Hydrogène : comment la profession veut développer la filière

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Hydrogène : comment la profession veut développer la filière

Par • Club : Club Techni.Cités

M.Peres/Région Auvergne-Rhône-Alpes

A l’occasion d’une matinée consacrée à l’hydrogène, l’Afhypac a réaffirmé ses ambitions et ses objectifs pour développer la filière et concrétiser les projets sur le terrain. Avec le but affiché d’obtenir des soutiens financiers et politiques pour « changer d’échelle ».

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Une bouffée d'oxygène pour l'hydrogène

« Changer d’échelle, cela passe par un travail de lobbying ». Les responsables de l’Afhypac (Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible) assument leur position. A l’invitation de l’Afite, le réseau d’experts pour l’environnement, l’Afhypac a organisé une matinée pour faire le point sur les réalisations en cours et attendues depuis que l’Ademe a révélé les onze premiers candidats retenus à son appel à projets « Ecosystèmes de mobilité hydrogène ».

La filière en a donc profité pour, à nouveau, faire entendre sa voix. Club des élus, groupes industriels, organismes de recherche, syndicats d’énergie, PME-PMI… toutes les parties prenantes de l’association étaient présentes pour balayer l’actualité dans les secteurs de la mobilité, de l’industrie et du bâtiment (pour le stockage de l’énergie notamment). « On a besoin de plus de visibilité auprès du gouvernement, confirme Philippe Boucly, président de l’Afhypac (…) Nous avons aussi un groupe de parlementaires très actif. Il va se mobiliser sur la future loi énergie-climat. L’objectif est que l’hydrogène ne soit plus perçu comme un produit chimique mais comme un vecteur de l’énergie. »

« L’économie hydrogène n’est pas mature »

Il faudra, pour cela, modifier le code de l’énergie, ce qui ouvrira la voie à de nouveaux financements potentiels, notamment européens. « En France, nous avons des grands groupes impliqués dans l’hydrogène, des PME innovantes, mais il faut faire décoller la filière », insiste aussi Régis Saadi, directeur commercial chez Air Liquide et membre de l’Afhypac. « Cette industrie est mature dans le monde, insiste-t-il, il faut maintenant la déployer à grande échelle sur notre territoire. Car l’économie hydrogène, elle, n’est pas mature ».

Pour passer à la vitesse supérieure, les acteurs de la filière ont choisi de développer l’offre pour susciter la demande. « En tant qu’élus membres de l’Afhypac, on prend comme modèle la filière déchets, explique Valérie Nouvel, vice-présidente du conseil départemental de La Manche. Il y a quelques années, on a changé les modes de tri et les bacs de collecte pour modifier les pratiques. Il faut donc développer les infrastructures autour de l’hydrogène et les utilisateurs viendront. »

Dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), l’Afhypac vise donc le déploiement d’une centaine de stations d’ici 2023 destinées à près de 5000 véhicules légers. Car si l’hydrogène a toute sa place pour « décarboner l’industrie », selon Philippe Boucly, « la mobilité est le secteur le plus mature pour développer l’hydrogène », rappelle Régis Saadi.

Première ligne de bus 100% hydrogène

Plus que les questions réglementaires (qui peuvent être levées en modifiant les textes de loi), le point de blocage reste les coûts. « C’est encore cher, reconnaît Régis Saadi, mais les coûts variables et d’usage sont intéressants. Les avancées technologiques nous permettent aussi d’être plus souples : nous avons désormais des contenants plus modernes, constitués notamment de composite, qui rendent les containers moins lourds. En compressant encore plus l’hydrogène, on peut en transporter plus. Le déploiement se fera par les usages et l’acceptabilité des coûts ».

La filière a donc toujours besoin d’un fort soutien financier pour se développer. Si les 100 millions d’euros annoncés par Nicolas Hulot l’année dernière lors du lancement du Plan hydrogène ne seront pas totalement au rendez-vous, on ne devrait pas être loin du compte. Grâce, en particulier, à un fléchage d’une partie de la TICPE. La filière peut d’ailleurs compter sur le soutien de l’Ademe, qui perçoit un potentiel énergétique et financier dans l’hydrogène.

« Le mot d’ordre est flexibilité. L’hydrogène apporte de la flexibilité d’usage et des technologies, souligne ainsi Luc Bodineau, coordinateur hydrogène à l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie. Cela ne se réduit pas au stockage. L’hydrogène est complémentaire à d’autres solutions, il est important dans la transition énergétique ». La clôture du deuxième appel à projets mobilité est attendue pour octobre prochain, avant le lancement d’un troisième volet consacré aux Outre-mers et aux zones non interconnectées. Dans le même temps, l’Ademe prépare pour cet automne une analyse précise sur le cycle de vie et l’empreinte carbone de l’ensemble de la chaîne (matières et matériaux utilisés, impacts environnemental…).

En attendant, les projets commencent à se concrétiser sur le terrain. Alors que le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez évoquera le sujet jeudi en marge du prochain Conseil régional, la première ligne de bus 100% hydrogène a été inaugurée vendredi dernier entre Auchel et Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais).

 

Les objectifs de l’Afhypac

Déploiement

  • Aujourd’hui : 30 stations ouvertes, dont la moitié privées ; 300 véhicules sur les routes, dont la moitié à Paris
  • 2023 : 5000 véhicules légers ; 100 stations alimentées par une production locale d’hydrogène

Economie

  • 2050 : 20% de la demande d’énergie finale ; 55 Mt de réduction annuelle des émissions de CO2 ; 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel (hydrogène et équipements) ; 15% de réduction des émissions locales ; 150 000 emplois

 

Dossier
Commentaires

2  |  réagir

05/07/2019 05h33 - Jean-Philippe

Je lis dans un article sur votre site : « Il faut donc développer les infrastructures autour de l’hydrogène et les utilisateurs viendront. » selon Valérie Nouvel, vice-présidente du conseil départemental de La Manche.

C’est très vrai. Mais il faudrait aussi que les utilisateurs disposent d’une offre. Dans le domaine de la mobilité, à quand une offre de véhicules pour les particuliers à prix acceptable et si possible européenne voire française ?

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27/06/2019 10h11 - studer

Normal pour des entreprises de vouloir se développer.
Dans la plupart des pays, notamment anglo-saxons, elles investissent massivement et elles bossent dur.
En France, on cherche des soutiens politiques et des aides publiques (ADEME) et la Transition Energétique est une bonne carte de visite.

Pour qui a le meilleur système, comparez les résultats économiques…

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