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PRÉVENTION
Coordonnée, la médiation sociale dans les quartiers de Marseille se professionnalise
Caroline Garcia | A la Une prévention-sécurité | Actu experts prévention sécurité | Innovations et Territoires | Régions | Publié le 16/05/2019

Les bailleurs sociaux marseillais bénéficient d’un service de médiation sociale uniforme, professionnel, organisé et déployé sur la plupart des cités de la ville. La densité du tissu associatif a généré le développement de nombreuses actions de médiation auprès de publics spécifiques. Sous la houlette d’un coordonnateur, des associations déploient des trios d’adultes relais dans les cités de la ville, gérées par 17 bailleurs sociaux.

Les équipes d’adultes relais de la médiation sociale urbaine, formées, croient en leur capacité à montrer que les habitants ne sont pas seuls.

Les équipes d’adultes relais de la médiation sociale urbaine, formées, croient en leur capacité à montrer que les habitants ne sont pas seuls.

[Marseille, Bouches-du-Rhône, 862 200 hab.] « On n’est pas policiers, on n’est pas gardiens d’immeuble, on discute, on observe, on signale », résume Jesi, la cinquantaine, l’accent latin. Elle fait partie de la soixantaine d’adultes relais que déploie le dispositif de MSU mis en place à Marseille en 2013. Dans la foulée d’un vaste plan d’Etat destiné à accélérer le développement de la ville dans différents domaines, la préfecture propose d’harmoniser les nombreux projets de médiation qui se déploient dans la ville, jusqu’à se marcher dessus. L’association régionale des HLM et l’Union sociale pour l’habitat chapeautent l’expérimentation conduite par trois opérateurs. Fin 2015, le bilan convainc la ville de Marseille qui rentre alors dans le dispositif en l’élargissant à de nouveaux quartiers.

Pour assurer la tranquillité publique et renforcer la cohésion sociale, la MSU « doit favoriser le maillage et le rapprochement des différentes interventions professionnelles dans les quartiers, au plus près des habitants, et favoriser le lien entre professionnels et habitants ». Pour Jesi, au quotidien, cela se traduit par deux visites d’une demi-journée, chacune avec un ou deux collègues, dans deux cités : « On commence par aller saluer les relais associatifs, les commerçants, on se place autour des écoles, puis on arpente les rues intérieures, pour être vus et discuter avec les habitants que nous croisons. »

Adultes relais

 

Le métier de médiateur est désormais bien connu. A Marseille, c’est dans son organisation qu’il trouve sa spécificité : « Nous coordonnons un consortium de six associations qui se déploient sur des quartiers gérés par une dizaine de bailleurs, explique Stéphane François, directeur de l’Addap. Les médiateurs s’adressent à toute la population, jeune ou moins jeune. » Les équipes changent, mais leur uniforme les identifie. Et au fil des ans, elles ont gagné la confiance du public. « Notre principal problème est de nous confronter à des situations qui ne se règlent pas, poursuit Jesy. On doit bien expliquer aux habitants que nous ne pouvons que faire remonter les situations, mais que nous n’avons pas le pouvoir d’intervenir. »

Loin de se décourager, l’équipe d’adultes relais croit en sa capacité à montrer, par sa présence, que les gens ne sont pas seuls. La veille technique sur le cadre de vie, la réponse aux demandes des locataires, le signalement des situations sociales préoccupantes sont des actions qui comptent. Près de 14 000 signalements ont été effectués dans le cadre de la MSU, dont environ 60 % concernaient

CHIFFRES CLES

  • 589 conflits entre habitants et institutions ont été traités par les médiateurs en2017, soit huit par professionnel. Ces conflits concernaient l’Etat ou les collectivités (42%) et les bailleurs (37%).
  • 10 877 partenaires ont été rencontrés par les médiateurs durant leur temps de travail, dont plus des trois quarts sur le terrain.

Source : MSU.


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