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[REPORTAGE] QUAND LE SERVICE PUBLIC S'EN VA (8/10)

A Cemboing, la baisse de la population a eu raison de l’école

Publié le 01/07/2019 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : France

Cemboing-ecole
C. Rozotte / Divergence
« La Gazette » vous propose une série de reportages pour rendre compte de la réalité du recul des services publics. Cette semaine, direction Cemboing, où le regroupement pédagogique intercommunal a fermé à la rentrée 2018, faute d’effectifs. Les enfants sont désormais scolarisés à Jussey, où un pôle éducatif est en train de sortir de terre.

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Quand les services publics s’en vont

[Cemboing (Haute-Saône) 180 hab.] La classe où Adrien Quinet, instituteur, donnait cours aux CE2, CM1 et CM2 de Cemboing (183 hab., Haute-Saône) semble figée dans le temps. Des coloriages égayent encore les fenêtres, les placards abritent toujours peluches, mappemondes et autres trésors, et un petit sac est encore accroché à une patère du vestibule.

Pour y accéder, on peut passer par la salle de réunion de la mairie, qui a accueilli pendant les deux dernières années la restauration scolaire, puis traverser la cour et monter une volée de marches où tout le monde posait pour la traditionnelle photo de classe.

Maïwenne et Louise auraient dû y avoir classe, mais elles sont désormais scolarisées en CE2 à Jussey, commune voisine de 1 600 habitants, dans deux classes différentes. La baisse démographique a eu raison de leur regroupement pédagogique intercommunal (RPI) l’année dernière.

Louise (à gauche) et Maiwenne dans leur ancienne salle de classe, avec Virginie Mignot la mère de Maiwenne.

Louise (à gauche) et Maiwenne dans leur ancienne salle de classe, avec Virginie Mignot, la mère de Maiwenne.

Le mobilier est en passe d’être vendu, ou plutôt bradé, car il n’est pas si simple de trouver preneur dans ce département qui a perdu plus de 2 000 élèves en quatre ans. « Nous avons vendu un tableau blanc interactif (TBI) et des petites fournitures à l’école de Vitrey-sur-Mance pour 100 euros, ainsi que du matériel de sport à la Fédération des œuvres laïques, pour 100 euros aussi », détaille Yves Mussot, conseiller municipal de 67 ans, ancien professeur de collège, et délégué du RPI fermé.

Des appartements à la place de la classe

La salle de classe de Cemboing « sera transformée en un ou deux appartements destinés à la location, d’ici à 2020 », indique le maire de Cemboing, Yvain Dargent. A 5 kilomètres de là, à Blondefontaine, la classe de l’institutrice Ludivine Schmidt, qui accueillait les CP et CE1, devrait connaître un sort similaire. Ces deux classes constituaient le RPI de quatre communes : Cemboing, Raincourt, Barges et Blondefontaine, environ 650 habitants au total. Né en 1978 pour sauvegarder leurs écoles, il ne comportait finalement plus que ces deux multiniveaux, l’un à Blondefontaine, l’autre à Cemboing.

Les élus comme les parents d’élèves et les deux enseignants se sont beaucoup investis afin d’offrir aux enfants de bonnes conditions d’apprentissage, dans un bassin de vie qui cumule « un certain nombre de difficultés », selon le vade-mecum de l’académie de Besançon sur la grande pauvreté et la réussite scolaire, publié en mars 2018.

Guy Larocherie, maire de Barges, Yvain Dargent, maire de Cemboing, Yves Mussot, délégué du RPI, conseiller municipal de Cemboing, Sylvain Barthelemy, maire de Raincourt (de gauche à droite).

Guy Larocherie, maire de Barges, Yvain Dargent, maire de Cemboing, Yves Mussot, délégué du RPI, conseiller municipal de Cemboing, Sylvain Barthelemy, maire de Raincourt (de gauche à droite).

Outre un TBI par classe, « les gamins bénéficiaient d’activités qu’ils n’ont pas à Jussey », souffle Yves Mussot. Ils allaient en effet à la piscine depuis une dizaine d’années, au ski une fois par an, sans compter les autres sorties culturelles. Mais avec 27 élèves lors de la dernière rentrée scolaire (treize en CP CE1 et CE2, et quatorze en CM1 et CM2), l’épée de Damoclès s’est faite trop lourde.

Désertification

« On s’était préparés psychologiquement à une fermeture, c’est la politique de l’Education nationale et de tous les services publics. On avait dit d’accord pour fermer le RPI quand le projet de pôle éducatif aurait pris forme à Jussey. Mais on nous a fait fermer plus tôt que prévu », regrette Sandra Guilbert, maman de Lilou, désormais scolarisée en CE2 à Jussey, dans la classe de Maïwenne.

Car à Jussey, à 5 kilomètres de là, un projet a émergé pour faire face à la désertification et aux chiffres inquiétants planant sur le collège, conçu pour 600 élèves, et qui en accueille actuellement moins de 300 : le réaménager pour qu’il accueille la maternelle, l’école primaire et le collège. Ce projet ne devrait être complètement achevé que d’ici 2020 ou 2021.

Cemboing-village2

Le village de Cemboing.

« Je n’ai aucune trace de cet accord qui leur aurait affirmé un maintien des moyens jusqu’à l’ouverture du pôle éducatif », indique la directrice académique des services de l’Education nationale de Haute-Saône, Liliane Ménissier. « C’est la baisse des effectifs qui a conduit à la fermeture du RPI. On ne pouvait pas tenir le maintien à deux classes, poursuit-elle. La proximité est forte avec Jussey, où les enfants allaient déjà en maternelle. »

Cemboing-Jussey-ecole

L’école maternelle de Jussey.

Les maires des quatre communes, craignant que le maintien d’une seule classe à Blondefontaine ne se traduise par une succession d’instituteurs remplaçants, ont finalement accepté de fermer leur RPI. « Chaque fois qu’un service public ferme, on le ressent comme un abandon du monde rural », confie Guy Larocherie, maire de Barges.

Cérémonie d’adieu

L’été dernier, les parents d’élèves se sont résolus à organiser une cérémonie d’adieu à l’école. « On a remercié les élus et tapissé la salle des fêtes de Cemboing de photos de classe, des années 1950 à aujourd’hui », se remémore Sandra Guilbert.

Maïwenne et Louise, qui jouent dans la salle de classe désertée, murmurent : « On est sûres qu’on pourrait refaire la classe. » Une rêverie de petites filles démentie par les chiffres ; selon un rapport de la commission des affaires culturelles et de l’éducation sur le projet de loi de finances pour 2019, la Haute-Saône est passée de 450 écoles en 1993 à 250 actuellement, notamment grâce à la constitution des pôles éducatifs. Le département est considéré comme précurseur dans la restructuration de son tissu scolaire.

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