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Crise des gilets jaunes

Vanik Berberian : « L’électrochoc peut être salutaire »

Publié le 03/01/2019 • Par Jean-Marc Joannès • dans : France

vanik berberian
Patricia Marais
Le 5 décembre 2018, l’Association des maires ruraux de France (AMRF) et l’Association des petites villes de France (APVF) ont appelé les élus à recueillir les doléances et les propositions des Français. Ce, bien avant le lancement du Grand débat national. Entre 4 000 à 5 000 communes de moins de 3 500 habitants ont ainsi ouvert des cahiers de doléances. Vanik Berberian, président de l’AMRF, détaille la procédure suivie et ce qu’il attend des suites de la synthèse qui sera transmise au président de la République, au Premier ministre et au Parlement, à la mi-janvier

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Pourquoi avoir organisé le recueil des doléances et propositions ?

Nous sommes partis d’un constat de blocage. En tant qu’élus, nous avons une responsabilité. Le maire est l’élu le plus légitime, de par sa fonction et son rôle, pour s’adresser directement au citoyen. Il est à la fois le représentant de l’Etat dans sa commune et le représentant de la commune vis à vis de l’Etat. Et désormais, l’urgence, c’est de « sortir du rond-point », qui n’est pas un lieu de dialogue.

Désormais, l’urgence, c’est de « sortir du rond-point », qui n’est pas un lieu de dialogue.

Pour les maires ruraux, recueillir des propositions « du terrain » et leur mise en forme n’est pas une première. Durant les campagnes présidentielle et législative de 2017, l’AMRF avait organisé les états généraux de la ruralité. Il s’agissait de mettre autour de la table des élus, des citoyens, des représentants de la vie économique et de la vie associative… C’est à dire toute personne impliquées sur un territoire et ayant une vision à défendre. Il en était sorti 150 propositions.

Le document avait alors été envoyé à tous les candidats. Mais à l’époque, nous étions dans en période électorale, donc d’« espérance », d’élaboration et de définition des programmes, et non dans une période de conflits, comme actuellement.

Pourquoi n’avoir travaillé qu’avec l’association des petites villes de France (APVF) ?

Nous n’avons volontairement pas proposé à l’Association des maires de France, à l’Assemblée des départements de France et Régions de France de s’associer à la démarche, car depuis la séquence de Marseille, ces trois associations d’élus forment un triumvirat à part.

Villes de France, l’APVF et ville et banlieues ont été sollicitées. Mais Caroline Cayeux (Villes de France) s’est finalement désistée, par crainte de débordement dans les mairies. Villes et banlieues, elle, n’était pas en mesure, techniquement, de nous rejoindre.

Nous avons recueilli des milliers de contributions, de toute nature, de trois lignes à trois pages : un matériau sociologique et politique très intéressant.

Plusieurs milliers de mairies se sont ouvertes à l’exercice de recueil de doléances et propositions. On estime à 5000 celles qui se sont déclarées comme participant. Nous avons recueilli des milliers de contributions, de toute nature, de trois lignes à trois pages. C’est un matériau sociologique et politique très intéressant. Il s’agit désormais de savoir en tirer parti.

Comment allez-vous désormais procéder ?

Nous avons remis officiellement les contributions dans chaque département aux préfets. Ils en formeront une première synthèse, à partir d’une trame thématique pour évaluer les grandes thématiques émergentes. L’immigration ne vient ainsi qu’en 8e position ( sujets internationaux) sur les onze thématiques.

Les onze items, dans l’ordre d’importance, au 21 décembre, sont :

  1. la justice sociale,
  2. la justice fiscale,
  3. l’organisation politique et territoriale ;
  4. Aménagement, transport et mobilité ;
  5. la vie démocratique ;
  6. Transitions énergétique et écologique ;
  7. Emploi et économie ;
  8. Sujets internationaux ;
  9. Services de proximité ;
  10. Rôle de l’Etat dans les territoires ;
  11. Autres thèmes.

Attention, nous n’avons pas encore reçu toutes les contributions.

La synthèse finale sera rendue dans le courant du mois de janvier. Elle sera remise au Président de la République, au premier Ministre et aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Comment cela s’articule-t-il avec le lancement du grand débat national ?

Notre démarche est différente. Nous avons facilité l’expression, nous n’avons pas organisé un débat. Les maires ne sont pas intervenus dans un cette expression. Ils n’étaient que des vecteurs.

Le grand débat national est d’abord géographiquement bien plus  large, avec une méthodologie d’organisation de débat. La Commission nationale du débat public (CNDP)  a une connaissance et un savoir-faire propre.

Mais sa présidente Chantal Jouanno nous a proposé de mettre en ligne sur le site de la CNDP les contributions que nous avons recueillies.

Quelles suites aimeriez-vous qu’il soit donné à l’action de l’AMRF et de l’APVF ?

C’est un élément d’expression à la disposition du grand débat national. Mais nous présenterons à nouveau nos 150 propositions de 2017, même si le climat était bien différent. Nous nous sommes présentés en tant qu’interface, et peut être certains des items relevés pourraient être repris. Mais notre souci était de n’apparaître ni comme un faire-valoir du gouvernement, ni comme un vase d’expansion pour canaliser et renvoyer le mécontentement. Si le gouvernement a salué notre démarche, il n’en est pas à l’initiative !

