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Social

Social : que fait la police ?

Publié le 31/07/2020 • Par Nathalie Levray • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

menottes arrestation
©Thomas - stock.adobe.com
A priori police et social ne font pas bon ménage. La méfiance est d’ailleurs souvent de mise entre les forces responsables du maintien de l’ordre et les acteurs du travail social qui interviennent plutôt en matière de prévention ou d’accompagnement. Pourtant, une bonne coopération entre ces professionnels est essentielle. En témoignent le succès des intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie ou le dialogue noué au sein des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance. Si ce travail commun permet de sortir des caricatures et d’accepter que le travail des uns et des autres est complémentaire, il reste malheureusement souvent basé sur des liens informels et donc fragiles.

Sous couvert d’anonymat, une commissaire de police exerçant dans une commune de plus de 50 000 habitants affirme : «il n’y a rien de bizarre à associer social et police ». Elle poursuit : « notre mission d’ordre public est de préserver le lien social et nous sommes, dans la cité, garants du vivre ensemble ».

Dimension sociale

Le rôle social de la police est confirmé par la sociologue Anaïk Purenne, coordinatrice de la chaire Unesco Politiques urbaines et citoyenneté de l’ENTPE : « dans sa dimension sociale, le gardien de la paix est un régulateur des conflits sociaux ». La commissaire de police renchérit : « la police régule l’usage de l’espace public ». Elle plaide pour lui « redonner sa place dans la société » : l’agent de police, à l’image du policier municipal, doit « arpenter la ville, dialoguer, connaître le quartier où il travaille, et les personnes, pour créer de la confiance ». Cela suppose à la fois un « état d’esprit dans les équipes », « un portage politique » et la valorisation du travail policier de proximité.

Porte d’entrée

L’activité policière est, en elle-même, à forte dominante sociale. Anaïk Purenne remarque : « la police est le premier service public, ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est la porte d’entrée des difficultés sociales qui touchent les plus vulnérables et des problèmes liés aux discriminations, au racisme, aux violences intrafamiliales ». Les informations sociales recueillies à l’occasion du travail policier restent pourtant le plus souvent inexploitées, car inconnues des travailleurs sociaux et hors du champ de compétences des policiers. Or les conflits de voisinage, les violences sexistes ou sexuelles, les petits trafics, les délits routiers peuvent alerter de façon précoce sur des mineurs primo-délinquants ou en voie de radicalisation, sur des personnes en souffrance et en danger moral ou physique. Ce répertoire de faits constitue une source utile à explorer et exploiter par les travailleurs sociaux.

Ce constat a conduit à installer des intervenants sociaux en commissariat et en gendarmerie. Au 31 mai 2015, selon l’Association nationale d’interventions sociales en commissariat et gendarmerie (ANISCG), 241 postes étaient occupés dans 84 départements. En outre, soixante-dix psychologues rattachés au ministère de l’Intérieur complètent l’accès du public à la sphère médico-sociale à partir d’un commissariat. Leurs missions ont évolué, passant de l’aide et l’accompagnement des victimes à la détection, via les infractions, des problématiques nécessitant un accompagnement social, un travail éducatif ou sanitaire.

Désamour

Pourtant, la cote des forces de sécurité se dégrade dans la population. Dans une étude de décembre 2019 (chiffres de 2018), le Crédoc indique un niveau de considération à 75 % et seulement 60 % chez ceux qui vivent dans un territoire délaissé par les pouvoirs publics. Depuis le mouvement des Gilets jaunes en novembre 2018 et les contestations sociales de 2019, le fossé se creuse davantage. Ce désamour interroge la capacité de la police à remplir un rôle social.

Directeur général adjoint (DGA) de la ville de Pantin, Alain Ananos constate que « certains travailleurs sociaux refusent de coopérer avec les services de police par crainte du contrôle de leurs usagers ». Éducatrice spécialisée en région parisienne, Marie (1) confirme : « le secret professionnel, extrêmement puissant dans le travail social, est au cœur de l’impossibilité de travailler ensemble ». Tant et si bien qu’une recommandation de l’Association nationale des assistants de service social (2014), tout en reconnaissant les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) comme « un espace pertinent », pour des travaux de portée générale, invite le professionnel à « quitter le groupe de travail » si des pressions s’exerçaient pour obtenir des informations à caractère personnel et nominatives ». Ce blocage entre acteurs est un écueil, à lever, selon Marie, « en traitant le sujet dans la formation initiale ».

Partenariats locaux

Selon elle, « le policier doit être vu comme une personne ressource ». Il peut ainsi devenir un interlocuteur de qualité pour le travailleur social. « Il faut sortir des caricatures et accepter le rôle de l’autre, la police concourt à la sûreté de la société », tranche Alain Ananos. Marie renchérit : « chaque institution doit faire son boulot car l’éducatif et le social ne résolvent pas tout ».

La nécessité d’un travail commun a été saisie en Bourgogne Franche-Comté, sous l’impulsion du général Thierry Cailloz qui commande le groupement de la Côte-d’Or. Fort de son expérience canadienne, il a outillé la Brigade de protection des familles (BPF) du dispositif baptisé le Gend Social. La capitaine Anne Charlotte Douchet, officier coordonnateur, souligne « l’intérêt d’allier le social et le préventif au répressif ». Si elle retient « le rôle fondamental de l’intervenante sociale en gendarmerie », elle insiste sur « la quarantaine d’enquêteurs volontaires spécialisés et formés au sein d’associations à la prise en compte de la parole des victimes, des auteurs de violences et des enfants, des partenariats avec la justice pour des réponses pénales rapides et avec le tissu associatif pour une prise en charge sociale tout aussi rapide, un ancrage fort sur le département ».

Connaissance réciproque

Cet ancrage local détermine la connaissance, essentielle, de son aire d’intervention par le policier ou le gendarme. La réciproque est vraie : la population doit connaître et comprendre les missions des forces de l’ordre. Mathilde (1), psychologue dans un commissariat de région parisienne, note que « le regard suspicieux des associations et des personnes ne dure pas quand elles comprennent le sens de mon intervention ». Alain Ananos va plus loin : « le rôle de la police républicaine est d’être aux côtés des communes ». Ainsi les missions de proximité se développent-elles au sein de la majorité des polices municipales, dans une approche de gestion de la sécurité au plus près de la population et d’une action policière prioritairement préventive.

L’association Raid Aventure Organisation, composée de bénévoles des polices nationale et municipale, de la gendarmerie, des CRS et des pompiers, s’applique à favoriser cette connaissance réciproque, le plus souvent auprès de la population jeune des quartiers populaires. Thierry Danos, directeur de la maison d’enfants à caractère social de Domont, les a accueillis, « en uniforme », précise-t-il, avec mur d’escalade, ring, espace d’auto-défense, etc. « Ces animations ont été un vecteur de dialogue qui a transformé une «presque haine» en un étonnement de découvrir les missions de prévention et de protection et un intérêt pour les métiers ». Il relève combien « cette intervention a eu un rôle éducatif auprès de ces jeunes, notamment dans leur rapport à l’autorité ».

Bricolage

Si les CLSPD, notamment dans leur composition plénière, restent un outil de partenariat trop éloigné du terrain pour être concrètement efficaces, les acteurs sociaux assurent de la pertinence et l’utilité de liens plus informels. Alain Ananos évoque « des instances de rencontres au sein des maisons de quartier, avec les bailleurs sociaux, des parties de foot entre policiers, agents territoriaux et habitants, notamment les plus jeunes, ou des projets communs construits dans le cadre du CLSPD ». Ces articulations favorisent la connaissance et la compréhension de l’autre et de son travail. Reste que les initiatives de coopération ressortent souvent du « bricolage », estime Marie. Ces liens informels questionnent l’efficacité à long terme, tout dépendants qu’ils sont des femmes et des hommes qui les veulent et les animent.

Références

  • « Livre blanc de la sécurité intérieure, 133 propositions de tranquillité publique de prévention de sécurité civile », ANCTS, 2020.
  • « La satisfaction ressentie par les victimes lors du déplacement à la police ou à la gendarmerie », La note, ONDRP, n° 36, 2019.
  • « Dépasser la police de sécurité du quotidien (PSQ) : 32 propositions pour rétablir la confiance entre les forces de l’ordre et la population », Guillaume Farde, Francis Delcourt, L’Hétairie, 2019.
  • « Préconisations aux professionnels suite à la publication de la nouvelle charte déontologique pour l’échange d’informations dans le cadre des CLSPD », Anas, septembre 2014.
  • Avis sur l’échange d’informations et le partenariat dans le cadre de la prévention de la délinquance, Conseil supérieur du travail social, 17 juillet 2014.

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