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[ÉDITO] MOBILISATION
Extension du domaine des services publics
Delphine Gerbeau | France | Publié le 23/08/2019 | Mis à jour le 21/08/2019

Dans les territoires ruraux, ne faut-il pas revisiter la notion de service public et l’étendre à l’accès au carburant, aux espèces, à l’alimentation de base ? Bref, à tous ces commerces de proximité qui ne survivraient plus sans aide publique mais qui forgent la cohésion territoriale ?

30minEtre obligé de parcourir trente kilomètres sur des routes de montagne en Ardèche pour atteindre un distributeur d’argent, trouver porte close à la poste que l’on a mis quarante minutes à rejoindre, et qui n’est ouverte que quatre heures par semaine…

La pause estivale a pu être l’occasion pour les touristes urbains sillonnant les routes françaises – dont les journalistes de « La Gazette », pourtant familiers du sujet, comme en témoigne la série sur les services publics en danger [1] que nous venons de publier – de toucher du doigt la dure réalité de territoires qui peinent à maintenir des services de base pour leurs habitants.

Argent trop cher

Le rapport de la Banque de France sur l’accès du public aux espèces, publié en juin, montre que moins de 1 % des communes de moins de 500 habitants disposent d’un distributeur de billets. Si bien que des communes comme La Romieu, dans le Gers, décident de partager les frais avec les banques pour en maintenir un.

Ailleurs, c’est pour conserver l’accessibilité au carburant que des collectivités mettent la main à la poche, comme dans l’agglomération du pays d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme.

Audace

Le 26 juillet, la mission « agenda rural » a remis quelque 200 propositions à la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Elle souhaite notamment l’accès à un socle de services universels à moins de trente minutes de trajet sur tout le territoire.

Dans ces territoires ruraux, ne faut-il pas revisiter la notion de service public et l’étendre à l’accès au carburant, aux espèces, à l’alimentation de base ? Bref, à tous ces commerces de proximité qui ne survivraient plus sans aide publique mais qui forgent la cohésion territoriale ?

Une telle ambition impliquerait une mobilisation des acteurs privés au sens large, jusqu’au petit commerçant local. Il n’y a là rien d’impossible, certains audacieux le font déjà.

REFERENCES


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