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Grand âge et handicap

« Le concept de l’habitat inclusif devrait apporter des solutions nouvelles »

Publié le 15/03/2019 • Par Isabelle Raynaud • dans : Dossiers d'actualité, France

cherbourg-habitat-inclusif
© Jean-Michel Enault/Ville de Cherbourg-Octeville
La réussite de l'habitat inclusif ne pourra se faire sans l'adaptation du parc social. Une situation bien prise en compte, assure Magali Vallet, conseillère en politiques sociales de l'Union sociale pour l'habitat (USH).

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Avec l'habitat inclusif, cap sur l'autonomie

Les bailleurs sociaux sont-ils en mesure d’anticiper les besoins des locataires vieillissants ?

magali-valletConcernant l’occupation, Ils réalisent tous les deux ans une enquête, dont l’édition 2016 montre que 32,2% des locataires HLM sont âgés de plus de 60 ans, et 10,8% de plus de 75 ans. En parallèle, les personnes âgées représentent 7% des demandeurs, une part qui progresse. Certaines habitent des maisons isolées et veulent se rapprocher des centres urbains et des services, de leur famille… Donc oui, les bailleurs sociaux disposent des données nécessaires même s’ils ont besoin de travailler à des échelles bien plus fines, dans le cadre de leur Plan stratégique de patrimoine, quand par exemple dans tel ou tel immeuble ils ont 50% de locataires âgés et que des travaux d’adaptation vont devoir être réalisés pour favoriser le maintien à domicile de ces locataires.

On a l’impression que, pour lancer un projet d’habitat inclusif, les bailleurs sociaux ont besoin d’être « tirés par la manche » par une collectivité ou une association…

Le bailleur social s’inscrit durablement sur un territoire, il a des partenariats très construits avec les collectivités locales. Sur ce sujet de l’accompagnement du vieillissement,  la question du partenariat est très importante. A partir du moment où une collectivité locale va impulser une dynamique, le résultat produit est forcément plus intéressant. Mais il ne faudrait pas dire que les organismes de logements sociaux n’agissent dans ce domaine que sur initiatives portées par les collectivités locales.

De plus en plus, les organismes HLM s’inscrivent dans une politique d’offre d’habitat et de services, définie en concertation avec les acteurs locaux et en fonction des besoins des territoires. Dans la loi Elan, l’article 88 fait d’ailleurs évoluer les missions des organismes en ces sens.

Qu’est-ce qui a poussé les bailleurs sociaux à le faire ?

Les besoins des locataires âgés du parc social et le fait qu’ils ne trouvent pas toujours les services dans leur territoire. D’après nos enquêtes qualitatives, ils sont demandeurs de menus travaux -remplacement d’une baignoire par une douche, installation de barre d’appui dans les toilettes… – mais de plus en plus, aussi de :   service de veille, d’animation, de lutte contre l’isolement… Or il ne faut pas nier la question de la solvabilité des locataires, et c’est bien la limite de l’exercice… Un chiffre assez ancien mais qui reste d’actualité, indique que 47% des locataires du parc social de plus de 65 ans appartiennent au quartile le plus modeste de la population, donc en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 930 euros de ressources mensuelles.

Le concept de l’habitat inclusif devrait apporter des solutions nouvelles. Il faut maintenant attendre la définition du cahier des charges et connaître les modalités de financement.

Et en attendant ?

Les bailleurs sociaux ont  développé depuis de nombreuses années des opérations  d’habitat regroupé, d’habitat accompagné, intergénérationnel… Ils continuent malgré un contexte qui se durcit… Le mécanisme de la réduction du loyer de solidarité grève très lourdement leurs budgets ce qui aura forcément un impact sur le financement de travaux et le développement d’offres nouvelles… Pour le moment, on n’en a pas encore les effets immédiats, mais nous sommes inquiets.

Des financements ne peuvent-ils pas venir de l’assurance-vieillesse ?

Nous avons signé une convention triennale 2016-2018 avec la Caisse nationale d’assurance vieillesse qui a été très productive et sommes en discussion pour son renouvellement 2019-2022.

Les opérations spécifiquement dédiées proposent des logements adaptés mais également des espaces de vie collectifs pour les animations ou les ateliers, que seule la Cnav nous permet de financer. Ce partenariat est donc très important.

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