Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Service public

Rémi Lefebvre : « La novlangue reflète l’obsession du consensus des élus »

Publié le 05/08/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Logo municipales
Fotolia
Pour Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’université de Lille 2, l’essor de la novlangue dans les collectivités est due à la dépolitisation des cadres territoriaux et à la fin des maires militants qui étaient enracinés dans les sociétés locales.

Ma Gazette

Sélectionnez ce thème et créez votre newsletter personnalisée

Comment expliquez-vous que la novlangue irrigue à ce point les collectivités ?

Cela tient au changement de culture professionnelle des cadres territoriaux initié par l’Institut national des études territoriales et le Centre national de la fonction publique territoriale. Deux structures qui ont adopté les mots et les usages des consultants. Il n’y a plus de politisation des cadres de la fonction publique territoriale. La rhétorique des directeurs généraux des services repose sur l’attractivité, donc sur la mise en concurrence territoriale. C’est avant tout un discours entre pairs, à l’image du marché des directeurs généraux qui circulent de ville en ville et sont en compétition entre eux.

Mais pourquoi les élus accompagnent-ils ce mouvement ?

Le maire-manager et le maire-entrepreneur remontent déjà aux années 1980. Ce qui est nouveau, c’est que les adjoints aux maires prennent le train en marche. On voit ainsi des adjoints chargés du sport qui avaient une culture associative ou militante forte se convertir au sport-management. Il y a chez les élus un complexe d’infériorité vis-à-vis des cadres qui ont un niveau de formation et d’expertise plus élevé qu’eux. Ils essaient de se situer sur le même terrain.

L’utilisation des termes techniques n’est-elle pas aussi due au fait que le service public local est devenu de plus en plus complexe ?

C’est à moitié vrai… Certes, il est plus difficile pour un maire de gouverner avec l’intercommunalité. Certes, les sociétés locales sont plus fragmentées. Il y a beaucoup d’intérêts à concilier. Mais c’est aussi précisément parce que les élus ont moins de prise sur les gens qu’ils noient le poisson. Cette stratégie est dictée par l’obsession du consensus.

N’éloigne-t-elle pas cependant les élus de leurs administrés ?

Les couches populaires s’identifient beaucoup moins aux maires-managers qu’aux maires militants qui étaient enracinés dans les sociétés locales. Selon une étude Ifop pour « Le Courrier des maires » de novembre 2017, seulement 51 % des Français étaient capables de citer le nom du maire de leur ville. Ce taux dépassait les 85 % dans les années 1980.

Cette dégringolade tient au fait que les gens sont devenus de plus en plus mobiles. La presse quotidienne régionale qui était un relais pour les élus est, en plus, en crise. La culture politique locale des citoyens n’a sans doute jamais été aussi faible.

Est-ce que cela veut dire que les municipales pourraient être marquées par une nouvelle vague de dégagisme ?

Avec la multiplication des outsiders, la longévité dans les postes ne sera pas un argument porteur, c’est certain. Beaucoup de maires sortants vont chercher à faire oublier leur étiquette PS et LR. La République en Marche aura un discours pragmatique. On va beaucoup entendre les mots « société civile » et « intérêt général ». En dehors de quelques thématiques comme l’écologie, la gratuité des services publics ou la remunicipalisation de certaines activités comme l’eau, nous allons sans doute assister à un brouillage des repères politiques sans  précédent.

Thèmes abordés

Réagir à cet article

Nos offres d'emploi

Plus de 1000 offres d'emploi !

TOUTES LES OFFRES D'EMPLOI
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Rémi Lefebvre : « La novlangue reflète l’obsession du consensus des élus »

Votre e-mail ne sera pas publié

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement