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[reportage] Quand le service public s'en va (2/10)

A Barneville-Carteret, la trésorerie a fermé ses portes en silence

Publié le 17/05/2019 • Par Emilie Buono • dans : A la Une finances, Actu experts finances, Dossiers d'actualité, Régions

Dernier vestige du centre des finances publiques : un panneau dans le bourg de Barneville-Carteret. Désormais, la trésorerie se situe aux Pieux, chef-lieu de canton.
Dernier vestige du centre des finances publiques : un panneau dans le bourg de Barneville-Carteret. Désormais, la trésorerie se situe aux Pieux, chef-lieu de canton. Jean Michel Leligny / Andia.fr
« La Gazette » vous propose une série de reportages pour rendre compte de la réalité du recul des services publics. Cette semaine : direction Barneville-Carteret. Le 1er janvier 2019, la commune de la Manche a perdu sa trésorerie. La treizième à disparaître dans le département depuis 2010. Et sans doute pas la dernière au vu de la réforme lancée par Bercy…

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Quand les services publics s’en vont

[Barneville- Carteret (Manche), 2 237 hab.] Sur un rond-point au centre de Barneville-Carteret, un panneau indique encore la direction du centre des finances publiques. « On ne les a pas encore tous enlevés », admet Pierre Géhanne, le maire de cette commune de quelque 2 200 habitants. Et pour cause, la fermeture de la trésorerie, dont les locaux – municipaux – sont désormais occupés par une salle de sports, ne date que du 1er janvier. Après un an de sursis, elle a finalement clos définitivement ses portes, sur décision de la direction générale des finances publiques (DGFIP) qui a resserré son réseau local à la suite des regroupements des collectivités. « La trésorerie de Barneville-Carteret n’avait plus d’intercommunalité à gérer, donc ses missions sont parties vers d’autres centres », justifie ainsi Danielle Roger, à la tête de la direction départementale des finances publiques (DDFIP) de la Manche. Contrairement à d’autres communes, qui se sont fortement mobilisées contre la fermeture de leur trésorerie, le projet n’a pas suscité beaucoup d’émoi dans le village.

Pierre Géhanne, maire de Barneville-Carteret.

Pierre Géhanne, maire de Barneville-Carteret.

Le maire, tout en reprochant qu’il « n’y [ait] pas eu d’efforts de communication suffisants de la part de l’Etat [et qu’il y ait] encore des gens qui cherchent la trésorerie », affirme ne pas s’être « bagarré » pour le maintien de cet établissement, qui assurait à la fois le recouvrement des impôts des particuliers et la gestion budgétaire et comptable des collectivités. « Il y a de moins en moins d’activité : avec les regroupements de communes, on a perdu les syndicats d’assainissement, d’eau… Ce n’était donc pas choquant que l’on regroupe les trésoreries, dans une logique de rationalisation et d’économies. En revanche, ce qui me gêne, c’est que l’on fait la même erreur que d’habitude : on recentralise, on remet tout aux Pieux », explique l’élu de 72 ans, qui craint de voir d’autres services quitter sa commune.

Définir les priorités

Les Pieux, nouveau chef-lieu de canton situé à une quinzaine de kilomètres de Barneville-Carteret, est une « commune moins active, mais surtout vers laquelle les gens ne vont jamais ! Ce n’est pas notre zone de chalandise, on va plutôt vers Bricquebec ou La Haye-du-Puits », déplore Pierre Géhanne. La disparition de la perception laisse nombre d’habitants indifférents, à l’instar de Marie-Christine Caens, rencontrée sur le marché où l’on se prépare, en cette fin d’avril, au début de la saison touristique (1) : « Ce n’est pas un problème pour moi, je traite tout en ligne. Mais c’est plus gênant pour les personnes qui n’utilisent pas internet », réagit la retraitée, qui « serait plus attentive à un manque de médecins ». « Il faut savoir quels services on garde et définir les priorités. Pour moi, la trésorerie n’en est pas une », poursuit-elle.

Marie-Christine Caens.

Marie-Christine Caens.

Quelques étals plus loin, Danièle abonde : « Ils ne percevaient déjà plus le règlement de l’eau, ni des ordures ménagères. On paie tout sur internet directement. Il faut vivre avec son temps. » « C’est bien dommage ! » rétorque, à ses côtés, Christiane, qui y voit « un inconvénient pour ceux qui n’utilisent pas l’ordinateur ». Attablé autour d’un café au Bar du marché, à l’autre bout du village, Marc Postal déplore, pour sa part, l’éloignement des services publics, qui fait « mourir les bourgs ». « Pour le moindre truc, il faut faire des kilomètres. Qu’on nous rembourse le carburant alors ! » s’indigne-t-il. Dans cette commune où 46,5 % des habitants ont plus de 60 ans (2), nombreux sont ceux qui ne conduisent pas ou n’ont pas de voiture. « Les plus gênés par cette disparition, ce sont les anciens », résume le maire, qui regrette que le transfert entre les deux agences ait eu aussi des conséquences pour la collectivité. « La transition s’est passée de la pire des façons : pendant un mois, on est restés sans pouvoir payer quoi que ce soit », assure-t-il, quand la DDFIP, elle, évoque des « difficultés rencontrées par le prestataire informatique de la commune pour paramétrer le logiciel de la mairie ».

Marc Postal et Huguette Marie.

Marc Postal et Huguette Marie.

Déconcentration de proximité

Avec treize trésoreries fermées depuis 2010, la Manche n’échappe pas au mouvement national de rationalisation de la DGFIP. Engagé il y a plusieurs années, ce dernier va se poursuivre à travers le projet de « géographie revisitée », ou « déconcentration de proximité », du gouvernement. « Nous voulons accroître le nombre de points de contact sur le territoire et améliorer les conditions d’exercice de nos agents », a expliqué, fin avril, le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt. Soit offrir plus de présence par le biais des maisons de services au public (MSAP), tout en supprimant des agences. Comme ses homologues, la DDFIP a soumis une proposition de carte « revisitée » pour la Manche, qui n’a pas encore été validée par la DGFIP.

Arnold Paradis, secrétaire départemental du syndicat Solidaires finances publiques.

Arnold Paradis, secrétaire départemental du syndicat Solidaires finances publiques.

Les syndicats, eux, dénoncent la réduction continue des effectifs et la baisse de la qualité de service rendu. « Dans ces MSAP, les gens auront une interface mais pas de réponse, ce sera du service public low cost » prévient Arnold Paradis, secrétaire départemental de Solidaires finances publiques. Ce à quoi s’ajoute l’avènement des agences comptables, poussé par l’Etat et qui fait craindre au syndicat la remise en cause du principe de séparation « ordonnateur-comptable ». Un principe auquel Pierre Géhanne voudrait bien mettre fin, au nom de « l’efficacité de l’action publique ».

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Notes

Note 01 Barneville-Carteret, station balnéaire, accueille jusqu’à 12 000 habitants l’été Retour au texte

Note 02 Chiffres Insee 2015 Retour au texte

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