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Une technologie en plein essor, à l’épreuve de l’évaluation (2/2)

Publié le 27/05/2009 • Par Hervé Jouanneau • dans : Dossiers d'actualité

En dépit d’une efficacité discutable et d’un coût très élevé, le déploiement de caméras dans les lieux publics se poursuit de façon exponentielle. Longtemps idéologique, le débat se concentre aujourd’hui sur les conditions d’utilisation du système.

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Faut-il développer la vidéosurveillance ?

3 – Une efficacité discutable

La satisfaction affichée, pourtant, n’est pas partagée par tous. Loin de là. Un premier avertissement est venu d’outre-Manche en mai 2008, lorsque Mike Neville, l’un des patrons de Scotland Yard, a qualifié de fiasco l’expérience menée en Grande-Bretagne. En effet, selon lui, à Londres, seuls 3 % des vols sur la voie publique auraient été élucidés grâce aux images enregistrées. La faute à un système trop lent et compliqué, que les policiers britanniques peineraient à utiliser.
En tout état de cause, le constat, à contre-courant des idées reçues, rejoint celui d’une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France (Iaurif), publiée en février, et qui capitalise les conclusions d’évaluations conduites en Grande-Bretagne, en Suisse, en Australie et au Canada. Dressant l’état des savoirs, bien loin des « statistiques globales » avancées par les municipalités, cette étude inédite, pilotée par le sociologue Tanguy Le Goff conclut que la vidéosurveillance aurait en réalité un « faible impact » sur la prévention des crimes et délits, et tout particulièrement dans les espaces étendus et complexes, comme les espaces publics et les rues.
De même, celle-ci n’aurait qu’un « faible impact dissuasif » sur les atteintes aux personnes. Seule efficacité reconnue : celle concernant les atteintes aux biens dans les lieux fermés, notamment dans les parkings où elle participerait à la diminution des vols et des dégradations de véhicules. Quant aux élucidations judiciaires, souvent mises en avant par le gouvernement et les bureaux d’études, la présence de caméras s’avérerait « utile », mais « très marginale sur le plan statistique ».

Face à cette contestation scientifique, le gouvernement a mis en avant dès l’été 2009 sa propre étude sur « l’efficacité de la vidéoprotection ».  Un document aussitôt démonté par Tanguy Le Goff et son confrère Eric Heilmann, sur le site web du sociologue Laurent Mucchielli.

4 – Des conditions d’utilisation à définir

De prime abord, le bilan semble bien sombre ; néanmoins, les scientifiques se veulent optimistes. Selon eux, la vidéosurveillance peut être utile si l’on s’en sert correctement. Des objectifs précis et réalistes doivent être définis et les efforts engagés ciblés, pour obtenir des résultats significatifs, insiste le sociologue Eric Heilmann, qui prépare un nouvel ouvrage sur le sujet. Dans son étude, Tanguy Le Goff rappelle d’ailleurs l’effet renforcé de la vidéosurveillance lorsqu’elle est couplée à d’autres mesures de prévention de la délinquance, comme la mise en place d’équipes de gardiens, d’opérations de police ou de médiateurs sociaux.
Déjà, en mai 2008, l’Institut national des hautes études de sécurité listait dans un rapport, les conditions d’efficacité de la vidéosurveillance.

5 – Des élus pragmatiques

Dans ce contexte, si certaines villes affichent une utilisation zélée de la vidéosurveillance, d’autres semblent avoir pris la mesure du dispositif et de ses limites. La vidéosurveillance n’est qu’un outil de prévention et de sécurité parmi d’autres dans la panoplie du maire, constate Emmanuel Magne, responsable du centre de supervision urbaine de Lyon, l’un des plus importants de France, avec, à ce jour, 183 caméras. Le bilan que nous dressons est positif, mais il doit être mis en relation avec toutes les actions de prévention engagées par la ville. Même pragmatisme chez Bertrand Binctin, adjoint (UMP) au maire du Havre et vice-président du Forum français pour la sécurité urbaine : Il est en réalité impossible de savoir si la baisse constatée de l’insécurité est imputable à nos 71 caméras, aux forces de sécurité ou aux actions de prévention sociale. Ce n’est qu’un outil dans le triptyque prévention-dissuasion-répression. Tirant les leçons des évaluations scientifiques, de son côté, la ville du Mans se félicite d’une mise en place raisonnée, en n’affectant les caméras qu’à la surveillance d’espaces fermés ou dans les transports, là où leur efficacité est démontrée. Certaines municipalités se montrent encore plus circonspectes. Déplorant l’opacité la plus totale, Emilie Thérouin, adjointe (Verts) au maire d’Amiens, propose ni plus ni moins qu’un « moratoire, c’est-à-dire l’arrêt de l’extension du dispositif » dans la ville. D’autres communes vont même jusqu’à envisager de faire marche arrière, comme Toulouse où un possible démontage des caméras est évoqué. Selon le maire adjoint (SE), Jean-Pierre Havrin, « quand les maires ont un problème de sécurité, ils augmentent le nombre de policiers ou déploient des équipements dans les rues. A mes yeux, c’est un leurre pour occulter les vraies questions de fond ».

Les conditions d’efficacité d’un système de vidéosurveillance

  • établir un diagnostic de sécurité,
  • définir une stratégie globale (coopération avec les forces de police, information du public, intégration aux projets immobiliers urbains) selon la finalité assignée au dispositif,
  • choisir des lieux pertinents d’implantation,
  • associer tous les acteurs,
  • gérer le matériel en vue d’optimiser le travail des opérateurs,
  • former les personnels,
  • mettre en place de protocoles d’interventions communs entre les opérateurs et les policiers,
  • élaborer critères d’évaluation…

Source : « Vidéoprotection : conditions d’efficacité et critères d’évaluation », Inhes, mai 2008
Source : DLPAJ, ministère de l’Intérieur

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