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Entretien

Christophe Castaner : « Je lance une grande consultation avec les policiers, les maires et les habitants »

Publié le 15/07/2019 • Par Hervé Jouanneau Mathilde Elie • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

Christophe-Castaner
© Frédéric KLEMCZYNSKI / Divergence
Dans un entretien accordé à la Gazette, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, appelle les élus locaux et les habitants à participer à la concertation qu'il lancera en septembre dans chaque commissariat, dans chaque brigade de gendarmerie, sur la sécurité. Soucieux de promouvoir le partenariat avec les maires, il prend position sur le continuum de sécurité, notamment sur l'armement des policiers municipaux, et annonce le lancement imminent d'un plan de lutte contre les stupéfiants.

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Alors que l’actualité policière est dominée par les violences en marge des manifestations de gilets jaunes et la réforme attendue du maintien de l’ordre, la Gazette a rencontré le patron de la place Beauvau, Christophe Castaner, pour l’interroger sur les grands chantiers engagés par son ministère, à commencer par la police de sécurité du quotidien, le continuum de sécurité ou encore le sort des policiers municipaux. Dans cet entretien, le ministre évoque également le plan annoncé de lutte contre les stupéfiants, défend bec et ongles la limitation de vitesse à 80km/h sur les routes secondaires et s’emploie à rassurer les Français face à la grève des sapeurs-pompiers cet été.

Police municipale, vidéosurveillance, sécurisation de l’espace public… Avec la menace terroriste, les collectivités territoriales, et tout particulièrement les villes, se sont massivement investies dans le champ de la sécurité. Cette montée en puissance a-t-elle un impact sur votre politique de sécurité ?

J’ai été maire pendant 17 ans, à la tête d’un service de police municipale, et vice-président d’une région avec des enjeux de sécurité publique et civile. Je sais par mon expérience de terrain que les questions de sécurité se traitent à plusieurs niveaux. Prenons le risque terroriste, que vous évoquez. Il est toujours présent à un haut niveau en France. Mais ce risque a évolué au fil du temps et est devenu endogène, avec des personnes que l’on a vu grandir dans notre pays et qui se sont radicalisées. L’évolution est également territoriale car tout le territoire est concerné, pas seulement les grandes villes. Dans ce contexte, les maires sont, par la proximité qu’ils ont avec leurs habitants, les plus compétents pour détecter et observer le phénomène.

Plus que jamais, nous avons besoin aujourd’hui d’une vision à 360 degrés de la sécurité de notre pays. C’est la raison d’être du continuum de sécurité que je veux créer entre les forces de sécurité de l’Etat, les polices municipales et les sociétés de sécurité privée. Mais pour mener à bien ce continuum, nous avons besoin des maires.

Ce chantier du continuum de sécurité est annoncé depuis 2018. Quelles sont vos intentions ?

Notre calendrier a évolué. Lors de son discours de politique générale prononcé au mois de mai dernier, le Premier ministre m’a demandé d’élaborer un livre blanc sur la sécurité en vue d’une loi d’orientation et de programmation. Dans cette perspective, j’ai décidé d’ouvrir en septembre une grande consultation sur la sécurité. Nous sommes en train d’en finaliser la méthode. Elle sera dématérialisée pour toucher le plus grand nombre et physique pour n’exclure personne. Elle s’adressera aux 250 000 policiers et gendarmes, aux 22000 policiers municipaux, à l’ensemble des sapeurs-pompiers et tous les acteurs impliqués dans ce champ de la sécurité, y compris les maires. Je veux également que les citoyens puissent s’exprimer et donner leurs attentes sur leur propre sécurité. Nous avons besoin de les entendre. Les préfets prendront des initiatives en ce sens et des débats seront organisés dans chaque brigade de gendarmerie ou commissariat de police et dans chaque sous-préfecture.

Les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot ont formulé à l’automne dernier une série de propositions en faveur de ce continuum de sécurité. Qu’en retenez-vous ?

Le rapport qu’ils ont rendu est une pierre à l’édifice, dont je veux me servir. Leurs propositions vont nourrir le débat. J’ai d’ailleurs  profité de la commission consultative des polices municipales du 9 juillet dernier pour demander aux maires et aux organisations syndicales de s’exprimer à ce sujet.

