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Incendies

Feux de forêt : « la maîtrise de l’urbanisation est l’élément clé »

Publié le 28/08/2019 • Par Mathilde Elie • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité

incendie
Flickr / cc by bertknot
Une forêt qui ne cesse de s’étendre et des incendies de plus en plus intenses. Face à ces phénomènes violents, les pompiers sont confrontés à une limite technique. Pour Thomas Curt, directeur de recherche sur les incendies de forêt à l’Institut national de recherche en sciences et technologies (IRSTEA), la solution se trouve dans l’aménagement du territoire et la gestion des forêts.

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L’effet majeur du climat, l’embroussaillement des zones naturelles et l’extension de la forêt doublée d’une urbanisation dans les zones à risques, constituent un cocktail détonnant pour favoriser les incendies de forêts et compliquer la tâche des sapeurs-pompiers. A l’heure où les acteurs de la sécurité civile s’interrogent sur leur modèle de protection face aux changements climatiques, Thomas Curt, directeur de recherche sur les incendies de forêt à l’Institut national de recherche en sciences et technologies (IRSTEA), estime que la limite opérationnelle a déjà été atteinte lors des périodes météo exceptionnelles. Pour lui, la solution se trouve davantage dans la maîtrise de l’urbanisation et dans la gestion des forêts. Entretien.

Pourquoi les feux sont-ils de plus en plus intenses ?

Presque partout en Europe on observe une diminution des surfaces brûlées mais une augmentation de l’intensité des feux. En France, la forêt ne cesse de s’étendre. La gestion forestière coûte cher mais c’est la meilleure solution sur le long terme. (1) Lors d’un départ de feu, l’absence de débroussaillage favorise et augmente la capacité de propagation des feux et leur intensité.

Il y a aussi les effets du changement climatique. Depuis les années 1960, l’indice forêt météo calculé par Météo France – il permet de prévoir le risque de niveau incendie quotidien en fonction de toutes les variables (température, pluviométrie, vitesse du vent, humidité de l’air) – ne fait qu’augmenter. Dans la communauté scientifique mondiale plus personne n’a de doutes : les périodes à risque seront de plus en plus nombreuses.

Quelles sont les solutions ?

Il faut absolument maintenir une forte capacité de lutte pour éteindre les feux mais l’intensité est parfois telle que nous avons atteint la limite opérationnelle de notre système de protection. La véritable chose sur laquelle nous pouvons agir est l’aménagement du territoire. Cela passe par un débroussaillement de la forêt et une diminution de la biomasse. On peut aussi mettre en place des coupures de feu, c’est-à-dire des zones agricoles, des vignes, des plantations d’oliviers… pour ralentir les incendies.

Les collectivités ont un rôle important à jouer dans ce domaine avec notamment l’Obligation légale de débroussaillement (voir focus) et les plans de prévention des risques incendies de forêt.

En France, deux zones sont principalement concernées : la Méditerranée et le massif des Landes. Comment sont organisées la prévention et la protection ?

Dans le sud-ouest, le massif des Landes regroupe plusieurs facteurs de risques car il est composé essentiellement de pins maritimes, une espèce très inflammable, utilisée pour produire de la pâte à papier. Théoriquement, il devrait y avoir d’énormes feux. Mais le fait que cette forêt soit économiquement rentable permet le maintien d’un dispositif très fort de surveillance et de protection. Une partie des bénéfices tirés de l’exploitation sont directement réinvestis dans la construction de routes pour les pompiers, de tours de guets pour observer les départs de feux, de tours de guets automatiques avec des caméras thermiques…

La situation est tout autre en Méditerranée où une grande partie appartient à des propriétaires privés qui ne peuvent pas gérer l’espace comme il le faudrait. Pourtant, la problématique essentielle se trouve là, notamment dans les zones d’interface entre habitat et forêts. C’est la zone préférentielle où il y a le plus de départs de feux et le plus de surfaces brûlées depuis 50 ans. L’été, elle concentre tous les facteurs de risques : un temps chaud et sec, une végétation dense, une attractivité touristique, des habitations, des infrastructures… C’est donc aussi la zone la plus difficile à défendre pour les pompiers.

Outre le changement climatique qui favorise les feux de forêt, il y a la question de l’urbanisme…

Il y a en effet une évolution de l’urbanisation dans les forêts et dans les zones naturelles. Depuis les années 60-70, le sud de la France est très attractif avec une augmentation massive de l’urbanisation dans des zones propices aux incendies, voire des zones qui ont déjà brûlé. Pour les sapeurs-pompiers cela constitue des zones complexes à défendre. Et leur doctrine s’en trouve bouleversée : il faut d’abord défendre les habitants, leurs habitations, avant de se préoccuper de la forêt. La maîtrise de l’urbanisation est l’élément clé. C’est là qu’intervient le plan de prévention des risques incendies de forêt (PPRIF) pour contrôler cela.

Que faut-il faire après un incendie ?

Avant on avait tendance à tout nettoyer et à tout reboiser à l’identique. Or c’est coûteux et souvent inutile. Il faut sécuriser la zone et reboiser avec des espèces qui brûlent moins, un mélange d’espèces, de manière paysagère. Si on sait où le feu est passé une fois, il ne faut pas refaire les mêmes erreurs.

Les maires au cœur de la prévention

En tant qu’aménageurs du territoire et responsables de la sécurité de leurs administrés, les maires sont au cœur de la prévention des incendies. Principal outil à leur disposition : l’Obligation légale de débroussaillement (OLD). Il s’agit de mettre en sécurité les administrés, leurs habitations et les infrastructures en débroussaillant autour de chaque structure et route pour éviter les départs de feu ou leur propagation. Un guide technique a été publié à cet effet par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

« Ce système d’autoprotection est à la charge des personnes concernées (les administrés pour leurs habitations, le maire pour les bâtiments communaux, le conseil départemental pour les routes départementales, Réseau ferré de France pour les réseaux ferrés…) et c’est au maire, en vertu de ses pouvoirs de police, de le faire respecter, précise John Pellier, directeur adjoint des collectivités forestières d’Occitanie. Sa mise en œuvre est variable selon les départements car elle nécessite des moyens humains et financiers conséquents. Il reste donc une marge de progression.»

La question des coûts est effectivement au centre de la politique de prévention. Récemment, les élus du Gard se sont alarmés de la baisse des moyens alloués.

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Notes

Note 01 En France, 30 % de la forêt est publique et 70% privée. Retour au texte

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