens à l’action publique par la coconstruction
  11. Le Pas-de-Calais valorise ses agents « intrapreneurs »
  12. Designer: un œil qui questionne autrement les politiques publiques
  13. Ville numérique et innovation : les limites du modèle start up
  14. La Seine-Saint-Denis mise sur le numérique pour transformer ses services
  15. Paris insuffle l’esprit start-up à ses agents
  16. « Nous avons mis en place une e-communauté des acteurs de l’innovation »
  17. Quand l’administration s’empare de la culture de l’innovation
  18. L’innovation, ce n’est pas que de la technique !
  19. Quelles légitimités pour les politiques publiques d’innovation en France ?
  20. Design de services publics : « Au lieu d’appliquer des solutions préfabriquées, il faut réaliser des expérimentations in vivo »
  21. A Troyes, la 27ème Région fait rimer décennie et démocratie

Notes

Note 01 terme venu du monde informatique, mot-valise de "hack" et "marathon", soit une session durant laquelle les participants travaillent et réalisent des tests de façon collaborative en vue de proposer un prototype ou une solution. Retour au texte

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