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Environnement

Canicule : les villes contre-attaquent

Publié le 23/07/2019 • Par Maëlle Bénisty • dans : A la une, France

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Météo France
Après une première vague de chaleur étouffante fin juin, un nouvel épisode caniculaire a fait son apparition avec un flux d’air chaud en provenance de la péninsule ibérique. Face à ce pic caniculaire, les villes peuvent agir pour accompagner, entre autres, les personnes vulnérables.

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Avec ce nouvel épisode de forte chaleur, Paris, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Orléans, devraient par exemple voir sérieusement chauffer le thermomètre jusqu’à vendredi. Ce mardi, les températures ont approché les 40 °C dans la vallée de la Loire et le Sud-Ouest, et pourraient les dépasser mercredi et surtout jeudi. Météo France prévoit ainsi « 42 °C à Paris jeudi, alors qu’au plus chaud de l’épisode de fin juin on n’avait atteint que 36,5 °C ».

Dans ce contexte, 81 départements sont désormais placés en vigilance orange par Météo France, dont 5 pour orages. La circulation différenciée a été mise en place ce mardi à Paris ainsi qu’à Lyon. Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture a interdit le transport routier d’animaux aux heures les plus chaudes, entre 13 heures et 18 heures, « durant les épisodes caniculaires ». Le transport est toutefois autorisé si le véhicule est climatisé, s’il concerne trois animaux ou moins, ou bien s’il est nécessaire pour des raisons vétérinaires.

Face à ces fortes chaleurs, les villes peuvent agir pour accompagner, entre autres, les personnes vulnérables et mettre en place des mesures spécifiques pour agir face à une menace qui risque de devenir de plus en plus banale. Petit rappel des dispositifs en place.

 Le rôle majeur des maires

Face à la canicule, les villes ne sont pas inactives. Sur son site, l’Association des Maires de France rappelle le « rôle du maire » en cas de déclenchement du plan national de canicule, créé après l’épisode meurtrier de 2003 (15.000 décès). Les consignes à suivre, tant au niveau national que local, sont répertoriées dans le « Plan national canicule 2017 » (PCN) et une  plateforme téléphonique d’information du public « Canicule Info Service » est également ouverte à partir de lundi matin.

Pour rappel, l’Etat a mis en place quatre niveaux d’alerte allant du niveau 1 (veille saisonnière) au niveau 4 (mobilisation maximale). Les mesures de préparation à la canicule sont enclenchées dès l’entrée d’un département au niveau d’alerte 2 et il s’agit alors pour les communes d’informer les populations et de se préparer en cas d’une montée d’alerte au niveau 3. Celui-ci est activé à l’initiative du préfet, lors d’un passage au niveau de « vigilance orange » indiqué par Météo-France notamment.

Dans ce cadre, un maire a l’obligation de tenir et de mettre à jour un registre nominatif de recensement des personnes fragiles et d’utiliser tous les moyens possibles de communication pour diffuser des recommandations à suivre. Il doit également recenser des lieux « froids » qui peuvent accueillir les personnes vulnérables et prêter une attention particulière à l’entretien du réseau d’eau potable et de points d’eau gratuits de sa commune.

A Paris, des mesures spécifiques sont prévues

Particulièrement touchée par cette nouvelle vague de chaleur, la Ville de Paris a annoncé la mise en place du niveau 3 du plan canicule (niveau orange). Des mesures spécifiques, comme la circulation différenciée, la gratuité du stationnement résidentiel, la mise à disposition de salles rafraîchies, ont été prises.  La mairie avait déjà annoncé, dimanche 23 juin, une série de mesures lorsqu’elle avait activé le même niveau d’alerte.

La mairie rappelle à nouveau aux personnes vulnérables qu’elles peuvent s’inscrire sur le fichier « Chalex », grâce auquel elles ont la possibilité d’être contactées par téléphone pour recevoir des conseils et communiquer sur leur état.

Surtout, Paris encourage ses riverains à se rendre dans des « îlots de fraîcheur », reliés entre eux par des « parcours de fraîcheur ». Plus de 922 lieux de ce type sont recensés sur l’application EXTREMA PARIS et ils sont aussi bien permanents (jardins, équipements municipaux…) que temporaires. Les maraudes ont été renforcées, et 3 000 gourdes supplémentaires ont été distribuées par les équipes de maraude de la Ville. Des parcs et jardins supplémentaires disposant de fontaines à eau sont ouverts la nuit.

Lutter contre les « îlots de chaleur »

Si de tels épisodes de chaleur risquent de se multiplier, notamment à cause du réchauffement climatique, les villes doivent s’y préparer dès maintenant. « Au-delà de la gestion de l’urgence, il y a bien sûr une réflexion à mener sur les actions à mettre en place pour faire de la ville un acteur de la lutte contre les dérèglements climatiques », avance Patrick Nossent, président de Certivéa, un organisme de certification sur des enjeux liés à la ville durable.

Les principaux ennemis sont les « îlots de chaleur » urbains, qui se situent au centre des agglomérations. Amandine Crambres, ingénieure urbaniste à l’agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME) a rappelé sur France Inter qu’il pouvait y avoir une différence de 12 degrés entre le centre des villes et leurs périphéries. En cause notamment : le béton et l’imperméabilité des sols, ainsi que « la structuration même du paysage urbain » qui garde la chaleur.

Des solutions sont d’ores et déjà envisagées par certaines communes pour lutter contre l’effet « fournaise ». A Lyon, la Ville a commencé à dé-bétonniser certains sols, comme à Paris dans plusieurs cours d’écoles. Pour Amandine Crambres, la solution tient en une phrase : « Il faut redonner de la place à la nature et à l’eau dans les villes ».

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