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TERRITOIRES
La région Île de France de plus en plus inégalitaire
Maëlle Bénisty | France | Publié le 04/06/2019

Des territoires de richesse qui se consolident et des secteurs entiers qui se paupérisent... La région Île-de-France est celle où les inégalités sont les plus fortes, d'après une étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme parue lundi 3 juin.

politique-ville-illustrationC’est un constat accablant qui se vérifie d’année en année : les inégalités en Ile-de-France ne cessent de s’aggraver. C’est ce que montre une étude publiée le 3 juin, par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU-IDF) et intitulée « Gentrification et paupérisation au cœur de l’Île-de-France ».

Territoire de contrastes, la région Île-de-France comporte encore des « espaces mixtes » où différentes catégories sociales cohabitent. Près d’un tiers des ménages franciliens vit dans ces communes dont Clamart (Hauts-de-Seine) ou encore Joinville-Le-Pont (Val-de-Marne), selon l’IAU.

Mais la tendance révélée par l’organisme est plutôt celle d’une forte polarisation entre secteurs très aisés et secteurs très pauvres. D’un côté, des arrondissements parisiens comme le 7ème et le 8ème ou encore Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où l’entre soi des catégories aisées s’entretient par l’augmentation des prix de l’immobilier. De l’autre, des communes comme Grigny (Essone) ou Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, dont les nombreuses citées ont notamment inspirées Ladj Ly pour son film Les Misérables, primé au dernier Festival de Cannes.

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Autre phénomène : une partie des classes moyennes supérieures afflue dans des quartiers un peu moins centraux, comme les 18ème et 19ème arrondissements parisiens. Ce phénomène est particulièrement marqué dans le 18ème où la part des ménages les plus riches a augmenté de 3,6 et celle des ménages les plus pauvres a baissé d’autant . Cette tendance concerne aussi bien des « espaces mixtes » comme Malakoff (Hauts-de-Seine) ou Maisons-Alfort (Val-de-Marne) que des quartiers de communes pauvres comme Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Résultat, les contrastes sociaux s’accroissent dans ces villes où la gentrification ne résout pas la paupérisation globale.

Le résultat le plus préoccupant de l’étude concerne les territoires les plus pauvres. L’IAU évoque une « paupérisation absolue de secteurs urbains entiers », chiffres à l’appui. Dans 44 des communes parmi les plus pauvres de la région, où vivent 15 % des Franciliens, le revenu médian en euros constants a encore baissé entre 2001 et 2015. L’étude cite pourtant quelques exceptions à cette spirale de pauvreté, comme Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) et  Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). La construction et les choix des types de logements nouvellement offerts sont au cœur de ces améliorations, qui restent néanmoins très rares.

REFERENCES


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