Prévention des déchets

Des mesures simples réduisent les déchets issus du tourisme

Par • Club : Club Techni.Cités

unwashed dish with food garbage and fly at unhealthy unclean dirty restaurant.

Korn V. Adobe Stock

Le projet européen Urban Waste confirme que des mesures simples peuvent réduire les déchets issus du tourisme. La difficulté est plus de changer les habitudes des opérateurs et de former les employés.

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Côté pile, le tourisme et ses retombées économiques. Côté face, le tourisme et son impact environnemental. C’est pour identifier et déployer des éco-actions efficaces en matière de réduction des déchets que le projet européen Urban Waste a été lancé, avec 27 partenaires, dont l’Observation régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif). Après trois ans d’études et d’expérimentations, il s’achève à la fin du mois de mai 2019. Il a mobilisé un budget d’environ 4,2 millions d’euros en provenance du programme H2020.

Onze villes touristiques en Europe ont accueilli des expérimentations : Copenhague (Danemark), Dubrovnik (Croatie), Florence et Syracuse (Italie), Kavala (Grèce), Lisbonne et Ponta Delgada (Portugal), Nicosie (Chypre), Santader et Tenerife (Espagne), et Nice en France.

22 éco-gestes à tester

Dans un premier temps, l’étude a cherché s’il existait un lien entre la production de déchets et la fréquentation touristique. « C’est le cas à Tenerife, dans l’archipel des Canaries, où 52 % de la population est composé de touristes, qui génèrent un flux continu de déchets. Mais ce n’est pas le cas à Lisbonne, où les habitants quittent la ville pour les vacances quand les touristes – seulement 6 % de la population – arrivent », explique Maxime Kayadjanian, chef de projet Europe à l’Ordif, qui constitue désormais le pôle Déchet de l’agence d’urbanisme d’Ile-de-France. A d’autres endroits, ce lien n’a pas pu être étudié, faute de données : à Dubrovnik, par exemple, les données sur la production de déchets ne descendent pas en dessous de l’échelle nationale.

Comment, ensuite, réduire les déchets ? Pour les collectivités, il s’agissait de convaincre les professionnels du tourisme de mettre en œuvre des éco-gestes sélectionnés par la collectivité dans un panel de 22 mesures. Cinq objectifs étaient poursuivis. Tout d’abord des guides multilingues ont été édités.

Ensuite, cinq villes ont expérimenté des mesures pour réduire l’usage des plastiques. A Nice et Florence, 2200 gourdes réutilisables ont été distribuées, ainsi que 10 000 cartes de localisation des fontaines d’eau potable, voire d’eau pétillante.

Des mesures simples

Deuxième famille de mesures : réduire les produits jetables dans les hôtels, par exemple en fournissant gel douche et shampooing via des distributeurs fixés au mur. A Ponta Delgada, la mesure, déployée dans 231 chambres et trois hôtels, a évité la production de 1350 kg de déchets plastiques en cinq mois. Et à Lisbonne, la baisse a été de 19 % dans un seul hôtel de 169 chambres.

Troisième piste : améliorer le tri dans les établissements touristiques. En 5 mois, la baisse a été de 12 % dans des hôtels de Lisbonne, par exemple. Efficace, donc, à condition que le personnel soit formé – et comme il change souvent, ces formations doivent être reconduites chaque année, reconnaît Maxime Kayadjanian.

Un appui politique fort

La quatrième famille d’actions visait la lutte contre la production de déchets alimentaires, avec des plaquettes de sensibilisation pour inciter les clients à moins se servir pour ne pas jeter. Plus incitatifs : des assiettes plus petites ont été mises en service, ou encore des plats de forme ovale, pour limiter la place et donc réduire l’ambition des convives. Les déchets produits ont été pesés, ce qui a permis de constater une baisse du gaspillage alimentaire, entre 29 et 46 % dans les hôtels. A Nice, Florence, Kavala, des doggy bags ont été distribués aux clients des restaurants, entraînant une baisse de 7 % des déchets alimentaires en trois mois.

« Ce sont des mesures simples et efficaces, à condition d’être soutenu par un appui politique fort », commente Maxime Kayadjanian. La collectivité doit animer le projet, en suivant les hôteliers et les restaurateurs engagés.

 

Commentaires

1  |  réagir

20/05/2019 11h19 - ça gazouille

Quand on veut, on peut y arriver, il faut juste vouloir…
c’est tip top

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