Energie

Méthanisation : plusieurs dossiers coincent encore

| Mis à jour le 28/01/2019
Par • Club : Club Techni.Cités

Le gouvernement réunissait les acteurs de la méthanisation lundi 14 janvier. Bilan : un nouveau clash entre les collectivités et le monde agricole sur la question des boues d’épuration, de bonnes nouvelles concernant les coûts de raccordement, l’annonce d’appels d’offres pas forcément rassurants et beaucoup de points d’interrogation.

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Méthanisation : une filière qui doit mettre les gaz

Un  an après l’annonce d’une série de mesures en faveur de la méthanisation, un groupe de travail était réuni par le gouvernement lundi 14 janvier pour en dresser un premier bilan… pour le moins contrasté. « Ça avance, mais pas toujours de manière très concrète », regrette Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables.

À la décharge de la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon, le dossier dont elle a hérité de son prédécesseur Sébastien Lecornu était loin d’être aussi solide que le plan éolien par exemple. Lui aussi présenté début 2018, celui-ci avait fait l’objet de nombreux débats se soldant par des annonces concrètes. Les discussions autour de la méthanisation restaient quant à elles superficielles. Les problématiques étaient posées, mais les principales sources de discorde n’étaient pas réellement tranchées.

Le casse-tête des boues d’épuration

Certaines ne le sont pas davantage aujourd’hui. À l’instar du sort des boues d’épuration qui fait toujours grincer quelques dents. La possibilité de les mélanger à des biodéchets pour les méthaniser et les épandre dans des champs avait été envisagée il y a un an… Elle n’est finalement pas plus évidente qu’auparavant. Et si la loi Egalim votée en octobre 2018 a défini des conditions de sortie de statut de déchet pour faciliter la gestion de la matière solide issue de la méthanisation, elle en a tout bonnement exclu les boues urbaines.

Lundi 14 janvier, c’est un nouveau dialogue de sourd qui s’est engagé à ce sujet entre les principales associations de collectivités (FNCCR, AMF, Amorce, ADCF) et le monde agricole représenté par la FNSEA. Pour tenter de les mettre d’accord, le Club biogaz a été chargé de suivre un groupe de travail travaillant exclusivement sur les normes de digestats. Mais cela pourrait bien ne pas suffire. Marqué par des épisodes comme la crise de la vache folle et estimant que personne ne viendra à son secours en cas de nouveau scandale sanitaire, le syndicat considère que, quelle que soit la norme, le risque zéro n’existe pas. Et il refuse par conséquent tout compromis.

Appels d’offres qui rient, appels d’offres qui pleurent

Au rang des bonnes nouvelles, le droit à l’injection dans le réseau de gaz naturel annoncé il y a un an a été validé par la même loi Egalim. Un arrêté publié samedi 12 janvier précise que les coûts de raccordement de chaque projet seront désormais pris en charge à hauteur de 40 % par les gestionnaires de réseau (jusqu’à 400 000 euros). Un deuxième texte attendu en avril devrait préciser les conditions auxquelles les opérateurs doivent investir dans des rebours… Une technique qui permet d’injecter du biométhane dans de petits réseaux de distribution, même quand la demande locale est faible (en « remontant » les molécules dans un réseau de transport qui lui n’a aucun problème de capacité).

Autre avancée, l’échec des appels d’offres pour les installations de 500 kW à 1 MW misant sur la cogénération a semble-t-il convaincu le ministère de leur appliquer un mécanisme plus souple de complément de rémunération… Reste à en connaître le montant. « On nous a en revanche annoncé que les appels d’offres allaient désormais s’appliquer à tous ceux qui injectent plus de 15 GWh de biométhane par an dans le réseau de gaz naturel, soit environ 15 % des installations, regrette Jean-Louis Bal… Une décision critiquée unanimement car la filière n’est pas assez mature ». Mauvaise nouvelle en particulier pour les collectivités dont les projets généralement conséquents ont une probabilité plus forte d’être touchés que ceux des agriculteurs.

Un projet de PPE timide

« Depuis un an, l’allègement des contraintes réglementaires est réel, mais on n’a pas autant d’avancées qu’espéré, souligne quant à lui Michel Spillemaecker, président du Club biogaz. L’extension d’un guichet unique pour traiter toutes les demandes des porteurs de projet reste en particulier à la discrétion du préfet ». L’abaissement du seuil nécessitant un classement ICPE qui avait été annoncé il y a un an a quant à lui bien été opéré.

Reste un hic. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui devrait être présenté dans les jours qui viennent et avait été esquissé en novembre semble pour le moins timide en ce qui concerne le biométhane. Il prévoit un volume de 6 TWh/an en 2023 alors que le chiffre de 8 TWh/an avait été avancé dans la version du texte publiée en 2016. Un objectif de diminution des coûts à 67 €/MWh est par ailleurs avancé alors qu’on oscille aujourd’hui entre 90 et 120 € MWh. Là aussi, la marche semble très haute.

 

 

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Commentaires

1  |  réagir

22/01/2019 06h13 - patchole

Au loup! au loup! au loup!
Voici donc encore une fois la FNSEA qui dans toute sa splendeur n’amène aucune argumentation scientifique et agite l’épouvantail de la vache folle pour bloquer l’avancement de ce dossier. Pourtant les deux sujets sont totalement dissociés et incomparables. J’espère que nos gouvernants ne tomberont pas dans cette vaste entreprise d’intox qui n’a pour objectif que de réserver tous les gisements disponibles aux futures mégastructures de méthanisation dites agricoles. Il ne faut pas être dupe. Messieurs les ministres, l’action de lobby engagée par la FNSEA depuis plus d’un an continue. L’amendement sur la sortie du statut des déchets de tous les digestats sauf les boues de STEP adopté en toute discrétion dans la loi Egalim cet été, alors qu’aucune conclusion du GT méthanisation n’avait été émise, montre au combien la concertation est tronquée par ces actions obliques.

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