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DÉCENTRALISATION
Les petites villes réclament un Grenelle des territoires
Jean-Baptiste Forray | France | Publié le 16/01/2019

Les maires de la France des gilets jaunes dénoncent l’abandon des pouvoirs publics. Ils demandent un fonds national de solidarité territoriale pour faire ruisseler les richesses fiscales des métropoles.

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Disparition des petites lignes ferroviaires, dévitalisation des centres villes, désertification médicale… : depuis des années, l’Association des petites villes de France (APVF) dénonce « la cécité des gouvernements et des élites administratives ». Après avoir longtemps prêché dans le désert, elle voit la fronde des gilets jaunes confirmer ses vues. Non, les métropoles ne ruissellent pas. Non, la mise en concurrence des territoires ne tire pas tout le monde vers le haut.

Au lendemain du coup d’envoi du grand débat, l’APVF cherche à pousser son avantage. Porte-voix des habitants de « l’arrière-pays » qui constituent le gros des bataillons sur les ronds-points, elle réclame un Grenelle des territoires.

Prime mobilité

En tête de gondole : la création d’un fonds national de solidarité territoriale abondé à la fois par les métropoles et par l’Etat. Un dispositif ciblé, à l’échelle de chaque région, en faveur de la mobilité, de la couverture numérique et de l’attractivité des petites villes.
« Nos habitants qui travaillent dans les centres urbains participent à la création de richesse dans les métropoles », argue le patron de l’APVF, le député PS de Seine-Maritime Christophe Bouillon.

Au chapitre « mobilité », l’Association des petites villes de France préconise l’octroi d’une prime allouée selon des « critères sociaux et géographiques ». L’APVF ne s’arrête pas en si bon chemin. Elle recommande également la mise en place d’un « pass » pour les transports valable partout en France. Un dispositif qui serait, là encore, réservés aux publics fragiles. Une manière pour l’APVF de lutter contre les inégalités territoriales.

Extension du plan Action cœur de villes

Les maires mettent, enfin, le doigt sur les dommages collatéraux de l’installation de la grande distribution et des centres commerciaux à la périphérie des villes. Dans le cœur de leur commune, les boutiques peinent à attirer le chaland. « Il y a des secteurs, chez moi, où 30 % des commerces sont fermés », s’alarme le premier magistrat de Saint-Flour (Cantal), Pierre Jarlier (Divers droite), numéro deux de l’APVF.
Aussi, l’association souhaite que 500 municipalités de sa strate bénéficient du plan Action cœur de villes [3] au même titre que les 222 communes déjà retenues dans le cadre de ce dispositif.

Et Christophe Bouillon de mettre en garde Emmanuel Macron : « S’il n’y a pas, comme il le dit, de question taboue, il ne doit pas y avoir de réponse taboue. »

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