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Urbanisme

Réinventée, la concertation peut mobiliser les foules !

Publié le 27/06/2019 • Par David Picot • dans : France

concertation-Paul-Boncour-BX
Aquitanis
Loin d’être une évidence pour les élus et les habitants, la concertation citoyenne se résume souvent à des réunions publiques à l’assemblée clairsemée. Afin de mobiliser, des acteurs publics et privés expérimentent des méthodes originales. Rarement utilisées, ces dernières interpellent sur l’opportunité de mettre en place une culture de la concertation au sein des collectivités.

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L’information est piochée dans « Le Parisien Ile-de-France et Oise » daté du 27 mai 2018. La veille, à Saint-Denis, sur plus de 100 000 habitants, seules cinquante personnes avaient participé à la première réunion de concertation sur les Jeux olympiques. Cinquante… Un exemple parmi d’autres, bien sûr, qui illustre la difficulté pour les élus et autres porteurs de projet de mobiliser les citoyens autour de programmes d’aménagement.

Quant à accueillir une assemblée un brin représentative de la population, ils n’y songent même pas. Au contraire, le processus général de concertation citoyenne est bien souvent perçu comme une obligation – sinon une contrainte – légale. Et non comme « un moyen pragmatique et enthousiasmant de mieux fabriquer la ville de demain », souligne l’Ademe dans un cahier méthodologique sur le sujet (1).

« Peu mobilisatrices, les réunions publiques sont souvent vécues comme des passages obligés », estime Roland Thaler, gérant de l’agence Altitude, spécialisée dans la concertation. Plutôt que d’attendre que le public se déplace, le défi reste donc d’aller à sa rencontre. Idéalement sur fond d’originalité et d’imagination, d’autant plus lorsque le sujet ne fait guère rêver les foules.

Le Scot au lycée

A l’image de la révision du schéma de cohérence territoriale, le Scot. Il attire si peu qu’au syndicat mixte des rives du Rhône (6 EPCI, 274 600 hab., Isère, Loire, Ardèche et Rhône), Cédric Lansou, chef de projet « système d’information géographique – cartographie », et son équipe ont déployé un plan de mobilisation qui commence par… les élus ! Au-delà des classiques fiches pratiques « qu’est-ce que le Scot ? » ils organisent des visites de terrain avec des conseillers municipaux et communautaires. Le syndicat mixte a par ailleurs réalisé des photos aériennes de chaque commune, à afficher dans les mairies, le logo du Scot bien visible : « Cela contribue également à le faire connaître », explique Cédric Lansou.

Des actions sont en outre déployées vers le grand public, en particulier les jeunes. Et pour cause, « avec le Scot, nous nous projetons sur vingt à vingt-cinq ans », poursuit le chef de projet, qui parle « schéma de cohérence » dans les lycées. L’aménagement du territoire y est appréhendé sous la forme d’un jeu de rôles entre le maire, l’agriculteur, le propriétaire de gîte, etc. Et une bande dessinée a été réalisée avec une école lyonnaise, « pour scénariser les enjeux d’aménagement. Elle est distribuée dans les mairies, les lycées et les collèges », précise-t-il, non sans nier « les difficultés pour mettre en place ce style de travail ».

Scot, donc, mais aussi plan local d’urbanisme (PLU). « Afin de rassembler du public, il est parfois préférable de préférer à ces acronymes des enjeux plus évocateurs comme les mobilités ou les espaces verts », estime Roland Thaler. Illustration à Rennes (216 300 hab.) avec la campagne « Rennes 2030 », qui a fait office de concertation préalable à la révision du PLU, terminologie plutôt discrète sur les supports de communication. « Vous la voulez comment votre Rennes en 2030 ? » interpellaient les affiches, renvoyant vers des dispositifs physiques (cafés citoyens, ateliers-débats thématiques, balades urbaines guidées, etc.) et numériques, destinés à alimenter la réflexion et à élargir le cadre de la concertation.

Ambiance marché local

Pour une approche environnementale de l’urbanisme, Teyran (4 600 hab., Hérault) a aussi rayé l’expression « réunion publique » de son vocabulaire. Il était question de « forum », ambiance marché local avec des stands, des binômes constitués d’élus et d’experts, et des habitants qui déambulaient, carnet de notes en mains.

Mobiliser pour mieux concerter ensuite, c’est également l’approche retenue par la Société d’aménagement de la métropole ouest Atlantique à travers le projet Ilotopia et le quartier République (Les Ponts, sur l’île de Nantes) un faubourg ancien qui abritait autrefois les travailleurs des chantiers navals. Pour le repenser, elle a fait appel à un anthropologue à la démarche spécifique.

Avec son équipe composée « de designers, d’artistes et de bricoleurs », Stéphane Juguet, de l’agence What Time Is I.T., a d’abord investi un ancien garage automobile, au cœur du quartier : un « lieu où l’on se réunit et où l’on imagine les possibles, décrit-il. Nous testons aussi des idées, grandeur nature ». Mais, auparavant, « il s’agissait d’aller chercher la parole des gens que l’on n’entend plus, ceux qui ne viennent pas aux réunions car ils s’estiment trop peu qualifiés ou n’ont pas le temps ».

