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Développement économique

Privatisation d’Aéroports de Paris : le plan B des départements

Publié le 01/03/2019 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

aéroport de Roissy
Flickr CC by Luke Ma
Hostile à une participation majoritaire d’un grand groupe privé, les sept conseils départementaux envisagent de prendre des parts dans ADP. Le gouvernement est prêt à donner son feu vert. Une manière de faire passer la pilule d’une privatisation de plus en plus décriée ?

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Bruno Le Maire reste droit dans ses bottes. Invité de Territoires d’Infos sur Public Sénat le 28 février, le ministre de l’Economie a martelé que l’Etat ne reviendrait pas sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). Malgré l’opposition de la Haute-Assemblée et l’échec de la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) le 20 février, l’opération ira jusqu’à son terme, assure-t-il.

Dès le 5 mars au Palais Bourbon, une commission spéciale sera à nouveau chargée d’examiner le texte. Des travaux qui seront suivis de très près. Car l’enjeu est de taille. Orly et Roissy constituent la première porte d’entrée sur le territoire national. « Les privatiser, ce n’est pas tout à fait comme confier la délégation de service public à une entreprise pour gérer les bus à Chalon-sur-Saône », ironise l’économiste Yves Crozet.

Dans leur ampleur, les équipements d’ADP, qui accueillent plus de 100 millions de voyageurs chaque année, ne peuvent pas être comparés aux aéroports de Nice (14 millions), Lyon (11 millions) et Toulouse (10 millions), dont le capital a été aussi ouvert aux opérateurs privés.

Charles de Gaulle Express dans la corbeille

« Confier à une entreprise un tel objet, c’est comme si on donnait les clés des centrales nucléaires à un grand groupe privé », compare Yves Crozet. ADP, qui dégage des montagnes de profits grâce à ses boutiques, ses hôtels et son développement à l’international, aiguise les appétits.

L’Etat, dont les 50,2 % de parts sont généralement évalués à 10 milliards, a garni la corbeille de la mariée. La ministre des Transports Elisabeth Borne a annoncé en grande pompe le 5 février dans Le Parisien le lancement du Charles de Gaulle Express. Une ligne qui assurera en 20 minutes la liaison directe entre Roissy et la gare de l’Est. « Le groupe qui raflera la mise aura non seulement les recettes du casino de Monte-Carlo, mais aussi la Ferrari qui va avec », lance Yves Crozet.

Gildas Maguer, directeur de cabinet du président socialiste de la Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, dénonce « la forte accélération du gouvernement sur Charles de Gaulle Express au moment où on va de recul en recul sur les lignes du quotidien. »

Pour certains édiles de droite, moins hostiles par philosophie à la privatisation, tel le patron des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian (LR), le produit de la vente d’ADP doit en partie financer la Société du Grand Paris, en charge de la construction du futur réseau de  la région-capitale. L’Etat préfère consacrer une partie de ces recettes à un fonds d’innovation abondé à hauteur de 250 millions par an.

Joyau de la couronne du Grand Paris

Unanimes, les collectivités d’Ile-de-France mettent en garde contre les conditions de la vente du joyau de la couronne du Grand Paris. Pour ce faire, elles bénéficient du concours, au Sénat, d’un front inédit composé des Républicains, du PS et du PCF.

Dans le Val-de-Marne, le conseil départemental sonne le tocsin. Farouchement hostile à la privatisation, la collectivité présidée par le communiste Christian Favier porte la voix des riverains d’Orly. Contrairement à Roissy, l’aéroport à cheval avec l’Essonne se situe en effet au cœur de la zone dense de la région parisienne. Le Val-de-Marne redoute, qu’avec la complicité de l’Etat, les futurs actionnaires s’attaquent au couvre-feu entre 23h30 et 6 heures du matin ainsi qu’au plafonnement à 250 000 mouvements annuels.

« C’est tout l’enjeu de l’acceptabilité sociale d’un tel équipement, analyse Tanguy Le Goff, chargé d’études à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France. Derrière, se pose une question cruciale : un aéroport est-il un service public ou un business ? »

Quoiqu’il en soit, les collectivités se montrent très attentives à l’avenir de l’emploi sur les sites d’ADP. La zone aéroportuaire de Roissy emploie à elle seule plus de 90 000 salariés.

Un Etat dans l’Etat

Or, les relations entre les collectivités et ADP n’ont jamais été très simples Comme le souligne Tanguy Le Goff, « les sites d’Aéroports de Paris ont toujours constitué des enclaves ». Des excroissances considérables d’une superficie totale de 6 700 hectares. Mais les collectivités entendent profiter de l’ouverture du capital de l’Etat pour mettre un pied dans la porte. Cela passe par la constitution d’une véritable communauté aéroportuaire au sein de laquelle elles auraient voix au chapitre. Une piste à laquelle le gouvernement se montre plutôt favorable.

