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Service public

Les territoires, nouveau phare de la pensée magique

Publié le 02/08/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

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Dans les ministères, le mot « province » est proscrit. On ne jure plus que par les « territoires ». Une antienne que les élus reprennent à leur compte. Le concept n'en reste pas moins nébuleux.

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Service public : les ravages de la novlangue

C’est devenu un mot d’ordre dans les bureaux parisiens. Plus question de parler de « province ». Trop ancien régime. Trop brutal. Depuis une petite dizaine d’années, les caciques des administrations centrales ne disent même plus « en région » quand ils quittent la capitale. Ils vont dans « les territoires ». Un terme qui permet aussi de gommer les étiquettes des vieux partis. Ainsi, les élus LR pourraient ne pas partir à la bataille des municipales sous l’oriflamme des Républicains, mais de la France des territoires.

Le concept n’en reste pas moins nébuleux. Car qu’est donc un territoire de plus qu’un périmètre sans âme tracé sur une carte ? Contrairement à une commune ou un département, cet espace n’a pas d’histoire propre. « Cela me fait penser aux territoires occupés. Les élites parisiennes devenues des élites coloniales se comportent comme des touristes dans leur propre pays », tonne l’homme de lettres et directeur général des services de Loir-et-Cher, Xavier Patier.

Grands-messes

Des édiles reprennent cependant le mot à leur compte. En 2009, le Sénat a popularisé chez les élus le concept d’« intelligence territoriale ».

Le fruit d’un rapport coréalisé par l’actuelle ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. « L’intelligence territoriale » désigne la capacité des élus à surmonter des querelles de clochers. Un vocable auquel n’entend rien le commun des mortels. « Le jargon est un bouclier et un écran, la marque aussi d’un enfermement. C’est le triomphe de la France en silo où chacun reste dans son couloir de nage. La langue doit redevenir un outil politique majeur », fulmine le directeur général de l’Assemblée des départements de France, Pierre Monzani.

Une mise en garde que n’a pas entendue Marylise Lebranchu. Arrivée aux manettes en 2012, la ministre de la Décentralisation a fait de « l’intelligence territoriale » son credo. Fondées sur son expérience bretonne, les conférences territoriales de l’action publique ont vu le jour dans une loi de 2015. Mais ces grands-messes rassemblant les principales collectivités d’une région ne parviennent guère à dégager des accords durables. Le reflet de divergences d’intérêts ?

Malgré les « samedis noirs » dans les métropoles, provoqués par des « gilets jaunes », Jacqueline Gourault conteste toute forme de guerre des territoires. « Je n’oppose jamais les zones rurales aux zones urbaines. J’ai horreur des expressions France périphérique et diagonale du vide. Elles donnent le vertige ! » évacue la très consensuelle ancienne sénatrice centriste.

La ministre peut compter sur le concours du secrétaire général de France Urbaine, André Rossinot, qui a inventé une variante de « l’intelligence territoriale » : « l’alliance des territoires ». Mais pour les réalisations, il faudra, là encore, repasser. Inventés en 2016, les contrats de réciprocité entre les métropoles et les autres territoires se soldent, de l’aveu même de leurs architectes, par un semi-échec.

Remue-méninges à Strasbourg

Une figure tutélaire de la fonction publique territoriale ne peut réprimer un sourire à l’évocation du programme des entretiens territoriaux de Strasbourg (ETS). Au fil des années, les ETS sont devenus un eldorado de la pensée complexe. Un pourvoyeur de concepts dont le profane peine à distinguer les tenants et les aboutissants. Le menu du rendez-vous 2018 des cadres territoriaux valait le détour. Sous le mot d’ordre « Expérience usager : espérance démocratique ? », les congressistes ont planché sur les vertus du « design thinking » et de « l’entre-tous ». Ils ont aussi participé à un « parcours usager pour saut d’obstacle ». Un jus de crâne dont ne se lassent pas les participants. Les ETS affichent toujours des taux de satisfaction très élevés.

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