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Logement, éducation, sport

Mixité sociale : retour sur une utopie censée casser les ghettos

Publié le 06/05/2019 • Par Nathalie Da Cruz • dans : France

mixite-sociale-foule-diversite-population-multiculturalisme
Adobe Stock
Présentée depuis plusieurs décennies comme l'alpha et l'oméga des politiques publiques locales en faveur de l'intégration, la notion de mixité sociale laisse nombre de sociologues sceptiques.

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Gentrification : le nouveau visage des villes

La mixité sociale, pure chimère ? Vous avez quatre heures. Ce pourrait être un sujet de dissertation tant cette notion donne lieu, de longue date, à des controverses entre sociologues et politiques, notamment.

Le gouvernement l’appelle de ses vœux depuis des décennies et a tenté de l’organiser dans le logement par l’intermédiaire de l’article 55 de la loi « solidarité et renouvellement urbains » (SRU) du 13 décembre 2000 (1).

Doser les populations « comme les ingrédients dans une recette »

Les maires ont fini par s’emparer de cet outil ; certains la réclament à cor et à cri pour apaiser les tensions dans les quartiers, éviter les foyers de pauvreté, voire de délinquance. Les attentats de 2015 et la loi « égalité et citoyenneté » du 27 janvier 2017 ont remis la mixité sociale sur le devant de la scène, mais certains édiles ne se font guère d’illusion et en sont déjà « revenus ». « On dose les populations comme les ingrédients dans une recette de gâteau, mais je crois que l’on se trompe », estime Philippe Bouyssou, maire (PCF) d’Ivry-sur-Seine (60 800 hab., Val-de-Marne). « Il ne suffit pas de mettre les gens les uns avec les autres pour que tout se passe bien », renchérit Stéphanie Vermeersch, sociologue.

Dix-neuf ans après, on ne peut pas dire que la loi « SRU » ait échoué, loin s’en faut. Elle a eu pour résultat majeur un changement de mentalité chez les élus, en particulier dans les communes au parc social très limité. La répartition géographique et la diversité des typologies de logements dans une même opération se sont imposées. Plus de 1,5 million de logements sociaux ont ainsi poussé un peu partout en France.

Nouveau cheval de bataille

Mais ce phénomène a-t-il réduit les inégalités ? Rien n’est moins sûr. Plus complexe, la lutte contre les ghettos – ensembles immobiliers des années 1970 construits à la va-vite où ont été concentrées les populations d’origine immigrée répondant aux besoins de main-d’œuvre de la France d’alors – a pris la forme des programmes nationaux pour la rénovation urbaine (PNRU), le premier ayant commencé en 2003 et étant sur le point de s’achever ; quant au nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), il a été lancé en 2014 et commence à se déployer concrètement dans les 200 quartiers prioritaires reconnus d’intérêt national.

Le NPNRU a tiré les enseignements de son prédécesseur : l’accent avait été trop mis sur le bâti, les logements et les espaces publics. Désormais, le cheval de bataille des élus est de mettre en place des actions pour développer la mixité sociale à l’école et dans les activités socioculturelles. Il faut aussi organiser une offre de transports et de mobilité permettant aux habitants des quartiers de bouger, et favoriser l’accès à l’emploi. Un vaste chantier qui nécessite de mobiliser de multiples partenaires.

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Notes

Note 01 cette loi impose la construction de 20 à 25% de logements sociaux dans la plupart des communes pour favoriser le mélange de différentes couches sociales et casser les ghettos Retour au texte

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