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Ruralité

Futur “agenda rural” : hors-sol ou plein champ ?

Publié le 25/07/2019 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

campagne ruralité village
Flickr CC by nd Serge Vincent
A la veille de la remise des 200 propositions pour un agenda rural à la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, La Gazette publie une tribune rédigée par des chercheurs et acteurs de terrain, qui appellent à penser les ruralités par leurs milieux, redonner du pouvoir aux acteurs locaux, et changer de paradigme.

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Grégoire Alix-Tabeling et Romain Beaucher, Manon Loisel, Nicolas Rio, Guillaume Riou, Stéphane Vincent, respectivement

Agence Vraiment Vraiment, géographe (ACADIE), politiste (Partie Prenante), président de la FNAB, délégué général de La 27ème Région

Peut-on penser l’avenir de la ruralité en sortant d’une approche défensive et nostalgique ? Tel est l’enjeu des propositions qui vont être remises vendredi 26 juillet au gouvernement (1), dans la perspective d’un futur “agenda rural” dont l’importance dépasse largement les seules campagnes et concerne le pays dans son ensemble.

Les espaces relégués concentreront les « responsabilités de demain »

Imaginons un moment l’Europe en 2050. Malgré l’action volontariste de certains élus, les métropoles sont confrontées à des tensions écologiques, sanitaires et sociales exacerbées. Les villes moyennes ont retrouvé des couleurs et sont plus résilientes…notamment grâce à la proximité de territoires ruraux, devenue vitale dans la vie des Français.. Territoire d’accueil d’un nouvel exode métropolitain, les campagnes sont aussi des espaces de production alimentaire, énergétique et industrielle cruciaux et prennent soin des communs que sont l’eau, la biodiversité, la forêt…  Nullement fantaisiste, il s’agit là d’une projection plutôt réaliste…

En matière d’aménagement du territoire, la réalité change souvent plus vite que les représentations – qu’on songe aux projections de la DATAR, qui en 1968 voyait la France des années 2000 souffrir d’une concentration des emplois et des habitants au nord et à l’est du pays ! Les espaces aujourd’hui relégués, ou qui paraissent “mal partis”, sont ceux qui concentreront les responsabilités demain – de nourrir, de rafraîchir, de fournir en énergie, d’abriter la biodiversité, d’offrir un environnement humain et social à taille humaine, bref, de satisfaire un grand nombre des besoins fondamentaux de la population.

Prendre son destin en main

Pourtant, à l’image de l’agriculture dont les choix structurants (comme la valeur ajoutée) échappent aux acteurs de terrain pour échoir, sous forme de domaine réservé, à l’exécutif national et aux institutions européennes (et, derrière, à de grands groupes financiarisés), la ruralité et ses habitants sont aujourd’hui handicapés par des stratégies hors-sol. Les espaces ruraux sont vus alternativement comme une réserve dans laquelle puiser ou comme un poids mort, mais ne sont jamais considérés comme capables de prendre leur destin en main, en tant qu’acteur politique à part entière, au même titre qu’un territoire métropolitain.

La conception, le maillage et la manière de rendre les services publics sont emblématiques de manque de considération pour les territoires ruraux, qui se retrouvent en bout de chaîne d’un maillage de services pensé d’en haut, selon une logique hiérarchique et normalisée.

Les moyens de décider, choisir, construire

Le système de santé en est un bon exemple : l’offre de soin est d’abord structurée et pensée par la géographie des CHU, plutôt qu’à partir des besoins réels des habitants et de leurs usages. L’exécutif a tiré du Grand débat” un impératif de “proximité”, qui ne suffira pas s’il n’est pas pensé aussi comme une obligation de donner aux habitants, élus et agents les moyens de décider, de choisir et de construire.

La construction des 2000 maisons “France Service” annoncées est une belle opportunité pour mettre ce principe en pratique : elles devraient être conçues une par une, « par le bas », avec un Etat qui fournisse aux acteurs locaux les moyens méthodologiques et financiers d’expérimenter, plutôt que d’être basées sur des normes homogènes en décalage avec la réalité de chaque territoire.

L’exemple du bio

Si le hors-sol est une impasse, son contraire – l’ancrage dans le sol et les milieux – ouvre des perspectives utiles pour penser l’avenir des territoires ruraux. A cet égard, l’agriculture biologique nous éclaire. En remplaçant la technologie et la chimie dits de pointe par l’excellence et l’attention humaines et environnementales, elle crée des emplois et prend soin des campagnes dans toutes leurs composantes – les gens, la faune, la flore, les sols, l’air et l’eau – et dans toute leur diversité.