Les maires ont ainsi réaffirmé leur rôle de « corps intermédiaires »…

Il y a une prise de conscience. Le Gouvernement a reconnu certaines erreurs et la nécessité d’avoir recours aux maires. cela transparaît notamment dans l’allocution du président de la République le soir du 21 novembre : jamais il n’avait autant parlé des maires. C’est vrai que les « corps intermédiaires » ont été d’abord considérés comme des facteurs de blocage et d’inertie ; mais cela s’est retourné contre le Gouvernement. Alors, oui, en ce sens, il y a bien une reconnaissance du rôle du maire, de sa fonction et de son utilité. L’Etat a compris qu’il ne peut s’en affranchir. Ces élus sont bien, selon les termes d’Emmanuel Macron «  les interlocuteurs naturels des citoyens ».

Il faut oser parler de la responsabilité de l’Etat et de la petite aristocratie de la haute administration qui mène la danse.

Surtout, les tensions que nous vivons en France peuvent être une chance. L’électrochoc peut être salutaire. Tous ont conscience que, depuis trente ans, nous dysfonctionnons et qu’il faut un changement de paradigme. Nous pouvons et devons faire évoluer les choses, même si cela reste difficile. Il faut oser parler de la responsabilité de l’Etat et de la petite aristocratie de la haute administration qui mène la danse.  Il faut maintenant oser s’interroger sur les responsabilités… toutes les responsabilités !

Comment a réagi l’AMF à l’initiative de l’AMRF ?

Certains à l’AMF ont salué l’initiative. D’autres,  et parfois localement certains délégués de l’AMF, ont critiqué notre initiative et l’ont même qualifiée de démagogique. L’AMF n’a pas complètement pris la mesure du changement politique que nous connaissons. La partition millimétrée entre la gauche et la droite n’existe plus. Les clivages sont désormais ailleurs et les schémas complètement renouvelés.

Pourtant, dans certains départements, les relations entre AMF et AMRF fonctionnement très bien. Il faut savoir dépasser les réflexes corporatistes et les intérêts de boutique pour faire avancer les sujets de ruralité et la place de la commune.

Votre initiative renforce-t-elle le discours de l’AMRF dans le débat entre communes et interco ?

Oui. Il y a une évolution notable. Il y a, là encore, une prise de conscience : les intercos  comprennent qu’elles vont devoir prendre plus en compte les maires. Le nouveau président de l’ADCF, Jean-Luc Rigaut, a une vision plus ouverte vis-à-vis de la commune. Et lors du dernier congrès des maires, de nouvelles critiques sont apparues contre l’interco.

Aujourd’hui, le premier danger de l’intercommunalité, c’est l’interco elle-même, la manière dont elle se comporte et son appréhension par les maires. L’ADCF et l’AMRF se trouvent maintenant  des points de convergence et nous avons commencé à travailler ensemble, notamment sur le mode de représentation de la commune au sein de l’interco.

En tant qu’élu local, que pensez-vous de la demande d‘instauration d’un référendum d’initiative citoyennes (RIC) ?

C’est un boomerang. Je ne suis pas contre, mais sur certains sujets seulement et selon des modalités très déterminées. D’une part, le RIC peut mener à des excès que la démocratie représentative sait, elle, contrer. Par ailleurs, le rythme électoral est très lourd et trop de consultations pourrait figer la France.

Mais sur certains sujets, pourquoi pas ? Ce n’est qu’un outil : tout dépend de la façon dont on s’en sert. C’est comme l’intercommunalité : cela peut être la pire comme la meilleure des choses !

 

Une autre consultation : celle du CESE

Lancée le 15 décembre 2018, le Conseil économique, social et environnemental ( CESE) dresse le 2 janvier un premier bilan, marqué par une forte participation, de la consultation en ligne qu’il a lancé le 15 décembre et qui se clôt le 4 janvier ((consultation en ligne sur https://participez.lecese.fr/.)).

Plus de 12 000 personnes se seraient exprimées sur la plateforme, avec plus de 6 000 contributions déposées et plus de 120 000 votes.

En tête des propositions figurent la question des avantages fiscaux pour les énergies renouvelables, le renforcement des politiques et des allocations familiales, la revalorisation de la rémunération des fonctionnaires, la réforme du système éducatif, ou encore la prise en compte du vote blanc.

Au total, « la participation des citoyens », la « transition écologique » et les « inégalités sociales » sont les thématiques qui ont suscité le plus de contributions et de débats sur la plateforme, parmi les 6 thématiques initialement proposées par le CESE.

Mi-janvier la synthèse de la consultation sera diffusée, et après une phase d’audition de la mi-janvier au mois de mars, les résultats seront présentés et suivis du vote final du Cese.

 

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Commentaires

Vanik Berberian : « L’électrochoc peut être salutaire »

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Henri Tanson

04/01/2019 08h54

Excellent, extraordinaire, inouï… Trop fort !
Un si long article pour évoquer la situation générale en France, dans lequel il n’est pas une seule fois question de l’Union européenne !
C’est énorme !
Quand on sait à quel point toute notre politique découle de notre appartenance à l’UE et aux traités…
On se demande à quel point il faut être aveugle… A moins de vouloir délibérément occulter cet élément essentiel de la vie politique française : la France n’est qu’une province de l’UE et nos élus ne font qu’appliquer les règles supranationales…
On pourrait reprendre la liste des dix sujets évoqués dans la consultation, on n’en trouvera aucun qui soit exclusivement du ressort de la France… Même l’item « services de proximités » dépend de la politique européenne… En effet, la disparition des services publics, la suppression des emplois aidés, la désertification des campagnes, la baisse du budget de l’Etat, la politique d’austérité continue, etc., qui découlent tous de l’application des traités et de la politique monétaire de la France imposée par la BCE, ont un rôle direct sur cette question.
Dans quelques mois, nous allons voter pour élire des parlementaires européens ?
Dans ces conditions, à quoi bon…?

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