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Aménagement du territoire

Quand la DATAR immortalisait les transformations du territoire français

Publié le 19/08/2019 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : France

datar-sud-logos-enseignes-villes-territoire
Sophie Ristelhueber, Datar
A l’occasion des Rencontres de la photographie d’Arles, le CGET a lancé fin juin le nouveau site de la Mission photographique de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR), un projet constitué dans les années 1980 pour mettre en lumière la transformation des territoires français. Décryptage de ce fonds avec Jean-Laurent Cassely, journaliste et auteur qui s’intéresse de près à cette représentation du territoire.

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29 photographes de renom se sont attachés pendant cinq ans, de 1984 à 1989, à prendre le pouls des paysages, à un moment où l’euphorie des Trente Glorieuses laissait place « à une préoccupation environnementale et une quête d’identité des territoires », comme on peut le lire sur le nouveau site dédié de la mission photo de la Datar.

Un paysage « de l’ordinaire et du quotidien »

Au total, 43 séries de photographies sont disponibles en ligne sur ce site. Ces travaux sont « centrés sur un paysage de l’ordinaire et du quotidien. Certains revisitent les catégories classiques du genre (campagne, paysage de montagne ou bord de mer) quand d’autres tendent leur objectif vers les lieux communs et les non lieux (1), ces lieux usés par le regard de l’habitude ou laissés à la marge de la représentation traditionnelle du territoire », selon la présentation de la Mission rédigée par Raphaële Bertho, maitresse de conférences en Arts à l’Université de Tours et directrice du laboratoire InTRu.

« Nous vivons dans le paysage de la Datar »

« Ce projet est contemporain de ma génération. Il m’a touché car il faut se rendre compte qu’aujourd’hui, nous vivons toujours dans le paysage de la Datar. Que ce soit la Grande-Motte à Montpellier, les résidences balnéaires dans le Sud, les supermarchés, les autoroutes… Toutes ces constructions relèvent des Trente Glorieuses et nous vivons dedans », note Jean-Laurent Cassely, auteur de plusieurs ouvrages dont le dernier, « No fake, contre-histoire de notre quête d’authenticité », paru chez Arkhê, traite en partie de la représentation que l’on se fait de la France périphérique.

« Par exemple, pour la série « Villes et zones côtières du sud est », il y a un côté indatable de ces endroits qui ont pris leur apparence à la fin des années 1970. On voit des enseignes de bar, restaurant, snack, des logos, qui pourraient être ceux des années 1980 à 2000″, relève Jean-Laurent Cassely.

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Photo extraite de la série « Villes et zones côtières, sud est », de Sophie Ristelhueber pour la Datar

Des non lieux « adossés à des petits bouts de patrimoine »

La série « Espaces urbains, centre et sud ouest » révèle quant à elle « une sorte de fascination pour le mobilier urbain, des petits équipement dont les photographes savaient qu’ils avaient modifié le visage de la France : des plots, murets, des réverbères à boules, typiques de ces années, beaucoup de signalétique routière et publicitaire, un sol artificialisé. On voit qu’on est aux abords des villes, ces espaces urbains un peu périphériques, les entrées de villes. Les tracés d’autoroutes, les rocades, ont été à peu près définis à cette époque-là, tout comme les centres commerciaux, les lotissements. Ces choses évoluent depuis, mais il n’y a pas de signe distinctif des années 2000 qui s’y sont ajoutés. Quand on voit une cathédrale par exemple, c’est d’un endroit un peu périphérique, qui produit une sorte de décalage », analyse-t-il.

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Photo extraite de la série « Espaces urbains, centre et sud ouest », de Jean-Louis Garnell pour la Datar

« Ce sont des sortes de micro non lieux, de lieux qui semblent ne pas avoir d’identité ou d’histoire, dans lesquels il n’y a pas de relation sociale. Ils jouxtent des lieux ayant une identité forte, mais eux ne semblent pas en avoir, alors qu’ils sont adossés à de petits morceaux de patrimoine. »

Paradoxe pavillonnaire

La série « Chantiers, paysages en transformation », quant à elle, reflète bien le paradoxe pavillonnaire : « On construit sur la nature pour habiter près d’elle. On ne parle pas encore d’étalement urbain, ce n’est pas perçu comme quelque chose de négatif. C’est le début de la ruée vers la maison individuelle loin des villes, un mouvement inverse de balancier par rapport à la période de l’exode rural, à l’époque on perçoit cela comme le rapprochement d’une vie de village perdue. Le périurbain n’est pas encore perçu comme l’horreur en terme de bilan carbone et de mode de vie. On sent un retour fantasmé aux traditions, un rejet de la vie urbaine, une aspiration encore importante aujourd’hui. Le lotissement est alors vu comme une solution positive », observe-t-il.

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Photo extraite de la série Chantiers, paysages en transformation, de Jean-Louis Garnell pour la Datar

Inquiétante étrangeté

Enfin, pour la série « Espaces commerciaux, Midi », « c’est presque l’équivalent des films d’anticipation des années 1980, on ressent une forme d’inquiétante étrangeté. Il n’y a aucun habitant de ces années là sur ces photos, c’est presque assez angoissant », estime Jean-Laurent Cassely.

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Photo extraite de la série « Espaces commerciaux, Midi », d’Albert Giordan pour la Datar

Et aujourd’hui ?

« Je me demande souvent, si des photographes étaient envoyés dans une mission similaire aujourd’hui, ce qu’ils prendraient en photos de contemporain ? Qu’est ce qui définirait la France des années 2010 ? », s’interroge Jean-Laurent Cassely. Peut-être une voie verte ? « Oui pourquoi pas, pour montrer les reconversions du territoire, la mise en tourisme du territoire et l’essor des mobilités douces ».

Notes

Note 01 terme de l’anthropologue Marc Augé, pour désigner ces lieux où l'on est de passage et qui ne semblent pas jouir d'une identité propre comme les autoroutes, les centres commerciaux, les ZAC... Retour au texte

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