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Grands évènements

Tour de France 2019 : les collectivités touchent le jackpot

Publié le 24/07/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Tour de France
ornitho / Adobe Stock
Les stations de montagne et les petites villes qui accueillent la Grande Boucle cette année bénéficient d’une notoriété maximale. Le Tour sert aussi de trait d’union entre la France périphérique, le cœur des métropoles et, nouveauté, les banlieues

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Des attaques comme s’il en pleuvait, un suspense à couper au couteau et deux coureurs tricolores aux avant-postes : le Tour de France renoue cette année avec son âge d’or. La plus belle édition de la Grande Boucle depuis le duel homérique entre Greg Lemond et Laurent Fignon en 1989 fait exploser les audiences.

Belle opération pour la trentaine de villes et villages qui, en 2019, ont décroché le Graal : une arrivée et/ou un départ d’étape.
Troisième épreuve sportive au monde derrière les Jeux Olympiques et la Coupe du monde de foot masculine, le Tour de France attire plus d’un milliard d’aficionados devant le petit écran et 12 millions sur le bord des routes.

Valloire, Tignes et Val Thorens, théâtre des trois prochaines arrivées alpestres, se frottent les mains. Les sommets du Tour de France offrent une exposition médiatique maximale. A Tignes, le temps d’antenne offert à la commune lors d’une arrivée en 2007, avait été évalué à… 100 millions d’euros en équivalent publicitaire !

Absente cette année du parcours, L’Alpe d’Huez doit sa renommée à la Grande Boucle. Les 21 lacets de la montée, que la station de montagne a eu la bonne idée de numéroter, sont entrés dans la légende. Depuis les victoires dans les années 1970 des Bataves Joop Zoetelmelk et Hennie Kuiper, la colonie hollandaise reste fidèle à « L’Alpe ».

« Le père Noël d’été »

La petite station d’Orcières Merlette dans les Hautes-Alpes a, elle, vu sa notoriété monter en flèche, en 1971, quand, pour la première fois, « le cannibale » belge Eddy Merckx a dû en rabattre devant le grimpeur espagnol Luis Ocana.
Dans le sud des Vosges, La Planche des Belles Filles, où Thibaut Pinot a placé cette année ses premières banderilles, suit le même chemin.

C’est le miracle de la Grande Boucle. « Le père Noël d’été », a coutume de dire « Paulo la Science », l’ancien journaliste sportif Jean-Paul Ollivier qui a commenté l’épreuve pendant des décennies.
« Le Tour vous accueille comme un sacrement de baptême ou une communion avec le sentiment d’émarger à un grand système qui vous dépasse », lançait, lyrique, l’écrivain Antoine Blondin.

« Chaque mois de juillet, surgit magiquement un Etat dans l’Etat : le tour de France. Et cet Etat confine à l’état de grâce », s’enflammait François Mitterrand, cité dans le livre que la journaliste de l’Opinion Béatrice Houchard consacre cette année à la Grande Boucle (« Le Tour de France et la France du Tour », Editions Calmann Lévy, 2019).

Le Tour de France a même été érigé au rang de monument national dans les « Lieux de Mémoire » de Pierre Nora. Résultat, les collectivités veulent toutes un morceau de la vraie croix. Les édiles qui, à l’origine, coupaient le ruban au départ des étapes, ont toujours su profiter de la force magnétique de l’épreuve.

« Je suis marié à une carte Michelin »

Une épopée, dantesque, débutée en 1903, avec des étapes XXL (Paris-Lyon, Marseille-Toulouse, Nantes-Paris !). Les forçats de la route se sont vite attaqués aux routes caillouteuses menant jusqu’aux cols. No limit ! La ferveur a toujours été à la hauteur.

« Toute la province est sur les portes et en bigoudis », raconte en 1924 le journaliste Albert Londres, qui évoque « les lycéens avec leurs pions » et « les vieilles dames sur des chaises ». Dans la caravane, résonne encore le souvenir de l’accordéon d’Yvette Horner, juchée pendant 5 000 kilomètres en haut d’une traction avant à son nom.

« Les champs, les vignes et les troupeaux, les montagnes et les fleuves, les églises romanes, le Galibier et le Tourmalet, les châteaux médiévaux et les ponts suspendus, la cathédrale de Strasbourg, les falaises d’Etretat, les hospices de Beaune, le pont du Gard, les rayons de soleil dans un champ de blé et les décorations réalisées dans les champs inscrivent plus que jamais la Grande Boucle dans le patrimoine », écrit Béatrice Houchard. C’est sans doute là que réside la vertu cardinale du Tour : faire connaître la France aux Français.

