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Politique de la ville

« Il faut arrêter de traiter les quartiers comme une exception ! »

Publié le 18/06/2019 • Par Louis Gohin • dans : Actu prévention sécurité, France

mohamed mechmache
D.R.
Alors que le gouvernement vante son bilan dans les quartiers prioritaires, Mohamed Mechmache, président d'ACLEFEU et figure de la coordination Pas sans nous, s'inquiète du silence qui règne dans les banlieues et appellent les pouvoirs publics à revoir les subventions aux associations et à mobiliser les financements des ministères. Nommé au sein du Conseil présidentiel des villes, il revient également sur cette instance placée auprès du chef de l'Etat qui doit,estime-t-il, servir "comme levier et non comme vitrine".

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Un an après le lancement de la feuille de route du gouvernement en faveur des banlieues, quel premier bilan tirer ?

Le 13 juin dernier, à la Grande Halle de la Villette, le ministre Julien Denormandie réunissait 600 acteurs de la politique de la ville sous la bannière « La grande équipe de la réussite républicaine » et vantait la mise en oeuvre d’une série de mesures comme le dédoublement des classes de CP et CE1, le déploiement de 30 000 offres de stage pour les élèves de 3ème ou encore la mise en place des cités éducatives.

Du côté des collectivités et des porteurs de projet, l’appréciation est nuancée mais un certain consensus règne pour reconnaître l’enclenchement d’une dynamique. A l’instar des maires de banlieues, Mohamed Mechmache, figure de l’action associative, estime qu’il faut « aller plus loin ». entretien.

Un an après le lancement du plan gouvernemental, quels changements observez-vous sur le terrain ?

Le gouvernement a tenu compte de nos interpellations concernant les petites associations, la journée du 13 juin la Villette à Paris en a été la preuve. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Il faut notamment revoir les subventions aux grandes associations, qui ne sont plus très présentes sur le terrain, ou qu’elles revoient leur copie. Certaines vendent même de la prestation de service dans les quartiers alors même qu’elles touchent des subventions, ce n’est pas tolérable.

En revanche, la suppression des emplois aidés a été une erreur fondamentale. Et les emplois francs ne sont pas adaptés au fonctionnement des petites associations. Il faut mettre en place un fonds d’initiative citoyenne, indépendant des collectivités, pour subventionner des micro-projets tout en sortant du clientélisme. À cette fin, un rapprochement est envisagé actuellement entre une fondation et un financement public.

Le projet des cités éducatives est intéressant, il serait bon de mettre l’enfant et les parents au cœur de l’éducation. Je suis beaucoup plus sceptique sur les maisons de services au public (MSAP). Si les services sont concentrés au pied d’un immeuble, les habitants ne sortent plus du quartier, ne se retrouvent plus en centre-ville. Il est facile, après cela, de les accuser de communautarisme.

Vous avez exprimé vos préoccupations dans le cadre du Conseil présidentiel des villes (CPV). Un an après sa création, où en est le dialogue avec le gouvernement ?

Nous avons rencontré des ministres et des conseillers ministériels. Nous avons élaboré ces recommandations en se réunissant tous les deux mois, en groupes de travail thématiques…

Nous attendons maintenant de rencontrer le président (nous ne l’avons pas revu depuis la création du CPV), pour qu’il puisse valider nos propositions.

Celui qui a nommé le CPV doit en faire une instance importante. Dans son propre intérêt, dans celui des élus de proximité et surtout, dans celui des habitants. Les revendications des gilets jaunes, nous les portons depuis vingt ans dans les quartiers populaires. Nous avons également alerté sur la situation des territoires ruraux, que nous avons parcourus pendant dix ans après les révoltes de 2005. Il faut que le gouvernement entende enfin les voix qui œuvrent sur le territoire. Qu’il se serve du CPV comme levier et non comme vitrine ou comme caution.

Qu’est-ce que le CPV apporte de plus que le Conseil national des villes (CNV), finalement ?

Le CNV est composé d’acteurs locaux, dont des élus, et rend des avis notamment à la demande du gouvernement. Il a de plus un budget de fonctionnement, à la différence du Conseil présidentiel des villes. Le CPV est composé de citoyens, d’acteurs de terrain détenant une expertise, mais pas d’élus. Il est censé avoir accès direct au président…

Nous restons des interlocuteurs avec qui il est possible de discuter, il faut en profiter. Emmanuel Macron doit envoyer des signaux forts aux nouvelles générations, leur montrer que le CPV n’a pas servi à rien. Si c’est encore pour faire disparaître tout espoir de la part des habitants des quartiers, il faut s’attendre au pire.

En 2005, nous avons fait en sorte que personne ne reste sur le carreau, mais il n’est pas sûr que le bilan soit le même la prochaine fois. La « quatrième génération », dont les arrières-grands-parents sont issus de l’immigration ne communiquera que par la violence, parce que c’est la seule chose qu’elle ait vécue : une violence physique (révoltes de 2005, violences policières…) et une violence institutionnelle (plafond de verre, discrimination). Nous observons une recrudescence de règlements de comptes, commis par des personnes de plus en plus jeunes. Ce n’est pas sans lien.

Que recommandez-vous ?

Des fonds publics doivent être investis et fléchés vers des acteurs associatifs de proximité qui ont le savoir-faire, l’expertise et les codes pour agir en matière de formation, d’entrepreneuriat, d’échec scolaire… Je vous garantis qu’ils seront bien utilisés, parce que nous vivons avec les jeunes et ne voulons pas qu’ils finissent mal.

Il faut surtout que les responsables politiques prennent conscience de l’urgence. Quand on n’entend plus rien dans ces quartiers, quand on ne voit plus d’animation dans les rues, c’est justement là que la situation peut exploser. Il faut arrêter de nous traiter comme une exception, comme on le fait depuis quarante ans. Tous les ministères doivent faire de la ville leur priorité.

C’est tout l’inverse quand la police n’est plus présente à la sortie des écoles, quand les agents les moins aguerris sont envoyés dans les quartiers qui ont le plus besoin de sécurité. Quand nos établissements scolaires voient se succéder des professeurs qui sortent de l’école, alors que les habitants sont encore plus dépendants d’un système éducatif doublement efficace. Quand la richesse économique ne bénéficie pas au tissu local. Quand la rénovation urbaine est confiée à de grandes entreprises et laissent les petits entrepreneurs locaux en spectateurs.

Quand les départs en retraite des médecins ne donnent pas lieu, en remplacement, à des maisons de santé. Quand les administrations ne sont plus à l’image des habitants. Quand les services publics ne sont plus présents dans les territoires. Je suis extrêmement inquiet de la situation qui résulte de ce manque flagrant d’équité.

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