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Ressources humaines

Comment rendre les métiers de l’aide et du soins plus attractifs

Publié le 29/01/2021 • Par Solange de Fréminville • dans : A la Une santé social, Métier et carrière santé social

personnel hôpital solidarité
Copyright: tel.8033-6855507
La crise sanitaire a accru le manque d’attractivité des métiers de l’aide et du soin à la personne, les difficultés à fidéliser le personnel, l’absentéisme… Pour répondre à ces enjeux, il est possible d’améliorer de pair les conditions de travail et la qualité des soins ou de l’accompagnement en impliquant les salariés, sans oublier de coopérer avec les acteurs du territoire. Avec des résultats probants.

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Pénurie de candidats, turn-over, augmentation de l’absentéisme pour raisons de santé… Dans le secteur de l’aide et du soin à la personne, « l’épidémie de Covid-19 a accentué des problèmes anciens », estime Françoise Verdier, chargée de mission de l’agence régionale d’amélioration des conditions de travail (Aract) Occitanie. En cause, les contraintes physiques, l’intensification du travail, la pression temporelle, les glissements de tâches, le manque de reconnaissance, etc., qui engendrent de l’épuisement et des tensions entre collègues. Un cercle vicieux, car « plus on est tendu psychiquement, moins on est en bonne condition pour endurer les efforts physiques », commente Carole Gayet, pilote de la thématique « Aide et soins à la personne » à l’Institut national de recherche et de ­sécurité (INRS).

Usure professionnelle

La hausse des accidents du travail a détérioré la situation, en particulier dans les métiers exercés auprès des personnes âgées, en institution ou à domicile, où leur nombre est trois fois plus élevé que dans les autres secteurs d’activité. Il s’agit pour l’essentiel d’accidents liés aux manutentions manuelles des personnes ou du matériel, également à l’origine d’inaptitudes et de la plupart des maladies professionnelles, avec « pour conséquence de désorganiser les collectifs de travail, voire de dégrader la qualité des soins ou de la prise en charge », souligne l’INRS (1). De ce fait, l’engagement des salariés, très attachés au sens de leur métier, a été mis à mal. « Ils sont très motivés et déterminés, mais il y a une forte usure professionnelle, au point que certains doivent quitter leur travail et se reconvertir », constate Carole Gayet. Le turn-over affecterait également les fonctions dirigeantes, notamment dans les Ehpad, d’après des observateurs du secteur.

Prévention des RPS

Pour sortir de cette impasse, les démarches d’amélioration de la qualité de vie au travail se sont multipliées ces dernières années, avec des résultats tangibles dans les établissements les plus investis. Sans résoudre les problèmes de budget et d’effectif, l’intérêt est de mobiliser les directions d’établissement et leurs salariés dans une dynamique collective pour étudier les difficultés d’organisation et avancer sur des réalisations concrètes. Pas négligeable face à l’épreuve de la pandémie de Covid-19 depuis mars. « Les établissements où il y a de bonnes conditions de travail, ont bien mieux traversé la crise sanitaire que les autres », estime Thierry Gantois, ingénieur conseil de la Carsat Normandie, qui accompagne depuis plusieurs années des services d’aide à domicile et des établissements du secteur médico-social. « Ceux qui sont habitués à évaluer les risques professionnels et prendre des mesures de prévention, ont mieux géré ce nouveau risque épidémique. En améliorant leur qualité de vie et celle des personnes accompagnées, ils ont diminué leur turn-over et amélioré leur image », confirme Sandrine Paradis, son homologue à la Carsat ­Aquitaine, qui a conçu et piloté depuis huit ans le programme Aidants-aidés destiné à réduire les accidents des salariés, des personnes prises en charge et de leurs proches.

Une méthode innovante pour prendre soin des soignants et des aidants

C’est à une révolution de la formation des professionnels de l’aide et du soin qu’invite l’INRS depuis deux ans, en s’inspirant du « soin de manutention » mis en œuvre avec succès par le groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph. La méthode d’« accompagnement à la mobilité  de la personne aidée en prenant soin de soi et des autres » (ALM) que l’Institut a élaborée, consiste à observer précisément tous les mouvements que la personne aidée est capable de faire de manière autonome, et pour ce qu’elle ne peut faire seule, à mettre en place l’accompagnement adapté, verbal, manuel et technique. Objectif : préserver l’autonomie des personnes et leur santé, en même temps que celle des professionnels qui, ainsi, évitent de les porter ou de les tenir – cause d’accidents et de troubles musculosquelettiques.