Un objectif affiché par les patrons de la course, du père-fondateur, le rédacteur en chef de l’Auto, ancêtre de l’Equipe, Henri Desgrange à l’homme d’ASO (Amaury Sport Organisation), Christian Prudhomme. « Ma femme me dit que je suis marié à une carte Michelin », sourit ce dernier, dont le beau-frère n’est autre que le maire (Divers droite) de Cholet, Gilles Bourdouleix.

Passage du Tour de France à Saint-Fargeau dans l'Yonne en 2009.

Passage du Tour de France à Saint-Fargeau dans l’Yonne en 2009.

Pau rafle la mise

Comme le raconte l’actuel directeur général des services du conseil départemental de la Drôme Jean-Luc Bœuf, dans « La République du Tour de France » (Editions du Seuil, 2003) qu’il a coécrit avec l’ancien directeur de la jeunesse et des sports de l’Eure, Yves Léonard, le tracé de l’épreuve a beaucoup changé depuis ses origines.
Le chemin de ronde nationaliste le long des frontières terrestres et maritimes de l’hexagone a fait son temps. Metz, Belfort, Bayonne et Brest ont dû partager le gâteau avec d’autres.

La Grande Boucle a devancé la politique d’aménagement du territoire initiée par Pierre Mendès-France dans les années 1954-1955. Elle n’a plus pris le départ depuis Paris à partir de 1951, mais depuis une commune de province. Pour la première fois, les habitants de Limoges et Clermont-Ferrand ont vu, cette année-là, le peloton s’arrêter dans leur ville.
Jusque-là ignorés, une quarantaine de départements de la France de l’intérieur ont peu à peu eu droit à la fête.

Chaque année, la guerre des territoires fait rage. Pour une trentaine de villes-étapes départ retenues, ASO reçoit environ 300 dossiers de candidature. Le répertoire téléphonique de Christian Prudhomme est garni de 06 de maires. Le patron du Tour effectue un pré-tracé au printemps, avant d’arrêter son choix et de dévoiler ses batteries à l’automne.

A ce petit jeu, certaines villes sont avantagées. Pau, porte d’entrée (ou de sortie) des Pyrénées, rafle la mise à presque tous les coups. Le peloton s’est arrêté 71 fois chez elle, ce qui la place au troisième rang national derrière Bordeaux, longtemps nirvana des sprinteurs (80 fois) et Paris bien sûr, où s’achève toujours la course.

Pau compte d’ailleurs dans ses rangs une conseillère municipale spécialement « chargée du Tour de France », la députée MoDem Josy Poueyto. Une édile connue comme le loup blanc dans la caravane. Un pilier de l’amicale des villes du Tour de France qui reçoit moult appels de maires qui lui demandent conseil.

Gaël Perdriau, le premier magistrat (LR) de Saint-Etienne, a su, lui, nouer un lien direct avec Christian Prudhomme. Pour la 26ème fois, la préfecture de la Loire a accueilli la Grande Boucle cette année.
Concoctée par la municipalité et ASO, la succession de virages en côte dans les derniers kilomètres a produit son petit effet.  L’étape, rythmée par l’échappée-belle de Julian Alaphilippe et le retour fracassant de Thibaut Pinot, a marqué les esprits. Une reconnaissance pour Saint-Etienne, jadis capitale de l’industrie du cycle et QG du groupe de grande distribution Casino qui a longtemps financé une équipe professionnelle.
Fort de son expérience, Gaël Perdriau évoque maintenant avec Christian Prudhomme un grand départ du Tour. Un sacré chantier…

120 000 euros pour une arrivée

Car, une simple étape n’est déjà pas une mince affaire. Pendant trente ans, Nice a préféré se faire porter pâle. Formés de 500 camions et de plus de 2 500 véhicules, la caravane publicitaire et les équipes de courses causaient trop de complications en pleine saison touristique. Une ère révolue. Les coureurs s’élanceront de la Cité des Anges l’an prochain. Pour accéder à ce statut, il faut avoir les reins solides. Ville de lancement cette année, Bruxelles a dû débourser plus de 4 millions d’euros.

Pour recevoir une étape, la note est moins salée, de l’ordre de 120 000 euros pour une arrivée et de 80 000 pour un départ. Généralement, les collectivités évitent de cumuler les deux factures. Mais l’addition ne se limite pas au ticket d’entrée.

Selon le cahier des charges d’ASO, les villes-étapes sont tenues de poser des barrières sur 4 kilomètres, d’assurer l’alimentation en eau et en électricité de la caravane, de monter un centre de presse… Dans le même temps, elles organisent des manifestations autour de l’évènement : jeux-concours, expositions, concerts… Autant de frais qui représentent peu ou prou le même montant que le ticket d’entrée.

Mais les maires ne regardent pas à la dépense. 240 000 euros pour accueillir une arrivée d’étape du tour de France offrent une exposition médiatique très largement supérieure à ce que coûtent 20 secondes de pub en prime time sur une grande chaîne : 60 000 euros.

