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DOSSIER : La sécurité locale en cartes et en chiffres
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/616984/plus-de-la-moitie-des-policiers-municipaux-equipes-dune-arme-a-feu/

POLICE MUNICIPALE
Plus de la moitié des policiers municipaux équipés d’une arme à feu
Hervé Jouanneau | A la Une prévention-sécurité | Actu prévention sécurité | France | Publié le 16/04/2019

Plus de la moitié des 22 000 policiers municipaux seraient aujourd'hui équipés d'une arme à feu, contre 37 % en 2014. C’est ce qui ressort des premières estimations issues des statistiques 2018 réalisées par le ministère de l’Intérieur.

Police municipale 2 Armement pistolet Smith and Wesson SP38.Le cap est franchi : plus de 50% des policiers municipaux sont désormais équipés d’une arme à feu en France. C’est ce qu’a indiqué le délégué aux coopérations de sécurité, le préfet Philip Alloncle, devant les Assises nationales de la sécurité territoriale, organisées le 3 avril à Villepinte.

Il s’agit d’une « tendance estimée sur les premiers retours de l’enquête menée auprès des préfectures », précise-t-on au ministère de l’Intérieur, selon lequel le chiffrage n’est toujours pas consolidé pour 2018.

Une protection face au terrorisme

En réalité, cette montée en puissance ne constitue pas une surprise. L’équipement des agents est en progression constante depuis plusieurs années et a connu une accélération significative avec la menace terroriste et la demande pressante des élus de protéger leurs agents. En 2014, 37% des policiers municipaux étaient pourvus d’une arme de poing. Ils étaient 48% en 2017, selon la place Beauvau. Plus de la moitié aujourd’hui.

L’armement des polices municipales ne fait d’ailleurs plus débat parmi les élus, à l’exception parisienne d’Anne Hidalgo, qui a annoncé en début d’année son intention de ne pas en équiper sa future police municipale, prévue pour 2020. Dans le paysage des grandes villes, Bordeaux, Nantes et Grenoble rallient également cette position.

La grande majorité des villes n’en ont pas moins fait le choix de cet équipement létal. A droite comme à gauche. Dans le paysage syndical, même la CGT longtemps réticente, s’est alignée sur cette revendication.

Vers une généralisation organisée

Au niveau national, tout a d’ailleurs été fait, dans le respect du principe de libre administration des collectivités territoriales, pour généraliser cet armement. La loi du 22 juillet 2016 prolongeant l’état d’urgence a considérablement assoupli [1] le système d’autorisation préfectorale.

Une circulaire du 29 mai 2015, déjà, sommait les préfets [2]de répondre favorablement aux demandes d’armement, sauf exception.

Plus récemment, le rapport sur le continuum de sécurité des députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot [3], veut aller plus loin en proposant d’inverser la logique qui prévaut aujourd’hui: ils préconisent de doter l’ensemble des policiers municipaux sauf avis contraire des maires. La proposition, qui fait débat et dont les implications économiques ne sont pas nulles, devrait faire l’objet d’une consultation dans les prochains mois.

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