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Lutte contre l'exclusion

Combien de sans-abris ? Comment les villes organisent le recensement

Publié le 13/05/2019 • Par Alexandre Léchenet • dans : France

SDF-pauvrete-sans-abri-UNE
jean-louis Zimmermann / Flickr CC
Après Paris et Metz en 2018, rejoints par Grenoble, Rennes et Toulouse cette année, Montpellier est la sixième métropole à organiser (dans la nuit du 13 au 14 mai) un recensement de ses personnes sans-abri. Des Nuits de la solidarité qui permettent une meilleure connaissance du terrain et un pilotage plus affiné des offres d’hébergement.

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Pourquoi faire un recensement des sans-abris ? « On ne peut pas bâtir une politique d’hébergement pour les sans-abris sans en connaître le nombre », explique le député LRM de l’Hérault, Nicolas Démoulin. Il vient de rendre début mars les conclusions de son groupe de travail sur l’hébergement d’urgence. Sa première proposition est d’«organiser des nuits de la solidarité dans toutes les métropoles, au minimum deux fois par an, selon un cahier des charges uniformisé au niveau national ». Cette connaissance locale des personnes sans logement devrait être un préalable à toute politique publique, estime-t-il. Et permettre d’aller un peu plus loin que les chiffres du 115 et des refus opposés par celui-ci.

«En ayant fait ce recensement, on rentre dans une dynamique positive, se félicite Daniel Rougé, adjoint au maire chargé de la solidarité à Toulouse, où les premiers résultats viennent d’être dévoilés. C’est une des mesures de “Logement d’abord” de mieux connaître la population concernée ». Le recensement n’est cependant qu’une première étape, souligne Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre : « Donner un chiffre permet d’établir un objectif : tant qu’il y a des personnes sans-domicile, il faut trouver des solutions.»

Organiser une Nuit de la solidarité

Les Nuits de la solidarité rassemblent les différents acteurs du logement, ainsi que des bénévoles pour un décompte lors d’une nuit donnée. «Elle permettent aussi de se mettre autour de la table et de définir un chiffre consensuel, qui a ses limites, mais qui a le mérite d’exister », ajoute Manuel Domergue.

Concrètement, des équipes souvent mixtes mêlant associatifs, employés de la mairie et bénévoles, parcourent le territoire, découpé en petites zones. Les bénévoles sollicités découvrent ainsi le travail au contact des populations en situation de rue, et cela peut également créer des vocations.

«On a été surpris, se félicite Frédéric Bourcier, adjoint à la maire de Rennes qui a organisé sa première Nuit de la solidarité fin février. On a fait un appel à volontaires et en une semaine, c’était complet !»

Comment s’organiser ? Concrètement, une nuit de la Solidarité repose sur deux dispositifs : d’un côté le quadrillage de la ville, de l’autre un questionnaire à faire remplir aux personnes rencontrées. Julien Damon, professeur associé à Sciences-Po et auteur notamment de Exclusion : vers zéro SDF ? (1), détaille : « Ce qui importe c’est, une nuit donnée, de pouvoir compter toutes les personnes effectivement à la rue et, en même temps toutes les personnes qui, au même moment, se trouvent dans les hébergements. Il faut quadriller toutes les adresses de la ville, avec des équipes passant un questionnaire harmonisé, selon des horaires bien fixés et avec des recommandations d’éthique et de sécurité ».

Quadriller la ville

Pour organiser son premier décompte début 2018, la ville de Paris avait reçu le soutien de Bloomberg Associates. L’organisation, fondée par l’ancien maire de New York, accompagne les grandes villes gratuitement et a également aidé les villes de Bogota, Athènes ou Mexico à réaliser un recensement. La ville de Paris, depuis, joue un rôle moteur en France, partageant son expérience.

Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris, chargée des solidarités s’est ainsi rendue à Metz ou Rennes pour participer à leur Nuit de la solidarité et des échanges formels, ou informels, sont réguliers sur le sujet entre les municipalités. Le travail mené par la Strada à Bruxelles (Belgique) est également une référence utile.

À Grenoble, le découpage géographique a été réalisé avec l’aide de plusieurs étudiants, une autre manière de les sensibiliser à la question. C’est d’ailleurs le seul territoire où plusieurs communes ont été parcourues, puisque le décompte était organisé par Grenoble Alpes Métropole dans dix communes différentes.

La ville de Metz était découpée en 54 secteurs. À Paris, outre les 353 secteurs, des partenariats avaient été développés avec la SNCF, la RATP, l’AP-HP mais également Paris Habitat et des opérateurs de parking, pour dénombrer dans leurs territoires les personnes sans logement.

