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Service public

Novlangue : les maux du management

Publié le 30/07/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

INTRANET
Jakub Jirsak/AdobeStock
De « l’agilité » à « l’efficience », les mots du CAC 40 imprègnent les collectivités territoriales. Effet de mode ou chant du cygne du service public à la française ?

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Service public : les ravages de la novlangue

C’est le genre de petit détail qui change tout. Dans certains états-majors de collectivités, on ne dit plus que l’on va passer un coup de fil. Définitivement has-been. « On a un call. » Et on est « en capacité » d’assumer sa mission. Autant d’anglicismes dignes des grandes firmes mondialisées.

A l’instar d’Emmanuel Macron et de ses fidèles, des « managers publics » font assaut d’« agilité », d’« efficience » et d’« optimisation ». Ils se « challengent » pour mieux relever le défi du « benchmarking ». Leurs profils LinkedIn sont truffés de ces expressions qui ont fait la fortune d’Ernst & Young et du Boston Consulting Group. Est-ce là un simple effet de mode pour faire mentir le cliché du chef de bureau provincial placé à la tête d’une cohorte de ronds-de-cuir ? Pour le communicant et sémiologue Stéphane Wahnich, l’usage de ces mots dépasse le théâtre des apparences. Il traduit « une nouvelle logique », née de la baisse des crédits de l’Etat aux collectivités, « qui passe moins par la création de nouveaux services que par la recherche d’une bonne gestion ».
Si le directeur général des services de Loir-et-Cher, Xavier Patier, salue l’avènement de « la culture du résultat », il déplore une victime collatérale : l’expression « service public », qui disparaît au profit d’un énième anglicisme, « politiques publiques ». « Ce ne sont ni les mêmes mots ni les mêmes ambitions », alerte-t-il.

Mélange des genres

Une mise en garde que n’entendent guère les élus. A leur tour, des édiles se convertissent au vocable techno-managérial de leur directeur général des services. Une mutation naturelle, tant ces deux mondes sont parfois proches. Il n’est pas rare de voir des maires issus de la technostructure locale, comme Philippe Buisson (PS) à Libourne, en Gironde. Des édiles que le politologue Jean-Pierre Gaudin appelle les « technotables ». « Un mélange des genres qui ressemble fort à celui entre l’ENA et les politiques sur le plan national », décrypte le professeur associé à l’université de Paris est – Créteil, Stéphane Wahnich.

Parler clair

Une technocratisation qui serait criante dans les nouvelles grandes communautés d’agglomération nées de la réforme territoriale. « Les directeurs généraux des services et leurs adjoints prennent le pouvoir aux dépens de l’exécutif. Les élus répètent les documents que leur donne leur administration. C’est le règne des schémas directeurs et des projets d’agglomération. Déjà très mal identifiées par les habitants, ces intercommunalités deviennent carrément inaudibles », déplore Stéphane Wahnich.

Xavier Patier brosse un tableau plus rose des conseils départementaux. « Oublié le jargon, les fonctionnaires sont souvent remarquables. Il existe de belles vocations d’ingénieurs, de financiers ou de travailleurs sociaux qui abattent un énorme travail. Et qui savent parler clair. » Les services du département de Loir-et-Cher viennent d’ailleurs d’adopter « un guide de rédaction et d’expression destiné à respecter la langue française » et à être compris par tous les usagers.

La grande illusion de la « coconstruction »

C’est le tube des « team buildings » et autres « workshops » à base de post-it qui font un malheur dans les collectivités. Après le tutoiement et le bannissement des noms au profit des prénoms, la « coconstruction » vise à mettre sous le tapis la ligne hiérarchique, selon la doxa de « l’horizontalité ». Un changement de civilisation, rappelle le directeur général des services de Loir-et-Cher, Xavier Patier : « Pendant longtemps, l’organisation modèle, réputée pour avoir le meilleur savoir-faire dans le commandement des hommes, c’était l’armée, capable de prendre des gens qui n’avaient rien demandé et de les emmener au bout du monde se faire tuer avec enthousiasme. » Les DRH de grandes entreprises étaient souvent d’anciens officiers. Les collectivités elles-mêmes ont, à l’origine, mis en place une hiérarchie civile transposée du modèle militaire. La transition vers la coconstruction n’est donc pas gagnée. Les administrations locales affichent une décontraction à l’anglo-saxonne tout en demeurant pyramidales et attachées à un formalisme procédural très français. Un cocktail explosif.

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Commentaires

Novlangue : les maux du management

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chyovaz

31/07/2019 08h52

Bonjour, merci pour votre article. Perso, je m’étonne que personne ne réagisse à des expressions issues de Wall Street, comme « back office », ou « front office », pour parler de la situation d’agents travaillant aux Ressources humaines….!

HERMES

31/07/2019 09h16

Voila bientôt quarante ans que j’exerce des fonctions d’encadrement dans une collectivité locale.
Au cours de ma carrière j’ai connu beaucoup de théories pour améliorer le fonctionnement de la collectivité. Toutes étaient meilleures les unes que les autres; puisqu’elles remplaçaient les précédentes.

Mais une question se pose: dans ce passé récent (sans mails ni téléphones portables, ni team, ni OneDrive…), les problèmes étaient-ils résolus rapidement? les solutions étaient-elles opérationnelles et efficaces?

Aussi étrange que cela puisse paraître, la société fonctionnait. J’aurais même tendance à dire: mieux qu’aujourd’hui! Il y avait alors un certain respect des institutions, des autres, des pauvres, des riches…

Ne dit-on pas que la vie est un éternel recommencement? Ne doutons pas que les méthodes mises en place à cette époque feront un jour florès. C’est d’ailleurs un peu le cas puisqu’une loi récente va imposer dans les classes élémentaires que l’on remette les insignes de la Nation au mur.

N’est ce pas une première étape vers le retour de l’instruction civique mise au pilori il y a une cinquantaine d’années?

AUDRY

25/08/2019 10h07

Bonjour et merci. Enfin un article sur la novlangue qui, avec l’injonction à l’innovation et le « business english », constitue le trio infernal du « management » actuel des collectivités territoriales.
Les collectivités semblent souffrir d’un complexe d’infériorité ou rigardise vis à vis du management privé et se sentent obligées de suivre le mouvement : agilité, co-construction, mobilier aux couleurs acidulées, brainstorming, etc..
Mais l’innovation tant souhaitée ne constituerait-elle pas à inventer un mode de management différent, moins basé sur les effets de langage et la communication que sur le sens et le fond ?
La novlangue et le « business english » sont malheureusement les témoins de la vacuité des idées.

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