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Formations

Les bibliothécaires se remettent sans cesse à la page

Publié le 05/06/2019 • Par Judith Chetrit • dans : Actualité Culture, France, Toute l'actu RH

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Développement du numérique, diversification des activités, élargissement de la fréquentation, renouvellement des pratiques culturelles… Les formations des agents des bibliothèques territoriales évoluent pour consolider les acquis et les ouvrir à d’autres compétences.

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Journées d’études, ateliers, partage d’expériences : les agents des bibliothèques s’interrogent régulièrement sur le vécu de leur métier, l’évolution de leur identité professionnelle et le sens de leurs pratiques. Tantôt professionnels de l’information et de la lecture publique, tantôt animateurs et médiateurs, ils sont quelque 38 000, quelle que soit leur catégorie, à jongler entre livres et services pour s’adapter aux usages et nouvelles missions qui leur incombent. Une équation qui répond aussi à des enjeux de fréquentation : selon le rapport « Orsenna » remis au ministère de la Culture en 2018, 40 % des Français se rendent au moins une fois par an dans une bibliothèque ou un point lecture, faisant de cet équipement culturel le lieu le plus visité après les cinémas.

Cela fait déjà plusieurs années que la formation initiale des conservateurs territoriaux a été réorganisée, relevant non plus de l’Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib), mais de l’Institut national des études territoriales (Inet). Après leur réussite au concours, les bibliothécaires et assistants territoriaux bénéficient, eux, de quelques jours d’adaptation au poste contre une formation de plusieurs mois antérieurement. La formation professionnelle est ainsi devenue un moyen d’action plus que nécessaire pour actualiser leurs connaissances et échanger entre pairs sur leurs offres et quotidiens respectifs. Un constat que partage Christophe Pavlidès, directeur de Médiadix, le centre régional de formation des carrières des bibliothèques (CRFCB) en Ile-de-France : « De plus en plus de gens entrent dans la profession en mettant immédiatement le pied à l’étrier. Les formations au numérique, au traitement documentaire et à l’accueil du public ont encore beaucoup de succès. La polyvalence de notre identité professionnelle ne peut être effective que si correctement accompagnée par la formation, ce qui n’est pas toujours facile à faire comprendre aux décideurs. »

Rapport au livre

Alors qu’un usager sur deux n’emprunte pas de document, Erik Orsenna relayait déjà dans son rapport une partie des interrogations des agents qui estimaient que les missions prévues étaient « trop centrées sur le rapport au livre et pas suffisamment sur le rapport au public », suggérant ainsi de développer le recours à des modules de formation sur les publics, le management, l’action culturelle et le numérique. Pourtant, ils sont nombreux à pointer le manque de temps et de budget à y consacrer en fonction des exigences des collectivités, quitte à privilégier l’autoformation. D’autant plus que les reconfigurations territoriales font également évoluer leur travail et l’organisation des postes et des missions. « Une partie des formations prisées porte sur la notion de réseau et de partenariat : comment répondre aux logiques de territoire pour travailler avec d’autres structures ? Comment faire le lien avec l’action culturelle ? », développe Anne-Laure Exbrayat, responsable du pôle « culture » au CNFPT, qui poursuit actuellement une évaluation de l’offre en vue d’une « meilleure lisibilité ». Ainsi, leurs modules ne figurent pas aujourd’hui, par exemple, sur la plateforme Bibdoc, animée par l’Enssib et censée agréger l’ensemble des propositions de formation sur le territoire national.

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