Les auteurs du rapport posent des sujets majeurs de formation avec la proposition de créer une école nationale de la police municipale. De la même manière que les policiers et les gendarmes disposent de leurs propres écoles de formations, nous sommes favorables à l’évolution de la formation pour les policiers municipaux. Ce projet doit se construire avec le CNFPT, qui est le meilleur acteur de la formation pour les agents territoriaux.

Je suis également pour l’élargissement des conditions d’accès à la police municipale. Les besoins de recrutement sont importants et beaucoup de gendarmes s’y retrouvent, les policiers nationaux pourraient s’y retrouver davantage. Et d’autres métiers aussi.

Une autre mesure qui fait débat dans le rapport parlementaire concerne l’armement des polices municipales. Les députés inversent les règles existantes et proposent un armement systématique sauf avis contraire du maire.  Quelle est votre position ?

Je n’y suis pas favorable. Aujourd’hui, le maire peut choisir librement l’équipement de ses agents. Mon avis est qu’il doit pouvoir garder cette capacité de choisir. En somme, nous sommes favorables à l’armement des polices municipales là où le maire considère que c’est utile. Néanmoins, cette question sera soumise au débat.

Les policiers municipaux sont en plein essor. Les effectifs augmentent et leurs prérogatives ne cessent de s’étendre. Depuis plusieurs années, ils demandent une plus grande reconnaissance. Entendez-vous leurs demandes ?

A l’occasion de la réunion de la commission consultative des polices municipales, le 9 juillet dernier, j’ai pu échanger avec les maires employeurs et les syndicats sur les grands enjeux du métier. C’était un rendez-vous important. Les partenaires sociaux ont en effet revendiqué une plus grande reconnaissance sociale. S’agissant des indemnités, la balle est dans le camp des employeurs. Qui paie, décide. Et s’il y a des décisions qui nécessitent des aménagements réglementaires, nous y procéderons.

Nous avons également abordé la question de la retraite. Je sais les risques auxquels les policiers municipaux sont exposés et qui rendent difficile un départ en retraite à 62, 63 ou 64 ans. J’ai défendu auprès du Haut commissaire en charge du dossier des retraites la nécessité de maintenir un système qui permette de partir plus tôt à la retraite dans la mesure où les conditions de travail le justifient.

Les syndicats ont une revendication très précise : l’intégration de certaines indemnités dans le calcul de leur retraite. Quelle réponse apporter ?

C’est exactement le sens du travail du Haut-Commissaire : prendre en compte la totalité des revenus pour générer des droits à la retraite supplémentaire.

La « police de sécurité du quotidien », l’un des grands chantiers du quinquennat, laisse parfois les élus sur leur faim. L’association France urbaine, par exemple, juge que les maires ne sont pas suffisamment associés à cette réforme. Que leur dites-vous ?

Si les maires disent rencontrer des dysfonctionnements, il faut y remédier. J’ai refait une circulaire aux préfets récemment et je leur répète régulièrement la priorité que représente à mes yeux le partenariat avec les élus. Nous disposons d’outils déjà en place comme les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) qui sont des outils stratégiques, présidés par les maires, où les partenaires locaux se rencontrent et définissent des orientations. Il y a aussi des outils très pratiques comme les nouveaux groupements de partenariats opérationnels (GPO) qui permettent de réunir les acteurs concernés autour d’un besoin défini avec une stratégie d’intervention et une évaluation. En matière de sécurité, je veux une culture du  service rendu : ce qui compte, ce sont moins les moyens que les résultats que nous sommes capables d’apporter aux habitants.

Les renforts policiers annoncés dans les quartiers de reconquête républicaine (QRR) se déploient progressivement. Quel premier bilan en faites-vous ?

Tout d’abord, j’ai changé avec le secrétaire d’Etat, Laurent Nunez, la façon dont on choisit ces QRR. Les 15 premiers annoncés en 2018 avaient été sélectionnés sur la base des difficultés qu’ils pouvaient rencontrer. Or, il m’est apparu, lors de mes déplacements, que le premier critère à retenir était la mobilisation partenariale. Une autre décision a été d’accélérer le calendrier. Nous devions en lancer 15 nouveaux, ils seront en fait 32. Au total, nous prévoyons de faire 60 QRR pendant la mandature.

