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FINANCEMENT
Le contrat à impact social est « un outil à manier avec une grande délicatesse »
Stéphanie Stoll | Actu experts finances | Régions | Publié le 10/05/2019

Alors que Christophe Itier, haut commissaire à l’économie sociale et solidaire a enjoint les collectivités « au premier rang desquelles les départements », à se mobiliser pour relancer les contrats à impact social (CIS), le conseil départemental de Gironde met en place avec les Apprentis d’Auteuil, un projet de 2,7 millions d’euros, financé par un CIS. Explications avec Emmanuelle Ajon, vice-présidente (PS) du département, chargée de la protection de l’enfance et de la santé.

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En quoi consiste le projet que le département finance par un Contrats à impact social (CIS) ?

C’est une action pour prévenir le placement d’enfants dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance (ASE) en intervenant auprès de familles où on décèle des difficultés éducatives, mais qui ne relèvent pas de mauvais traitements. On fait le pari de les accompagner pendant trois à douze mois, une période courte, dans un logement familial neuf et on se concentre sur les compétences parentales et familiales.
L’idée est de les remettre dans les droits que leur offre la cité (services périscolaires, accès aux droits, crèches, loisirs, soutien aux devoirs…) et dont ces familles ont tendance à s’exclure.

Quel est le rôle des Apprentis d’Auteuil ?

Ils mettent à disposition six appartements d’un bailleur social dans un nouveau quartier de Bordeaux. L’idée est de proposer un logement d’abord et que les parents se repositionnent sur leurs compétences familiales. Il y a une équipe de six à sept personnes (4,8 ETP).

Comment choisissez-vous les familles ?

Le service de la protection de l’enfance repère les familles et nous les validons avec les Apprentis d’Auteuil. Dès le début, on leur dit que l’accompagnement ne peut excéder un an. Si ça n’a pas fonctionné en douze mois, ça ne marchera pas et on retournera vers les outils classiques de la protection de l’enfance.

Pourquoi avez-vous opté pour un contrat à impact social ?

Ce qui nous a intéressé, c’est de financer une action innovante de prévention sociale, ainsi que le fait que le CIS permet une évaluation externe de cette innovation.
Nous avons été très vigilants sur la responsabilité sociale et environnementale des organismes bancaires, il était hors de question de retenir ceux qui vendent du crédit à la consommation aux mêmes familles. Après une délibération en commission permanente en octobre, nous avons signé le CIS.

Selon vous, quelles sont les limites et les avantages du CIS ?

La première limite est de le prendre seulement comme un outil

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