Biodiversité : derrière des indicateurs toujours dans le rouge, une lueur d’espoir

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Biodiversité : derrière des indicateurs toujours dans le rouge, une lueur d’espoir

Par • Club : Club Techni.Cités

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L’Observatoire national de la biodiversité a publié ses derniers indicateurs. Il confirme les inquiétudes des rapports internationaux, mais donne aussi de petites pistes d’espoir.

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Le dernier rapport de l’Observatoire national de la biodiversité montre que, grâce à ses Outre-mer, la France héberge 10 % de la biodiversité mondiale. Cette chance implique aussi une lourde responsabilité. D’autant qu’en raison des pressions anthropiques, elle fait également partie des 10 pays qui hébergent le plus grand nombre d’espèces en danger.

Les Outre-mer très menacés

La biodiversité ultramarine est fortement menacée par la prolifération des espèces invasives : 60 des 100 espèces invasives les plus néfastes au monde sont présentes dans nos territoires d’outre-mer. Du fait de leur fort taux d’endémisme, ils sont particulièrement vulnérables à ces espèces.

Espèce clé, très sensible aux changements climatiques, les coraux sont en diminution de près de 30 % (données Ifrecor 2018). Au final, le risque de disparition d’espèces est presque deux fois plus élevé outre-mer qu’en métropole : 40 % contre 22 %.

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De tristes records

Ce n’est pas nouveau, les chiffres de la biodiversité sont mauvais. Triste record pour les chauves-souris métropolitaines, dont le déclin de l’abondance des populations atteint 38 % en 10 ans. Les effectifs de ces espèces sont intéressants à suivre, car spécialement sensibles à la destruction de leurs habitats, à la pollution lumineuse ou encore au développement des éoliennes. Ce sont donc de bons indicateurs de la pression des activités humaines, souligne le rapport.

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Autres bons indicateurs : les oiseaux des champs souffrent aussi particulièrement avec une baisse des effectifs d’un tiers sur 1989-2017. En outre, toutes ces données ne sont que partielles, puisque le rapport estime que 66 % des espèces sont mal connues.

Pour les habitats naturels, la période 2007-2012 confirme les conclusions de la première étude (2001-2006) : seul un 1 habitat sur 5 se trouve dans un état favorable. L’artificialisation du sol augmente toujours (1,4 % par an entre 2006 et 2015), de même que la vente de produits phytosanitaires : + 12 % pour le Nodu (nombre de doses unités) sur la période 2014-2016 par rapport à 2009-2011.

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Côté climat, l’évolution montre une diminution de 2,5 jours de gel en moyenne par an sur la période 1961-2010.

Des pistes d’espoir

Bonne nouvelle en revanche pour les loups et les lynx qui occupent un peu plus d’espaces. Mais très modestement quand même, respectivement 3,7 et 1,5 % du territoire national. La présence de l’ours en revanche reste stable (0,3 %). A noter que l’indicateur ne porte pas sur les effectifs, mais sur l’implantation géographique. Sans avoir besoin des chasseurs, ces grands prédateurs « régulent les effectifs de grands herbivores » et « participent ainsi à l’équilibre des écosystèmes » souligne le rapport.

Les politiques de l’eau portent aussi leurs fruits. Ainsi, la pollution des cours d’eau par les nitrates (- 11 %), mais surtout par les orthophosphates (-50 %), a diminué, grâce essentiellement aux traitements des eaux urbaines. Cependant, ces bonnes moyennes nationales cachent de grandes disparités entre régions. Et on est encore loin des objectifs fixés par la DCE de 64 % des masses d’eau en bon état en 2015 (seulement 44 %).

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Les enjeux biodiversité gagnent du terrain

Côté aménagement, « l’intégration des enjeux de biodiversité dans un schéma de cohérence territorial (SCOT) est un marqueur important de la prise en compte de celle-ci dans la conduite du territoire sur le plan économique » note le rapport. Or, depuis 2011, la part du territoire national couvert par des SCOT opposables, intégrant les dispositions de la loi Grenelle 2, suit une progression régulière, pour atteindre 24 % fin 2017. « Près de 24 millions d’habitants, soit 36 % de la population française, vivent dans ces territoires » soulignent les auteurs du rapport.

Autre motif d’espoir, la dépense nationale consacrée à la biodiversité a augmenté de 75 % entre 2000 et 2015. Encore plus fulgurante, l’implication des citoyens dans les sciences participatives liées à la biodiversité progresse de 154 % entre 2011 et 2017.

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