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PROTECTION DE L'ENFANCE
« Il y a une bureaucratisation croissante dans la protection de l’enfance »
Rouja Lazarova | Actu prévention sécurité | France | Publié le 28/01/2019

Alors que le gouvernement, avec un nouveau secrétaire d'Etat, Adrien Taquet, doit lancer ce lundi 28 janvier 2019 une concertation pour améliorer la protection de l'enfance, la Gazette a rencontré Nadège Séverac, sociologue spécialisée dans les maltraitances intrafamiliales.

enfant-battu-maltraitanceSociologue, chercheure associée au Centre de recherche sur les liens sociaux Paris-Descartes, Nadège Séverac est spécialisée dans les maltraitances intrafamiliales. Elle est également formatrice au sein des départements et des associations. Sa démarche associe la recherche au travail de terrain. Elle a notamment participé à l’élaboration du rapport « Démarche de consensus sur les besoins fondamentaux en protection de l’enfance », remis à Laurence Rossignol, ancienne ministre de la Famille, de l’enfance et des droits des femmes, en février 2017. Suite à la diffusion du reportage « Les enfants placés. Les sacrifiés de la République » diffusé sur France 2, qui a mis les professionnels sur la défensive, Nadège Séverac revient sur les difficultés de la protection de l’enfance.

Quel bilan tirez vous de l’application de la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant ?

nadege-severacIl faut rappeler que la loi est intervenue en fin de mandat de Laurence Rossignol, dont l’esprit de travail n’a pas été forcément relayé par le gouvernement suivant. Ensuite, il y a un effet de ciseau entre ses exigences accrues et un durcissement de la conjoncture sur le terrain. Les départements resserrent le cordon de la bourse et réorganisent les services sur leur territoire, ce qui crée de l’instabilité voire du désordre et impacte les professionnels. Les exigences accrues concernent une meilleure prise en compte des besoins de l’enfant, un suivi rapproché de son parcours, un accompagnement plus en amont de la transition vers la majorité. L’évaluation du Projet pour l’enfant (PPE) doit se faire de façon plus précise, plus renseignée. La loi avec ses 14 décrets d’application demande à faire de mieux en mieux de plus en plus de choses. De l’autre côté, les professionnels de la protection de l’enfance sont exposés à une pression extraordinaire, ils ont des responsabilités importantes dans un contexte où les dispositifs sont saturés (voir la tribune des juges de la Seine-Saint-Denis dans « Le Monde » en novembre 2018). Ils mettent en œuvre une politique publique qui s’occupe, il faut le dire, de la maltraitance des enfants. C’est un sujet difficile à supporter.

Les professionnels sont-ils préparés à relever ces défis ?

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