Sur le terrain, les effectifs sont composés de jeunes policiers et de plus expérimentés. Les arrivées des nouvelles recrues se font en ce moment, entre juin et octobre. Le dispositif est en train de monter en puissance et porte ses fruits. Nous disposons d’une évaluation constante avec le Lab’ PSQ et des enquêtes auprès des citoyens.

Tous les élus constatent la corrélation entre la délinquance et le business de la drogue dans leurs villes. Où en est votre plan de lutte contre le trafic de stupéfiants annoncé en avril ?

La lutte contre les stupéfiants est une bataille essentielle car les trafics détruisent l’avenir des familles : celui d’un enfant qui va rapidement décrocher de l’école et se retrouver dans une impasse, celui des parents qui vont perdre leur fils ou leur fille, celui d’un quartier entier avec une économie parallèle qui fait vivre les trafiquants et leurs proches. Les enjeux financiers sont énormes : la drogue représente, je vous le rappelle, 3,9 milliards d’euros. Dans certaines cages d’escaliers, le trafic peut atteindre 50 000 euros par jour. Il faut donc en faire une grande priorité et mener la bataille sur tous les fronts en s’attaquant au démantèlement des réseaux, depuis la cage d’escalier jusqu’aux filières internationales.

J’ai d’ores et déjà décidé de placer la lutte contre les trafics au sein de la PSQ, ça ne figurait pas dans le cahier des charges. Ce sera un des axes majeurs du plan national de lutte contre les stupéfiants que le président et le premier ministre ont validé et que nous présenterons dans les semaines qui viennent.

Sur la base d’un rapport officiel, d’une tribune de plusieurs élus et de médecins, un débat a ressurgi sur la légalisation du cannabis. Quelle est votre position ?

J’ai pensé comme beaucoup d’autres que la légalisation pouvait supprimer le trafic. Mais ce n’est pas le cas. D’abord parce que le trafic ne se limite pas à la seule vente du cannabis. Aujourd’hui, et c’est assez étonnant, dans certaines cages d’escalier, vous pouvez prendre connaissance des tarifs des différents produits sur un panneau : cannabis, coke, héroïne, substances chimiques… Il ne faut pas croire que la légalisation va régler ce problème-là. Par ailleurs, s’agissant du cannabis, la teneur en THC (tétrahydrocannabinol, NDLR), la molécule responsable de ses principaux effets psychoactifs, a été multipliée par 5 ou 6 depuis vingt ans. La dépénalisation aurait pour effet de réduire le taux de THC et les consommateurs d’aujourd’hui ne s’en contenteraient sans doute pas. Il faut mettre ces questions sur la table. Il faut également regarder ce qui se passe à l’étranger et avoir en tête que dans certains pays, la légalisation s’est accompagnée d’une plus grande consommation de drogue.

D’un autre côté, il faut admettre que notre système, basé sur la répression, ne parvient  pas à endiguer le phénomène. On peut en débattre, mais je dois exprimer une réserve de principe : il ne faudrait pas laisser à penser que fumer du cannabis ne comporte aucun risque. Fumer, surtout pour les plus jeunes, c’est grave.

Les sapeurs-pompiers professionnels sont en crise. Une intersyndicale menace de faire grève tout au long de l’été. Ils réclament notamment une revalorisation significative de la prime de feu. Comment mettre fin à cette crise ?

Le malaise est réel et doit être mis en relation avec l’explosion du nombre d’interventions des sapeurs-pompiers, les problèmes de régulation pour le secours à personne, la saturation des services départementaux et les besoins de recrutement. S’agissant des revendications statutaires et sociales, des discussions sont en cours avec ceux qui paient – les départements et les communes, et nous y sommes attentifs.

Mais je veux rassurer les Français. Les sapeurs-pompiers ont le sens de l’engagement. Leur grève, dont je ne discute ni les causes ni la légitimité, ne menace pas la sécurité des Français. Nous sommes à un moment où nous pré-déployons des forces dans les zones à risque incendie. Je peux vous dire qu’il ne manque personne. Tous les sapeurs-pompiers sont mobilisés !