Mais les collectivités ont bien compris que l’argent reste le nerf de  la guerre. D’où l’idée iconoclaste avancée par des départements d’Ile-de-France d’une entrée au  capital d’ADP. L’Assemblée nationale, en première lecture du projet de loi, a fait sauter le verrou d’un décret en Conseil d’Etat pour mener à bien une telle opération, qui échappe à tous les standards du développement économique territorial.

L’amendement, porté par le député LREM des Hauts-de-Seine Jean-Louis Bourlanges, ouvre grand le champ des possibles.

Objectif 29,9 %

« Nous ne voulons pas faire de  la figuration. Nous travaillons à la constitution d’un actionnaire de référence », confie-t-on dans l’entourage du président LR des Yvelines, Pierre Bédier. Le département de l’ouest parisien et les Hauts-de-Seine, engagés dans un projet de fusion, ont déjà déniché un investisseur : le groupe Ardian. 100 % français, l’ex-Axa Private Equity possède un vécu dans le domaine des infrastructures. Et, surtout, il a les poches profondes…

Objectif de ce pool départements-Ardian : décrocher 29,9 % des parts d’ADP. Il s’agit, par-là, d’éviter l’émergence d’un actionnaire majoritaire tout puissant comme souhaite le devenir Vinci. L’expérience de ce groupe qui a bénéficié à plein de la privatisation des autoroutes reste cuisante. « Dans ce secteur, le concessionnaire exige au moindre aménagement une révision du contrat pour faire payer les pouvoirs publics », rappelle Yves Crozet.

Quoi qu’il en soit, les départements ne souhaitent pas faire partie d’un pool qui détiendrait plus de 30 % des parts. Au-delà de ce seuil, ils seraient en effet contraints de lancer une OPA (Offre publique d’achat) des autres parts.

29,9 % des parts représente déjà un investissement XXL d’environ 6 milliards d’euros. A quelle hauteur ses collectivités et Ardian mettraient-ils la main à la poche ? Les Yvelines et les Hauts-de-Seine se gardent de dévoiler leurs batteries.

Travail d’évangélisation

Il leur faut encore mener un travail d’évangélisation auprès des autres départements. Le Val-de-Marne communiste n’est guère porté sur les opérations boursières et les liens d’affaires avec des fonds d’investissements. La Seine-Saint-Denis, quant à elle, ne dispose pas d’une manne très abondante. Mais le département socialiste ne ferme pas la porte à une entrée au capital. « Je préférais qu’on n’en ait pas besoin. Mais si jamais le gouvernement s’entête, qu’il y ait un pool public qui porte l’intérêt territorial, pourquoi pas ? », glisse Gildas Maguer, le dircab du président de la Seine-Saint-Denis.

Il reste encore beaucoup d’inconnues sur ce dossier. Le gouvernement ne s’est pas lié les mains. Le projet de loi, en l’état, ne détermine pas le volume des parts qu’il entend céder. Devant la fronde qui gronde contre la privatisation d’ADP, une entrée au capital des collectivités pourrait permettre à l’Etat de faire passer la pilule. C’est d’ailleurs la technique qu’avait utilisée Emmanuel Macron pour l’aéroport de Toulouse lorsqu’il était à Bercy.

Quid de la ville de Paris et de la région Ile-de-France ?

Dans ce dossier, les sept départements d’Ile-de-France apparaissent comme un interlocuteur crédible. Ils communiquent d’une seule voix depuis des mois, contrairement aux autres collectivités. Ils ont repris du poil de la bête depuis qu’ils ont échappé à une fusion au sein de la métropole du Grand Paris. Entre eux, se sont alors créé des habitudes de travail. Premier résultat tangible : le fonds de solidarité interdépartemental abondé à hauteur de 150 millions d’euros.

La capitale, qui a fusionné au 1er janvier ses services départementaux au sein de l’administration de la ville de Paris, reste en retrait sur le dossier de l’entrée au capital d’ADP. Un temps intéressée, la région se montre plus discrète ces derniers temps. Des défections qui pourraient être fatales au dessein des départements, selon Yves Crozet. « Pour une opération de cette envergure, il faut, a minima, la région », juge-t-il. Une chose est sûre : si les départements parviennent à leurs fins, ils feraient là un investissement particulièrement juteux. Les participations des chambres de commerce et d’industrie dans des aéroports de province ont permis à ces organes de disposer d’une solide rente.

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