Les retombées économiques, elles, sont immédiates. Selon une étude du cabinet Protourisme de 2018, une étape rapporte 2 euros aux commerces, hôtels et restaurants du centre-ville quand elle en coûte 1 à la municipalité.

Machine à cash

Pour boucler leur budget, les communes peuvent souvent compter sur leur intercommunalité, leur département et leur région. Certaines collectivités se montrent particulièrement généreuses.

Les Hauts-de-Seine étaient, par exemple, à l’origine d’un départ, en 2006, d’Antony. Difficultés logistiques obligent, il a finalement eu lieu à Sceaux. Mais sous le label Sceaux-Antony. « Cela donnait l’impression qu’on avait annexé Antony », en rigole encore le maire de Sceaux, Philippe Laurent (UDI), grand amoureux de la petite reine.

Certains premiers magistrats, néanmoins, trainent des pieds… Les affaires de dopage, qui se sont multipliées depuis vingt ans, ont terni l’image de la Grande Boucle. Pas question d’engraisser le sport business et sa machine à cash, ASO, tonnait, à Grenoble, Eric Piolle (EELV) à son arrivée à la mairie en 2014.

La France des ronds-points

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Les petites villes n’ont pas ses états d’âme. Limoux, Saint-Flour et Bagnères-de Bigorre ne le regrettent pas cette année. Le Tour est une planche de salut pour la France périphérique. « Dans beaucoup de villages traversés par le peloton, il n’y a plus de bureau de poste, plus de maternité, plus de commerce, parfois plus d’école, ni de médecin, plus de cafés. Mais il reste le Tour de France », note Béatrice Houchard.

Les deux champions tricolores, le natif de Lure (Haute-Saône) Thibaut Pinot et son ami Julian Alaphilippe de Saint-Amand Montrond (Cher) sont d’ailleurs issus de cette France périphérique. Bien avant les gilets jaunes, les maillots jaunes ont enflammé les ronds-points.

Il est, en revanche, une France qui n’est guère représentée : les quartiers sensibles. L’ancien licencié du club du Mirail à Toulouse, Blel Kadri a bien gagné une étape à Gérardmer en 2014. Mais contrairement au foot, la petite reine reste un sport de « mâles blancs », pour parler comme Emmanuel Macron.

Grande première, cette année cependant : l’étape du Tour du 18 juillet est parti depuis le bas des tours de la cité du Mirail. Grâce au Tour de France, la « cohésion des territoires », est en marche !

Gros Léon, mascotte des départements

Il entre en piste juste après le passage de la caravane publicitaire. Gros Léon agite son balai hydraulique pour nettoyer et refroidir la chaussée juste avant que les champions ne fassent à nouveau chauffer le bitume. Connu de tous les fidèles de la Grande Boucle, le véhicule appartient au conseil départemental des Vosges. Gros Léon déblaie la neige sur les routes l’hiver. Son rôle s’inscrit dans le partenariat qu’ont noué depuis 2006 l’Assemblée des départements de France (ADF) et la société organisatrice du Tour de France depuis 2006. Une alliance naturelle. 97 % des 3 480 kilomètres de routes empruntées cette année par les coureurs ressortent des départements. Dès le tracé du Tour connu, en octobre, 3 000 agents s’activent sur le tracé. Un professionnalisme qui n’exclut pas la convivialité. Les agents des routes enfourchent leur vélo pour un test grandeur nature au mois de juin. 37 départements ont participé cette année à l’aventure. Une dizaine d’agents sont dépêchés sur le Tour en juillet. Au petit matin, ils apposent les panneaux signalant, à l’attention des coureurs, les ronds-points, rétrécissements, passages à niveau… Le patron de cette fine équipe, « Dédé » Barcala affiche 23 Tours de France au compteur. « Bison Futé » de l’épreuve, il rappelle les principales difficultés du parcours chaque jour au village de départ, au côté d’un responsable de chaque département traversé. La paie des agents départementaux est assurée par l’ADF qui est ensuite défrayée par ASO. L’association présidée par Dominique Bussereau bénéficie aussi d’un emplacement de choix au village de départ. Au menu : la promotion des fromages, symbole des nombreuses ressources de la France profonde.

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Commentaires

Tour de France 2019 : les collectivités touchent le jackpot

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Gaspard

25/07/2019 09h29

Bonjour,

Cet article est très interessant, je me permets un petit point de détail non négligeable pour un magasine sur la territoriale et évoquant la France périphériques, Saint-Amand-Montrond se situe dans le Cher et non dans le Loir-et-Cher.

Merci,

Romain Mazon

25/07/2019 10h32

C’est corrigé, merci de votre vigilance

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