La directive européenne sur le temps de travail des sapeurs-pompiers volontaires qui interdirait de concilier un engagement volontaire avec une activité professionnelle pourrait-elle en vigueur en France, comme beaucoup le craignent ?

C’est une vraie préoccupation. Nous travaillons main dans la main avec la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, leur président, Grégory Allione, et les organisations syndicales de sapeurs-pompiers pour trouver des solutions.

Nous travaillons  sur deux fronts. Le premier est de chercher le maximum de dérogations que permet la directive temps de travail pour permettre de servir comme volontaire. Je ne veux pas prendre le risque d’avoir de nouvelles mises en demeure en provenance de Bruxelles. En parallèle, nous voulons travailler sur l’initiative européenne pour reconnaître que l’engagement ne doit pas être reconnu comme un temps de travail. J’ai eu des échanges récemment avec la Commission européenne et je suis optimiste sur la préservation de notre de modèle de sécurité civile français.

Concluons notre entretien avec la sécurité routière et cette réforme de la limitation de vitesse sur les routes secondaires qui a créé beaucoup de crispations parmi les élus. Aujourd’hui encore, de nombreux élus, en écho à leurs administrés, restent farouchement opposés à la limitation à 80 km/h. Que leur répondez-vous ?

Lors du Grand débat, nous avons entendu les élus s’exprimer contre cette mesure : leurs revendications pouvaient être  légitimes, car ils nous disaient savoir mieux que nous la dangerosité de leurs routes, mais aussi, quelquefois, populistes quand ils voulaient faire plaisir à des habitants qui râlaient. Mais je l’ai dit et le redis : le bilan de la limitation de la vitesse entre juillet 2018 et juillet 2019 a permis d’épargner au moins 206 vies humaines ! Au moins, car près de 75 % du parc des radars ont été dégradé ces derniers mois et de mauvaises habitudes se conduite sont revenues. Ce bilan de 206 vies sauvées est spectaculaire et je m’en félicite. J’ai été maire et je sais, comme tous les maires, ce que c’est que d’aller annoncer à une famille de sa commune la mort d’un proche ou d’un enfant. Alors, oui, depuis 30 ans, les limitations de vitesse, les radars automatiques, sont impopulaires mais depuis 30 ans, la courbe de la mortalité routière ne cesse de baisser. Sauf ces toutes dernières années. C’est la raison pour laquelle nous avons voulu réagir.

Aujourd’hui, j’assume l’impopularité de cette mesure qui donne des résultats ! Mais je veux aussi rappeler à certains que réduire la vitesse de 90 à 80 km/h se traduit par la perte d’une seule seconde par kilomètre parcouru. Néanmoins, nous avons entendu les élus et leurs besoins d’avoir plus de latitude sur cette limitation. Ils pourront le faire en toute responsabilité dès lors que la loi LOM sera promulguée.

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Christophe Castaner : « Je lance une grande consultation avec les policiers, les maires et les habitants »

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Oméga Handicap Sécurité Think Thann Europe

16/07/2019 01h51

Le désengagement de l’État dans des communes moyennes en fermant commissariats et gendarmerie ouvre la porte à l’insécurité des habitants. Nombre de maire, quand leur budget leur permet se voient contraints de créer une police municipale qui est présente le jour mais souvent absente la nuit faute de moyens humains ou financier ou les deux.
Mais la sécurité ne s’arrête pas à la protection des biens, elle concerne aussi la sécurité des personnes et leur circulation dans les villes et communes.
Nombre de maires oublient leurs obligations dictées par la convention internationale des droits des personnes handicapées en son paragraphe 3 qui les oblige à consulter étroitement les organisations représentant des pers handi d’autant plus lorsqu’elle existent dans leur commune ou ville. Pour toutes réfections trottoirs, chaussées, projets de constructions il est souhaitable d’y associer les organisations représentant des personnes handicapées afin d’éviter le gaspillage d’argent public pour des travaux qui au final ne répondraient pas au besoin de tous voire ne seraient pas conforme à l’accessibilité.

Kris77dtc

17/07/2019 01h02

90 à 80 une seconde de différence sur 1 km ? Faut revoir les calculs ! C’est pour ça la France va mal….

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