Référent « risques »

Une démarche adoptée par l’association d’aide à domicile Apaisad, à Abzac (Gironde), qui emploie plus de 230 salariés au service de plus de 1 400 bénéficiaires. Elle a intégré la prévention des risques d’accidents, de troubles musculo-squelettiques et de chutes, à tous les niveaux, en créant un pôle dédié au sein même de la structure, composé d’une référente « risques » chargée de la formation, de deux ergothérapeutes et d’une neuropsychologue. Chez les personnes âgées, le pôle de prévention repère les risques afin de mettre en place des aides techniques et des solutions d’aménagement. « On a du matériel qu’on leur prête pour qu’ils le testent. Par la suite, 90 % des bénéficiaires s’équipent eux-mêmes », précise Paul Marsat, chef du service d’aide et de soins polyvalents à domicile de l’Apaisad.

En interne, les salariées sont formées par le pôle de prévention. Grâce à un dispositif de tutorat, les nouvelles recrues le sont aussi par des collègues expérimentées. Elles apprennent dès leur arrivée les bonnes pratiques en matière de santé et de sécurité, l’usage des aides techniques et des équipements de protection individuels. Elles peuvent aussi participer à un groupe d’analyse de pratiques avec une psychologue du travail. Résultat : les accidents du travail ont diminué de 22 %. Le turn-over est très faible. Et, « pendant la crise sanitaire, on a reçu des candidates, venues d’autres structures, qui avaient entendu parler de nous en bien », assure Paul Marsat, qui rêve d’un financement pérenne pour un dispositif qui a fait ses preuves, mais qui repose jusqu’ici sur les fonds alloués par la Conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées de la Gironde, grâce aux appels à projets remportés. « Le fait de se préoccuper de leur santé, de les soutenir, de prendre le temps d’accueillir les nouvelles, leur donne envie de rester et améliore la réputation du service d’aide à domicile », commente Sandrine Paradis. Mais l’association voudrait aller plus loin pour réduire encore les accidents du travail et valoriser des métiers bien souvent déconsidérés.

L’idée serait d’évaluer systématiquement les risques au domicile des bénéficiaires, avant toute intervention, ce qui est fait pour les soins infirmiers, mais qui reste aléatoire dans l’aide à domicile.

Impliquer les salariés

L’intérêt de cette démarche est de lier la qualité des soins et l’amélioration des conditions de travail en impliquant les salariés et en leur apportant un réel soutien. Dans cette même logique, l’Ehpad La Roseraie, à Auch (Gers), a fait appel à « l’intelligence collective », selon sa directrice, Laure Dorgan. Accompagnée par l’Aract Occitanie, elle a rassemblé dans un comité « Qualité de vie au travail » la direction, les élus du personnel et des représentants de chaque métier. Une participation indispensable. « On ne peut modifier au mieux une organisation que si des personnes qui sont au cœur de chaque métier partagent en quoi consiste leur travail et quelle est leur vision des difficultés qui se posent au quotidien », souligne Françoise Verdier. Rapidement, un problème a émergé : la gestion du linge, chronophage pour les aides-soignantes et très insatisfaisante. Le problème a été résolu. Désormais, les lingères vont chercher draps et vêtements dans les chambres, les trient et, une fois lavés, les rapportent. Elles ont aussi décidé d’assurer des permanences le week-end pour éviter que le linge ne s’accumule jusqu’au lundi matin. « Les aides-soignantes ont gagné une heure par jour, ce qui est énorme. Quant aux lingères, leur charge de travail est lissée, elles sont mieux intégrées dans l’équipe et en relation avec les résidents », explique la chargée de mission de l’Aract Occitanie. Même le conseil de la vie sociale a donné son satisfecit. Pas de linge perdu et un service plus rapide. « Cela a permis de réfléchir ensemble, de trouver des solutions concrètes et d’améliorer la prise en charge des résidents », se réjouit la directrice.

