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EGALITÉ FEMMES-HOMMES
Les collectivités n’échappent pas au sexisme
Laura Fernandez Rodriguez | A la une | France | Publié le 09/04/2019 | Mis à jour le 10/04/2019

En 2017, le mouvement #metoo, né de l’affaire Weinstein, a conduit à une prise de parole massive des femmes sur le sexisme et les oppressions subies. En février de cette année, l’affaire de la « Ligue du Lol » dans les médias français a montré que des journalistes avaient harcelé de façon coordonnée des femmes journalistes pendant plusieurs années. Qu’en est-il dans les collectivités ? Les femmes prennent-elles plus la parole sur ces sujets ? Sont-elles davantage entendues qu’auparavant ?

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« Lors d’une présentation qui m’avait nécessité des mois de travail, je présente un diagnostic devant mon responsable, le DGS, le DGA et une autre collègue. Le DGS me coupe, montre un de mes – longs – cheveux tombé sur la table, et dit  »ça c’est une preuve que les syndicats ne doivent pas voir ». Le DGA rit, et je comprends qu’il sous-entend un rapport sexuel sur ce bureau », raconte Julie* (son prénom a été modifié, comme l’ensemble des agentes ayant accepté de témoigner, à la différence des élues locales qui ont accepté de parler en leur nom).

Le cas de cette agente travaillant à la mairie d’une commune de taille moyenne en Ile-de-France est malheureusement loin d’être isolé, comme en témoigne le rapport du Défenseur des droits, Jacques Toubon, « Agir contre les discriminations et le harcèlement dans la fonction publique territoriale [1] », paru en décembre 2017.

« La fonction publique, et notamment la territoriale, n’est pas sans connaître des discriminations fondées sur le sexe et des comportements sexistes qui viennent renforcer les inégalités entre les femmes et les hommes », indique ce rapport. Ainsi, 31 % des agents publics déclarent avoir fait l’objet de discrimination au travail, le sexe étant le premier critère de discrimination, et 29 % de propos sexistes. Pourtant, de par ses missions, la territoriale n’est pas un employeur ordinaire. « En tant qu’acteur de proximité des citoyens et employeur de 1,8 million de personnes, la fonction publique territoriale (FPT) a une obligation renforcée d’exemplarité et se doit d’être à la hauteur de ces enjeux », écrit le Défenseur des droits.

Sexualisation des relations au travail

Les témoignages que nous avons recueillis, qui font état de sexisme et de violences sexistes, montrent que la FPT semble avoir encore un long chemin à parcourir en la matière. « Les pratiques discriminatoires, le harcèlement ou les propos sexistes, bien sûr qu’on en entend », confie Mathilde*, cadre d’une collectivité régionale. « Je pense à des propos sur

REFERENCES


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