Par ailleurs, les personnes dans des squats ou des campements ont été comptabilisés à Grenoble ou Toulouse. Le décompte à Toulouse a demandé de la préparation, pour visiter en amont les squats et préparer le terrain. À Grenoble, faute de temps suffisant, c’est la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale, un organisme dépendant du CCAS de la ville, qui a proposé une estimation basée sur ses propres recensements.

Un questionnaire à adapter

Les personnes rencontrées dans les rues remplissent un questionnaire qui permet d’en savoir plus. Celui de Paris, décliné pour les couples et les personnes seules, compte une vingtaine de questions. Ce questionnaire a inspiré les autres.

«Il est important de l’adapter au territoire, note Anissa Ghiouane, chargée d’études à Un toit pour tous, l’association responsable de l’organisation de la Nuit de la solidarité pour la métropole de Grenoble. Si on arrive avec des choses toutes faites, ce ne sera pas une réussite. Les différents acteurs doivent être intégrés dans la démarche ».

À Rennes, de la même manière, le questionnaire a été testé et adapté à la situation locale. À Toulouse, l’adjoint au maire a restreint la taille du questionnaire pour la première nuit : « J’ai décidé qu’il n’y aurait pas de question sur la provenance des gens ».

Résultats hétérogènes

Les résultats ont été traités par les différentes municipalités différemment mais réservent régulièrement des surprises, que ce soit le nombre de femmes dans la rue ou le nombre de personnes n’appelant même plus le 115.

Ces premiers résultats ont permis à Paris et Metz de lancer des politiques locales, comme des centres d’hébergement réservés aux femmes, des bagageries ou autres. Une chose est sûre : en l’état actuel les résultats sont difficilement comparables d’une ville à l’autre. Certaines dénombrent les sans-abris, d’autres les sans-logements. Et parfois même, d’une année sur l’autre, le périmètre est différent et donc les chiffres doivent être précautionneusement comparés.

Faut-il rendre obligatoire ces décomptes ?

Certaines métropoles ont choisi d’autres méthodes pour réaliser un état des lieux du sans-abrisme. À Marseille, une étude menée par deux chercheurs de l’AP-HM s’est penchée sur l’ensemble de la population ayant fréquenté au moins une fois un centre d’accueil ou de soin pendant une année. « 14 063 personnes se sont retrouvées au moins une fois en situation d’être sans abri dans l’urgence », détaille l’étude. L’opération sera renouvelée pour 2019.

Lyon et Nantes se sont engagés dans des opérations plus qualitatives, en allant à la rencontre de certaines populations. « La manière de mener l’état des lieux initial a été laissé au libre choix des territoires impliqués dans la démarche “Logement d’abord” », rappelle le ministère de la ville et du logement.

Cela n’empêche pas la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal) de donner des éléments méthodologiques sur les dénombrements. Et elle travaille sur un guide pratique des Nuits de la solidarité avec la ville de Metz.

Mais l’intérêt de ces décomptes n’existe que s’ils sont faits sur la base de la bonne volonté. « Pour l’instant, les métropoles le font de manière libre et volontaire. La dynamique est positive et il est important de garder cet aspect-là », note Hélène-Sophie Mesnage de l’Union nationale des CCAS.

« Je ne pense pas que le rendre obligatoire soit une bonne idée, renchérit Julien Damon. Cela risquerait d’être fait à la va-vite, devenant une obligation administrative sans permettre un peu de spontanéité et d’investissement des habitants.» Quant à organiser un deuxième décompte en été, comme le suggèrent le député Démoulin et la Fondation Abbé Pierre, c’est un objectif mais pas une priorité pour les villes concernées.

Contexte électoral défavorable

Dans un contexte où la situation évolue rapidement, notamment à cause de la crise de l’accueil des exilés, il est important de suivre la population chaque année. En conclusion de son bilan de la deuxième Nuit de la solidarité, la ville de Paris annonce d’ailleurs que « rendez-vous a été pris en janvier 2020 pour une nuit de la Solidarité commune à Paris et à plusieurs villes françaises et européennes ».

Si la réitération d’une Nuit de la solidarité semble acquise pour les villes l’ayant déjà faite, l’arrivée des élections municipales en 2020 pourrait freiner le mouvement. Plusieurs interlocuteurs ont soulevé la difficulté de réaliser un tel recensement, au moins pour la première fois, à quelques mois ou semaines des élections. L’indicateur, tout utile soit-il, pourrait devenir un argument offert à l’opposition. Et la communication autour de ces problématiques est parfois compliquée. Surtout que les recensements n’ont de sens que s’ils sont accompagnés de mesures tenant compte des résultats.

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