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SOCIAL
À Pantin, l’intervenante sociale complète la chaîne de sûreté
Nathalie Levray | A la Une santé social | Dossier Santé Social | Publié le 26/08/2020

Au commissariat de police de Pantin, une intervenante sociale assure une meilleure prise en charge des situations de détresse auxquelles sont confrontés les policiers.

«Le point d’entrée dans un commissariat, c’est la détresse. Pour en sortir, il faut coopérer et accompagner », explique Alain Ananos, directeur général adjoint des services de Pantin (Seine-Saint-Denis). Rien d’exceptionnel donc à ce que la commune crée, début 2019, un poste d’intervenante sociale en commissariat (ISC). Occupé par Caroline Daniel, conseillère socio-éducative, il s’inscrit dans « une chaîne cohérente de sûreté » depuis la politique de quotient familial pour l’accès aux politiques de droit commun jusqu’au processus de réintégration sociale par des travaux d’intérêt général, en passant par la médiation urbaine en lien avec les éducateurs et les acteurs de l’Éducation nationale, par les actions de proximité de la police municipale et les missions préventives et répressives de la police nationale et, enfin, par les services de la justice.

Relais social

Maillon de la chaîne policière, le dispositif se déploie dans le cadre de la stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance. « La présence physique de l’ISC simplifie la démarche des personnes qui viennent au commissariat et complète le travail policier d’un relais social », reconnaît un policier sous couvert d’anonymat. Caroline Daniel est chargée d’être, dans le respect du secret partagé et de la déontologie du travailleur social, la facilitatrice du dialogue entre services de sécurité publique et sphère socio-médico-éducative : « j’explique les procédures d’un côté et j’apporte une lecture sociale de la situation de l’autre ». Elle s’autosaisit à partir du registre des mains courantes, ou traite les cas détectés et signalés par les policiers ou la brigade de protection des familles. Une personne peut aussi s’adresser directement à elle ou lui être envoyée par un service social ou une association. « Mon rôle est de répondre, par une intervention de proximité, à une situation urgente avant qu’elle ne dégénère ».

Les problématiques qu’elle connaît sont variées : conflits et violences intrafamiliales, protection de l’enfance, problématiques psychiques, précarité sociale, errance, etc. Elle rencontre un public qui pourrait échapper aux mailles du filet social de la commune ou du département : des voisins pris dans un conflit, des conjoints en guerre pour une garde d’enfant, des personnes vulnérables, des jeunes interpellés pour des trafics, en voie de radicalisation ou coupables de délits routiers, etc.

Orientation

Auteurs d’infractions, victimes, mis en cause, tous ont droit à son écoute, à son accompagnement social et psychologique et à l’information. Elle ne suit pas les personnes sur le long terme : « j’évalue la nature des besoins sociaux et j’oriente vers le pôle social, le CCAS ou les associations partenaires, d’aide aux femmes, en santé ou dans le domaine de la justice et du droit ». Dans ce rôle, sa bonne connaissance des institutions et organismes locaux, acquise par plus de vingt ans d’exercice professionnel, est un atout certain.

« Je parviens à donner un peu d’humanité » – Caroline Daniel, intervenante sociale en commissariat, Pantin

Pour une ancienne assistante sociale comme moi qui ai effectué toute ma carrière dans le monde du social, le commissariat, c’est un autre monde. Avant de prendre mes fonctions, j’ai travaillé en immersion dans d’autres commissariats mais il m’a fallu un temps d’adaptation pour découvrir ce nouvel environnement et me familiariser avec les procédures. J’ai été bien accueillie par les policiers et chacun remplit sa mission dans le respect de celle de l’autre. Je suis salariée de la mairie de Pantin. Une convention règle le partage de la charge de mon salaire entre le ministère de l’Intérieur et la commune. Je suis rattachée à la direction de la citoyenneté mais je rends compte à la hiérarchie policière. Vivre au quotidien aux côtés des policiers a changé ma vision de ce métier. Ils sont sur le terrain, confrontés en permanence à la violence et très impliqués sur le plan émotionnel. Mon bureau est situé près de l’accueil, l’ambiance est souvent lourde et il y a beaucoup de documentation. Je crois que je parviens à donner un peu d’humanité.
Contact : Caroline Daniel, 01 41 83 45 00, caroline.daniel@interieur.gouv.fr

CHIFFRES CLES

  • Pantin (Insee, 2016) : 55 000 hab. dont 39,5 % ont moins de 29 ans ; taux de pauvreté de 29 % ; chômage de 17,6 % et 32 % pour les moins de 24 ans.
  • Police municipale : 36 agents.
  • Police nationale : 3 personnes dédiées aux questions sociales (1 ISC, 1 commandant de police de proximité et 1 major aux questions sociales).