Bivouac avec les habitants

D’où son dispositif de concertation « hors les murs », directement dans l’espace public à partir d’outils qui interpellent passants et passantes. A l’image de ce bus vintage réaménagé, ce « comptoir urbain » en forme de cube ou ce vélo à quatre roues ! Au départ du projet, ils ont été posés devant la maison de quartier et la halte de nuit, à la sortie des écoles, dans les parcs, les rues commerçantes, etc.

« En quatre mois, nous avions constitué un fichier de 300 contacts », a recensé l’anthropologue. Le préalable à une première réunion publique qui a fait salle comble, dans le fameux garage, un soir de mai 2017. « L’enjeu est de dédramatiser la prise de parole. Nous allons chercher les imaginaires plutôt que les opinions, car tout le monde n’en a pas forcément sur ces sujets complexes d’aménagement de l’espace public », explique-t-il.

De la concertation à la coconstruction, parfois, il n’y a qu’un pas qu’Aquitanis, l’office public de l’habitat de Bordeaux métropole (19 700 logements), a franchi en 2016 avec le projet de démolition-reconstruction de la cité Paul-Boncour, à Bordeaux. Un programme ambitieux de 130 logements sociaux avec du R+7 et des débuts délicats. « Les riverains avaient commencé par nous dire qu’on ne pouvait pas construire car nous étions en zone inondable », a détaillé Bernard Blanc, alors directeur général du bailleur-aménageur, en juin 2017, lors des rencontres nationales de Scot. « Puis nous avons évoqué la mise en place de pilotis, l’histoire du lieu… »

La concertation initiale s’est progressivement muée « en huit mois de bivouac, sur place, avec les habitants ». Lesquels ont finalement réalisé le projet avec le maître d’ouvrage, avant d’aller le défendre auprès de la mairie.

Une culture de la participation

Même s’il est question d’originalité ou d’innovation, pour Clément Mabi, chercheur à l’université de technologie de Compiègne, « il n’y a pas de secret : pour avoir du public, il faut aller le chercher. Il est illusoire de tout attendre des outils numériques. Ce n’est pas parce que l’on ouvre une page Facebook que l’on est original et que l’on va attirer des jeunes ». A ses yeux, l’enjeu est surtout de constituer un « terreau citoyen de la concertation. La plupart des collectivités concertent au coup par coup, projet par projet. Il faut construire une culture de la participation. Pour cela, il faut accompagner les habitants ».

Et Clément Mabi de conclure : « Que la consultation soit numérique ou physique, l’enjeu – et la difficulté — est aussi d’accompagner les habitants, en dehors des temps de concertation, de façon à ce que les communautés se consolident. »

 

« Le numérique prolonge les débats »

FANNY-BRÛLEBOISFanny Brûlebois, directrice générale du cabinet de conseil OpenCitiz (2)

« Outils de vote, de dialogue, de sondage, d’appel à projets, de signalement et même de cartographie… l’outil numérique dédié doit tout d’abord être adapté à la stratégie de concertation. Dans tous les cas, la meilleure approche est d’allier ces outils aux démarches en présentiel. Le numérique permet à des personnes qui n’ont pas le temps ou l’envie de venir aux réunions de s’exprimer. Il va aussi prolonger les débats. A condition toutefois de bien communiquer en amont, de modérer et d’animer les débats. Et, enfin, de faire des retours aux habitants. Ce dernier point correspond à une vraie attente. Il est indispensable. »

 

« Nous avons utilisé des outils plutôt que la parole »

Jean-Luc CharlesJean-Luc Charles, directeur général de la Société d’aménagement de la métropole ouest Atlantique (3)

« Avec 2,6 millions d’euros, nous n’avions pas la capacité financière d’aménager l’ensemble du faubourg République sur l’île de Nantes. Le travail de concertation a d’abord consisté à retenir les sites et les lieux à aménager en priorité, selon les habitants. La population a été associée à la conception, au prototypage et à la réalisation de travaux sur l’espace public. J’insiste sur la partie de prototypage au cours de laquelle des habitants ont collaboré avec l’agence What Time Is I.T. pour réaliser, par exemple, du mobilier urbain et le tester grandeur nature. Cela a permis à un public qui ne se déplace pas aux réunions de concertation habituelles de s’exprimer différemment : non pas avec la parole, mais des outils à la main ! Est-ce reproductible ? Il n’y a pas de modèle. Disons qu’ici, le schéma s’y prêtait : un quartier singulier et, au cœur, une friche qui a servi de repaire. C’est aussi un travail de longue haleine, démarré mi-2017. »

Notes

Note 01 « La Participation citoyenne », 2016. Retour au texte

Note 02 Fanny Brûlebois a collaboré au guide « Le numérique va-t-il hacker la démocratie locale ? », Caisse des dépôts, 2018. Retour au texte

Note 03 La Samoa assure le pilotage global du projet urbain de l’île de Nantes. Son principal actionnaire est Nantes métropole (24 communes, 638 900 hab.). Retour au texte

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