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[INTERVIEW] JURIDIQUE

« Au sens freudien, la loi, c’est le père, l’autorité et l’interdit » – Vincent Aubelle

Publié le 06/02/2019 • Par Jean-Marc Joannès • dans : Actu juridique, France

vincent-aubelle
Julien Rambaud /Andia.fr
Professeur de droit à l’université Paris est - Marne-la-Vallée et psychanalyste… une double casquette dont Vincent Aubelle se sert, dans un ouvrage qui vient de paraître (« La Loi sur le divan », coll.), pour décrypter les maux qui affectent à la fois le législateur et la décentralisation. Interview « divan ».

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Qu’est-ce qui peut amener à suivre deux formations, l’une de juriste, l’autre de psychanalyste ?

Il y a un étayage très fort entre droit et psychanalyse. Freud, qui avait envisagé de suivre des études de droit, a beaucoup échangé avec Kelsen, le juriste autrichien auteur de la théorie du droit pur et de la hiérarchie des normes. Je conseille depuis plus d’une vingtaine d’années les élus locaux sur l’organisation territoriale. Je m’étonne de ce qu’ils ressentent autant de craintes et d’inquiétudes vis-à-vis des réformes. La mise en place de la décentralisation est encore très infantile ; en réalité, les élus attendent tout de l’Etat et de la loi. Pourquoi ne saisissent-ils pas plus de libertés ? J’ai voulu apprécier ces observations à l’aune des ressorts psychanalytiques, pour expliquer un certain nombre de prévenances et de tabous. Au sens freudien, la loi, c’est le père, l’autorité et l’interdit.

De quelles pathologies souffre le législateur français ?

La première pathologie, c’est cette boulimie législative : la loi doit tout prévoir. La deuxième pathologie relève de la paranoïa : ce qui n’est pas inscrit dans la loi devient impossible, voire interdit. La réglementation des marchés publics en est un bel exemple. Bien souvent, les acheteurs publics se sécurisent et vont au-delà de la loi pour mettre en œuvre des procédures complexes. Troisième pathologie : la loi se réfère de plus en plus à des normes, ce qui se traduit par l’éviction du sujet : l’autre n’existe pas. La fixation d’un seuil de 3 % en matière de finances publiques est révélatrice – elle permet d’oublier les réalités. Ce qui explique l’actualité des « gilets jaunes », on découvre soudainement que l’autre existe.

Quels sont les remèdes ?

L’avenir de la loi se joue autour de trois éléments essentiels de la psychanalyse. Premièrement, « la parole du silence » : il faut sortir de cette conception de la loi selon laquelle on doit tout y écrire. Elle doit se cantonner aux grands principes, tout le reste devant se régler par des négociations, des accords, entre les acteurs concernés. Le législateur ne réintervient que si aucune solution sur le terrain n’est trouvée. C’est la notion de droit souple. Le deuxième axe de travail repose sur la durée. L’idée de faire une loi en permanence est une erreur qui renvoie à la notion psychanalytique de durée : une loi doit pouvoir être revisitée. Il faut aussi restreindre le champ du législateur pour lui laisser le temps de légiférer. On rejoint ainsi les principes d’évaluation et d’expérimentation. La troisième voie, c’est sortir du surmoi du législateur et de l’idée que l’Etat a réponse à tout. L’un des maux de la décentralisation, c’est que l’on ne fait pas assez confiance aux acteurs locaux. En ce sens, la différenciation territoriale et, à nouveau, le droit à l’expérimentation sont de bonnes pistes.

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