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Lutter contre le mal de dos

| Mis à jour le 10/12/2019
Par • Club : Club Techni.Cités
Sources : Technicités 

© SMICTOM D’ALSACE CENTRALE

Les activités de collecte et de traitement des déchets sont identifiées comme étant les plus à risques pour les agents. Depuis plusieurs années, le Smictom Alsace Centrale a mis en place une politique de prévention à l’intention de ses 150 agents.

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Prévenir les risques professionnels : une nécessité pour le bien-être des agents

Déplacer des poubelles, les soulever, charger et décharger des objets lourds pendant la collecte des encombrants ou dans les déchèteries, trier les déchets dans les centres de collecte sélective… Dans le secteur des déchets, à peu près toutes les activités sont génératrices de risques pour les agents.

Le Smictom Alsace Centrale, qui réunit 130 000 habitants et 90 communes adhérentes, en a conscience et a engagé, depuis plusieurs années, une politique de prévention qui concerne toutes les activités du service déchets – qui compte huit déchèteries, un centre de tri, un centre de stockage, et un quai de transfert, et emploie quelque 150 agents.

Rôle des agents des déchèteries

Au niveau des déchèteries, les agents n’ont plus le droit d’aider les particuliers à décharger la cargaison de leur voiture pour la jeter dans les bennes. « Dans les années 1990, les déchèteries comptaient seulement 4 bennes et 20 à 30 dépôts par jour. Aujourd’hui, elles totalisent 25 flux et 300 dépôts par jour, ce qui représenterait 11 tonnes à manutentionner par agent. C’est impossible », explique Grégory Gilgenmann, chargé de prévention au Smictom Alsace Centrale.

Dès 2010, un règlement a été mis en place, accompagné par une communication par affichettes sur les sites, afin que les usagers comprennent qu’il ne s’agissait pas d’une baisse du service public. Les agents sont désormais présents pour accueillir, informer et gérer la circulation en cas d’affluence. « Désormais, c’est bien intégré par les usagers », commente Grégory Gilgenmann.

Collecte en porte-à-porte

Autre changement, au niveau de la collecte des bacs, qui se fait majoritairement en porte-à-porte. Depuis les années 1990, les bacs sont normalisés et les camions équipés de lève-conteneur : les rippeurs n’ont donc plus besoin de soulever les poubelles.

Dans les années 2000, c’est la collecte des encombrants qui, petit à petit, a été arrêtée. Un grand pas a été franchi en juin 2017 avec l’arrêt du fini-parti, cette pratique qui permet aux agents de rentrer chez eux une fois la tournée de collecte terminée. « Il y a eu de nombreuses discussions avec les agents, les représentants du personnel et les syndicats, et nous n’avons pas eu de grève », précise Grégory Gilgenmann. Les horaires de travail sont désormais encadrés. À leur retour de tournée, les agents sont missionnés pour des travaux de nettoyage dans la collectivité. « Cela a permis de diminuer la vitesse de collecte », assure le chargé de prévention.

Intervention d’un ergonome

Dernier axe de prévention : le centre de tri. Créé en 2014 sur le modèle du tri positif (les agents retirent du flux les déchets à recycler), il a été rénové en 2014, en passant au tri dit négatif. Le tri est alors essentiellement mécanique, les agents retirant du flux triés les indésirables, ce qui diminue nettement le nombre de gestes à effectuer.

« Nous avons aussi été accompagnés par une ergonome du centre de gestion du Bas-Rhin. Elle a fait un état des lieux initial, via des entretiens avec des agents, des préconisations techniques qui ont été intégrées au cahier des charges de l’appel d’offres, et enfin un état des lieux à la livraison du centre de tri », détaille Grégory Gilgenmann.

Ces changements ont aussi permis au service de rester compétitif en comparaison avec le secteur privé. Depuis, le service a intégré le principe de l’amélioration continue pour continuer à optimiser les conditions de travail, avec des réunions régulières entre les agents et le responsable du centre de tri, en lien avec le comité technique et le CHSCT. Un travail de fond, mené en continu qui, au final, a fait évoluer la culture de la sécurité dans la collectivité.

« Le Smictom est exemplaire » – Christian Jacquel, ingénieur conseil à la Carsat Alsace-Moselle

« La Carsat Alsase-Moselle a lancé en 2014 un programme d’action régional de quatre ans, jusqu’en 2018, sur la collecte et le tri des déchets ménagers et assimilés (DMA). C’est le centre de gestion du Bas-Rhin (CDG 67) qui nous a orientés vers le Smictom Alsace Centrale car il est exemplaire en matière de prévention des risques. De plus, il faisait partie des structures ciblées car il emploie aussi des salariés au régime général. Nous avons notamment proposé un diagnostic initial. Sur le sujet de la collecte des DMA, il a abouti à la suppression du fini-parti, après plus de deux ans de négociation. C’est un sujet RH avec un impact énorme sur la prévention. »

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