logo
Adresse de l'article https://www.lagazettedescommunes.com/615294/le-cloud-computing-dissipons-les-nuages/

[OPINION] TRANSFORMATION NUMÉRIQUE
Le cloud computing, dissipons les nuages
Auteur associé | Actualité Club finances | France | Opinions | Publié le 16/04/2019 | Mis à jour le 29/03/2019

Le gouvernement a présenté une stratégie dédiée au cloud computing pour les organisations publiques. Tous les freins à l'équipement sont-ils levés ?

informatique(1)

Le Gouvernement a présenté le 3 juillet 2018 sa stratégie afin de favoriser l’adoption du cloud computing par les organisations publiques. [1]Réparti en trois cercles (interne, dédié et externe) (1) [2], le cloud constitue une réelle opportunité pour moderniser les systèmes d’information, et au-delà, le service public offert aux usagers.

De nombreuses organisations publiques ont déjà adopté des solutions en mode SaaS (software as a service :  utilisation d’applicatifs externalisés chez un éditeur), moins fréquemment en IaaS (Infrastructure as a Service), plus rarement en PaaS (Platform as a Service).

On constate que le plus souvent, elles privilégient un paiement de ces services basé sur un mode de redevance fixe, quel que soit le niveau réel des consommations. Or, l’une des innovations du cloud consiste à basculer vers un modèle de paiement à l’usage (pay per use). Ce qui nécessitera de la part des organisations publiques un arbitrage constant entre services externalisés (on cloud) et utilisation des capacités installées (on premise). Cet arbitrage sera rendu sur la base de critères techniques et financiers.

Souveraineté et protection des données

La domiciliation des données sur le territoire européen, voire français, est souvent présentée comme un frein à la généralisation du cloud computing. Il faut modérer cet argument. Plusieurs cloud services providers (CSP) sont basés en Europe, quelques-uns en France : ils échappent ainsi aux contraintes du Patriot Act américain.

Par ailleurs, les technologies de cryptage et de clés privatives renforcent les dispositifs de protection des données. Les certifications de l’ANSSI garantissent un haut niveau de protection des données. Enfin, les « trois cercles » de la stratégie cloud vont dans le sens de la souveraineté et la protection des données, tout en tenant compte de la réalité de l’offre technologique « cloud » du marché.

Les débats sur un cloud souverain sont donc derrière nous. Le risque de fuite de données ou de hacking réside bien plus souvent dans le manque de vigilance de l’utilisateur (session restée ouverte, mots de passe inchangés, installation de logiciels non agréés par le RSSI…) et les lacunes des dispositifs de cyber-protection.

Le cloud computing, en particulier le recours à des applications en mode SaaS, est parfois accusé favoriser le développement du shadow IT, et ainsi « d’échapper » aux DSI. Le risque est réel : il est indispensable que ces dernières soient motrices, aux côtés des Métiers, pour piloter le déploiement des solutions cloud. Que ce soit les modalités de migration du parc applicatif (legacy versus nouvelles applications), le développement d’API, l’interopérabilité des solutions cloud aux suites logicielles existantes ou encore les conditions de portabilité, la DSI doit jouer pleinement son rôle de conseil auprès des directions générales.

Dépenses d’investissement, ou de fonctionnement ?

Le véritable changement pour les DSI résidera dans leur service Exploitation, dont les effectifs seront revus à la baisse et les missions, pour une part, externalisées chez le CSP. Elles doivent également se préparer à l’exercice de nouveaux métiers de pilotage des infrastructures cloud, y compris sur la maîtrise financière et économique du recours au cloud (FinOp’s). : le paiement à l’usage nécessite de repenser complètement les modalités d’achats et de contrôle des engagements. Pas si simple pour les acteurs publics ! A ce sujet, considérer ces dépenses comme de l’investissement, et non du fonctionnement, serait de nature à généraliser le recours aux technologies cloud.

La bascule vers le modèle cloud est inéluctable. C’est un des éléments de l’agilité dont les SI ont besoin : réduction des délais projet, réduction des charges de réseau, amélioration de l’accès des usagers aux services, diminution des coûts. Mais, l’acquisition de technologies en nuage diffère de la plupart des acquisitions de technologies traditionnelles connues du secteur public. Alors oui, avant toute décision d’achat, une phase d’appropriation préalable sera nécessaire.

POUR ALLER PLUS LOIN