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Sécurité

« Attentat et vidéosurveillance à Lyon : halte à la démagogie ! »

Publié le 04/06/2019 • Par Auteur associé • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France, Opinions

Mucchielli-Laurent
© Claude ALMODOVAR/LA GAZETTE
Alors que les élus de Lyon estiment que le dispositif massif de caméras a été décisif dans l'arrestation de l'auteur du colis piégé du 24 mai, le sociologue et directeur de recherche au CNRS, Laurent Mucchielli, s'étonne que l'on valorise ainsi la vidéosurveillance, qui « n'a jamais empêché un attentat » et est bien souvent inutile. C'est ce qu'il déclare dans une tribune transmise à la Gazette.

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Le vendredi 24 mai, dans le centre de Lyon, un jeune homme a fait exploser à distance un colis piégé de faible puissance, faisant 13 blessés légers. On ignore encore les raisons de son geste, comme son profil psychologique. Il a été arrêté le lundi suivant. L’enquête était diligentée par la section anti-terroriste du parquet de Paris.

Quatre jours plus tard, fait rarissime, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, publiait un communiqué rappelant que « l’enquête est couverte par le secret » et « qu’il est le seul à pouvoir rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ». Il visait le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son prédécesseur Gérard Collomb qui est aussi le maire de la ville. Le premier avait publié un tweet annonçant l’interpellation du suspect alors même que son domicile n’avait pas encore été perquisitionné, fragilisant le travail des policiers qui ne consiste pas uniquement à arrêter un suspect mais également à comprendre son environnement et retrouver des complices. Quant à Gérard Collomb, il s’empressait d’annoncer l’interpellation d’un deuxième suspect, alors même que sa garde à vue n’avait pas commencée, ce qui offre un argument à son futur avocat. Il donnait par ailleurs des détails sur les opérations de police, dans le but de valoriser le système de vidéosurveillance de la ville. Son adjoint à la sécurité prenait ensuite le relai, justifiant les millions investis et s’en prenant aux rares voix exprimant un autre son de cloche dans le débat public. Enfin, hasard étonnant, depuis une semaine les articles se multiplient dans la presse pour s’interroger sur le besoin de développer la vidéosurveillance et d’y introduire la reconnaissance faciale.

A tous ces discours, il faut opposer les faits suivants :

  1. La vidéosurveillance n’a jamais empêché un attentat. Au mieux, elle fournit des images après coup, quand les gens sont déjà morts ou blessés. La grande ville la plus vidéosurveillée de France, Nice, en a fait la dramatique expérience le 14 juillet 2016.
  2. Les terroristes étant généralement des kamikazes qui se suicident dans leur acte, la vidéosurveillance est donc également souvent inutile après coup.
  3. Les images de l’auteur présumé fournies par la vidéosurveillance de Lyon ont permis de retracer en partie son itinéraire, mais elles sont très floues et ne pourront probablement pas être reconnues comme preuves de sa culpabilité lors du futur procès, à la différence de son ADN ou de ses relevés bancaires par exemple.
  4. La reconnaissance faciale consiste, comme son nom l’indique, à identifier une personne déjà connue de la justice. Elle ne sert à rien lorsqu’il s’agit d’un inconnu comme à Lyon. Par ailleurs, la reconnaissance faciale suppose la connexion à un fichier de police ou de justice, auquel les services municipaux qui gèrent la vidéosurveillance n’ont pas accès. Enfin, pour être exploitable, cette connexion suppose un très haut degré de technicité, donc un coût très élevé.
  5. Les expériences de reconnaissance faciale en Angleterre et aux Etats-Unis indiquent qu’elle peut être trompée si les criminels dissimulent leurs traits.
  6. Ces technologies pèsent lourdement sur les budgets publics et empêchent d’investir suffisamment dans le travail policier de renseignement et de proximité qui peut seul permettre d’agir en amont pour prévenir les crimes.
  7. Toute discussion sérieuse sur ces questions doit tenir à distance la démagogie politique, le marketing des industriels et les imaginaires de type cinématographique. Elle doit aussi tenir compte des principes démocratiques de respect de la vie privée et des libertés publiques.

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