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Patrimoine

« Il y a un star-system du patrimoine français »

Publié le 17/09/2019 • Par Judith Chetrit • dans : Actualité Culture, France

Dominique-Poulot
Valerio Vincenzo / hanslucas.com
Dominique Poulot est professeur des universités et historien de l’art à l’Université Paris 1- Panthéon Sorbonne. Spécialiste de l'histoire culturelle du patrimoine, il estime que dans ce secteur, le financement public reste d’autant plus nécessaire qu’il n’obéit pas au critère de l’exceptionnel.

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En fait-on vraiment trop pour le patrimoine ?

 

Loto du patrimoine, mécénat, souscriptions, la recherche de financements complémentaire se développe. Est-ce une tendance encourageante?

On a vu avec évidence pour Notre-Dame que la charité publique pouvait s’exercer, mais c’est une autre affaire pour des restaurations locales au profit d’un petit patrimoine. Le financement du patrimoine ne peut pas reposer sur un caractère exceptionnel. Mieux on l’entretient, moins on dépensera pour sa restauration. On ne peut pas imaginer que le financement privé se substitue au financement public, car il ne pourra jamais en être à la hauteur de par le choix des endroits et monuments à sauver.

Il y a un star-system du patrimoine français : les visites se concentrent sur un petit nombre de monuments, essentiellement en Ile-de-France. Aujourd’hui, il y a davantage d’édifices recensés et protégés et ceux-ci sont mieux documentés. Cette croissance des connaissances concourt aussi à une hausse des ambitions à l’égard de la politique patrimoniale. Pourtant, à chaque fois qu’un bilan est établi, il y a une sorte de panique budgétaire devant le travail à accomplir.

Cette panique peut-elle s’expliquer par l’élargissement de la notion de patrimoine ?

Lorsqu’il était ministre de la Culture (1978-1981), Jean-Philippe Lecat avait dit dans un discours que tout avait vocation à devenir patrimoine. Quarante ans plus tard, cette intuition a été vérifiée. Comment expliquer ce souhait ? A l’époque déjà, le patrimoine était vu comme un moyen de faire communauté pour compenser la crise économique, la perte des repères, la désindustrialisation et la crise des territoires.

On a toujours ce discours en arrière-plan : le patrimoine est une sorte de guérisseur pour panser les plaies des crises successives comme avec la mise en avant dans les années 1980 des patrimoines ouvrier, rural et périurbain, pour rendre visible ce qui avait été invisible et dévalorisé. Comme avec les festivités et la gastronomie qui sont considérées comme du patrimoine culturel immatériel, ces choix sont largement faits au nom de la mémoire et de l’identité.

Pour autant, il existe encore des voix qui se sont exprimées contre l’extension du patrimoine et privilégient le retour à une conception monumentale contre l’idée d’une dilution et d’une banalisation. C’est un discours qui trouve un écho : les gens sont prêts à donner pour Notre-Dame mais pas pour le toit d’un lavoir.

Comment le débat autour de la vision du patrimoine se structure-t-il aujourd’hui?.

Il y a toujours une négociation dans le patrimoine entre ceux qui savent et ceux qui sont dans l’émotion. On le voit dans les procédures d’inventaire : quand un habitant considère qu’une protection est indispensable pour une maison, l’expert en histoire de l’architecture intervient pour voir en quoi cet élément est intéressant dans un contexte de série de créations architecturales, par exemple. Pour peser dans cette bataille, il faudrait que ce soit une émotion partagée et raisonnée. Il faut savoir utiliser le vocabulaire administratif, constituer un dossier et un discours cohérents et être capable d’en discuter avec ses interlocuteurs. Ce sont deux modes de raisonnement différents qui peuvent fonctionner ensemble à condition de s’ajuster.

Déjà après la création de l’inspection générale des monuments historiques sous Guizot en 1830, les inspecteurs savants devaient certes inciter les maires à protéger certains bâtis mais également les conduire à ne pas conserver des traces qui ne seraient pas jugées intéressantes. Bien qu’il y ait eu des transferts de pouvoirs de décision, on est encore dans cette tension entre un État instructeur qui guide les choix patrimoniaux et certaines collectivités qui réclament ce droit régalien dénié au nom de l’expertise.

Le patrimoine est encore souvent vu a minima comme un gage d’attractivité. Pourquoi ?

Quand on est à bout de ressources, c’est la dernière chose qu’on ne peut pas délocaliser. Mais, est-ce pour le tourisme ou pour faire communauté que ces petites villes investissent dans le patrimoine ? Seulement, le tourisme en passant institutionnellement du côté du ministère des Affaires étrangères a perdu son lien avec l’aménagement du territoire ainsi que la culture et les loisirs. Au cours des dernières décennies, il y a eu une montée de la notion d’habiter le patrimoine. En étant objet d’appropriation par les habitants, le patrimoine se définirait au fond par sa consommation in situ.

Est-ce que le patrimoine a besoin de labels aujourd’hui pour vivre?

L’expérience a tendance à montrer que oui, vu la multiplication des labels et de mise en réseau de territoires. Ils créent tous des formes de fabrication et d’invention du patrimoine en définissant des critères auxquels souscrire. On est passé à une définition normative et normée du patrimoine. Lorsque ces labels se superposent, la plus-value en termes de visibilité et lisibilité est parfois discutable, même si cela relève plus du symbole que de financements qui y sont adossés.

 

 

 

 

 

 

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