L’exemple de l’agriculture bio montre aussi que l’ancrage, loin d’être synonyme d’isolement, appelle et favorise la mise en réseau, pour faire circuler les savoirs et les ressources. La mise en réseau des sites pilotes “Eau & Bio”, caractérisés par le choix du dialogue et de la coopération multi-acteurs au bénéfice de dynamiques locales de développement territorial et de protection des ressources, en est une illustration.

Renforcer le pouvoir d’agir des acteurs locaux

Penser les ruralités par leurs milieux, c’est aussi se rendre attentif à toutes les initiatives locales qui se développent souvent en marge de l’action publique. Ici un café associatif ou un festival culturel, là une entreprise d’insertion ou une coopération citoyenne pour préserver la forêt, et là encore un réseau citoyen d’attention aux personnes âgées… Cette dynamique est déjà à l’œuvre, portée par des acteurs divers et parfois même par les collectivités (par exemple, le programme “Villages du futur”, porté par le Pays Nivernais-Morvan). Mais elle correspond globalement à un fonctionnement hors-norme, qui fait que les acteurs publics ont du mal à la comprendre et à l’accompagner.

C’est dans cet état d’esprit et avec cette ambition qu’un agenda rural national (et européen) aurait du sens et de l’utilité : mettre l’action publique au service des “milieux”, de leurs besoins et de leurs initiatives. Pour cela, il faut que l’Etat – et, en cascade, les Régions, les départements et les intercommunalités – acceptent de se décentrer et changent de posture, pour outiller et renforcer le pouvoir d’agir des acteurs locaux.

S’inspirer d’Action Coeur de Ville

Un appel à projet pour la revitalisation des campagnes serait bienvenu, piloté par les Conseils régionaux ou par les directions régionales de la Banque des Territoires, sur le modèle du programme Action Cœur de Ville –  en tirant un premier bilan de ce dispositif. Pour ne pas exclure les acteurs les moins habitués à l’exercice, pour favoriser les propositions originales, pour laisser de la place à la co-construction du futur avec les habitants et la société civile, le cahier des charges d’un tel appel à projet devrait être léger, ouvert et inciter à penser milieu plutôt qu’institution, en encourageant les alliances d’acteurs originales.

Toutes les échelles sont propices à l’action, et tous les niveaux de collectivités sont donc légitimes à agir. Au niveau local (municipal et intercommunal), l’enjeu principal consiste à créer les conditions d’un équilibre des milieux dans le temps, alors que celui-ci est radicalement mis en cause par l’artificialisation des sols, la marginalisation d’une partie de la population, la dévitalisation des cœurs de bourgs, l’agriculture et la sylviculture intensives… Les élections municipales qui viennent sont d’ailleurs l’occasion de penser et mener un effort démocratique sans précédent sur la gestion locale des communs.

Un changement de paradigme

Les départements ont un rôle à jouer dans la reconstruction d’un milieu politique et social décent, tant en garantissant l’attention portée à tous-tes, y compris aux plus pauvres et aux plus “éloignés” (géographiquement, des services publics, du collectif…) qu’en se constituant en échelon démocratique viv(ifi)ant – processus amorcé avec l’apparition de budgets participatifs départementaux, dont le Gers a été pionnier.

Et l’Etat, dans tout ça ? En préférant questionner au travers du prisme de la ruralité les politiques sectorielles, plutôt que d’adopter une loi globale sur la ruralité, le gouvernement va dans le bon sens. A condition de jouer le jeu jusqu’au bout ! L’agenda rural annoncé par le gouvernement doit permettre aux citoyens et aux élus des territoires ruraux de retrouver du pouvoir sur les domaines qui les concernent directement, à commencer par l’agriculture et les services publics. Il doit créer les conditions (y compris financières) pour que les habitants des territoires ruraux puissent se connecter aux internets à très haut débit, d’une manière ou d’une autre.

En faisant la démonstration de ce que permettent l’adaptation des grandes politiques publiques à la spécificité de chaque milieu et l’écoute des habitants, l’agenda rural pourrait être le ferment et l’opportunité d’un changement de paradigme de l’action publique bien au-delà des seules campagnes.

  • Grégoire Alix-Tabeling, Vraiment Vraiment
  • Romain Beaucher, Vraiment Vraiment
  • Manon Loisel, géographe (ACADIE)
  • Nicolas Rio, politiste (Partie Prenante)
  • Guillaume Riou, président de la FNAB
  • Stéphane Vincent, délégué général de La 27ème Région

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Notes

Note 01 Un « agenda rural » avait été officiellement lancé par la ministre chargée de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, à la fin du mois de mars. La mission chargée de faire des propositions au gouvernement et qui remettra sa copie vendredi 26 juillet est composée de Daniel Labaronne, député d’Indre-et-Loire, Vanik Berberian, président de l’AMRF, Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour, Cécile Gallien, maire de Vorey, et Patrice Joly, président de l’association Nouvelles Ruralités. Retour au texte

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