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DOSSIER : Grand débat national : quelles mobilisations dans les territoires, pour quels effets ?
Dossier publié à l'adresse https://www.lagazettedescommunes.com/601840/grand-debat-national-il-faut-integrer-les-agents-publics-dans-le-recueillement-de-la-parole-citoyenne/

GRAND DÉBAT NATIONAL
Grand débat national : « Il faut intégrer les agents publics dans le recueil de la parole citoyenne »
Laura Fernandez Rodriguez | Dossiers d'actualité | France | Toute l'actu RH | Publié le 16/01/2019 | Mis à jour le 20/02/2019

Romain Beaucher, associé de l’agence de design de politiques publiques Vraiment Vraiment, estime que les agents publics pourraient jouer un rôle central dans le grand débat national qui vient de débuter, pour permettre de capter des « morceaux de réalité », et contribuer à recueillir, non pas une parole de « sondés », mais bel et bien une parole de « citoyens ».

romain_beaucher_vraimentvraimentComment percevez-vous les cahiers de doléances qui ont été remis au gouvernement par l’AMRF ?

A la lecture, je ressens un mélange de déception et de colère. Quand on pose des questions de sondeurs aux gens, ils font des réponses de sondés, et pas des réponses de citoyens. Sur la forme, cette synthèse [1] se présente comme une sorte d’agrégation de « bullet point », avec des réponses assez pauvres, caricaturales. Un exemple de « bullet point » : la déconnexion entre le peuple et les élites. Une fois qu’on a dit ça, c’est très compliqué de faire le lien avec un projet de transformation publique. Je crains que ce ne soit un avant-goût de la production du « grand débat ».

Dans la veine de l’analyse de Bruno Latour, je pense que le citoyen est capable d’exprimer ses intérêts et de les articuler dans un projet de transformation, mais cela implique en amont de réaliser un travail de description du réel par les gens eux-mêmes, et non de s’adresser à eux via des thèmes imposés et des questions intimidantes et assez techniques.

Les agents publics auraient selon vous un rôle primordial à jouer dans cette concertation ?

Un des risques que court le grand débat est un défaut d’opérationnalité et un défaut de liens entre la conversation et le passage à l’action. Une des façons de répondre à ce risque-là aurait été

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