« Les équipes ont besoin d’autonomie et d’espaces d’échange » – Philippe Colombat, président de l’Observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé

« Le plus important est de développer l’autonomie des équipes – médecins, soignants, cadres – pour qu’elles adaptent leur travail à la réalité du terrain, ainsi que des espaces d’échange où elles discutent ensemble de la situation des patients afin de définir un projet de prise en charge pour chacun. C’est source de qualité de vie au travail, comme l’ont montré les expériences vécues du premier pic de l’épidémie de Covid-19 dans les hôpitaux. Une réelle autonomie a été laissée aux équipes, notamment en réanimation, pour aménager leur travail et définir elles-mêmes des parcours de soins des patients qui répondent aux besoins. Elles ont apprécié de tout gérer elles-mêmes, les projets de soins, les lits, l’organisation… ce qui a en outre été source d’efficacité. Il est également essentiel que des psychologues leur apportent un soutien en raison de tout ce qui est en jeu dans les relations avec les patients. »

Travail en réseau

La renaissance d’un collectif de travail est un élément-clé de ce progrès. « Certes, ces métiers sont durs, mais le sens est important. Si le collectif est soudé, l’attractivité est plus grande, l’intégration fonctionne, et les professionnels sont prêts à s’investir », résume Nathalie Delaleau, chargée de mission de l’Aract Normandie. Encore faut-il que les rôles soient bien répartis et les rouages huilés. Dans une unité de chirurgie ambulatoire, que l’Aract Normandie a accompagnée, les professionnels ont pointé la complexité de l’accueil et de l’accompagnement du patient jusqu’à son retour au domicile. Ils ont trouvé ensemble une solution, testée, évaluée et validée la création d’une fonction d’agent d’accueil et de soin dédiée à cette mission. Cela a permis d’assurer un meilleur suivi et aux infirmières de se recentrer sur les soins. Le travail en réseau sur un territoire constitue un autre levier d’attractivité non négligeable. Il permet de développer des actions collectives qui amènent les professionnels de santé et de l’action sociale à coopérer entre eux, quelle que soit leur position (libéral, hospitalier, en institution médico-sociale, dans une association d’aide à domicile…), pour répondre aux besoins des habitants en matière de santé publique.

C’est le modèle créé dans les années 1990 par l’association Reseda qui assure la coordination de plusieurs réseaux de santé dans le bassin alésien et le portage de leurs projets, avec le soutien financier et logistique de la métropole d’Alès, de l’agence régionale de santé d’Occitanie et d’autres partenaires (Pays Cévennes, conseil départemental du Gard…). Lorsque des médecins généralistes, infirmiers libéraux et pharmaciens, engagés dans ces réseaux, se sont mobilisés dès le premier confinement, en mars 2020, pour créer un centre Covid-19 dédié à l’accueil et l’orientation des patients, Reseda les a aidés à mener leur projet à bien. Le dispositif, en lien avec le centre hospitalier d’Alès, a permis de fluidifier les parcours de soins. Depuis le deuxième confinement, face à une circulation épidémique plus intense, les professionnels de santé se sont de nouveau réunis pour ouvrir un centre de dépistage, toujours avec l’appui de l’association. Et trois infirmiers libéraux assurent la coordination des suivis à domicile, en plus de leurs tournées. Pour l’hôpital, les établissements médico-sociaux, les services d’aide à domicile, c’est un soutien majeur apporté à leurs propres activités, des compétences sur lesquelles s’appuyer, une coordination constante qui les insère dans une dynamique positive.

« Chacun participe, à partir de sa propre expérience » – Françoise Verdier, chargée de mission Aract Occitanie

« Lorsqu’on demande à des agents de services hospitaliers ou des soignants : « qu’est-ce qui fait que vous iriez mieux dans votre travail ? », ils répondent : « qu’est-ce qui me permettrait de mieux faire mon travail auprès des résidents ». Ce sont des métiers d’engagement et, pour les personnels, la qualité du travail et la qualité de service vont de pair. Quand les équipes apprennent à se mettre autour d’une table pour discuter du travail et chercher des solutions ensemble, elles progressent et s’améliorent, même en pleine pandémie, et les personnes se montrent solidaires et restent dans leur établissement. Les structures que nous accompagnons travaillent de façon décloisonnée, directions, élus du personnel, managers, professionnels des différents métiers en se concentrant sur des problèmes concrets : chacun participe, à partir de sa propre expérience, à la compréhension du problème et à l’élaboration des solutions. Cela ouvre des possibles et permet de vraies avancées. »

Notes

Note 01 Santé et aide à la personne, INRS : document de présentation des risques professionnels du secteur. Retour au texte

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