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Logement

Plus on est pauvre, plus on a du mal à accéder à un logement social

Publié le 11/06/2020 • Par Eric Larpin • dans : A la Une santé social, Dossier Santé Social

demande de logement social
zuchero - stock.adobe.com
Alors que les logements sociaux devraient être en priorité attribués aux demandeurs les plus pauvres, il n’en est rien dans la réalité. C’est la conclusion d’un rapport inédit réalisé par des chercheurs avec le soutien des grandes associations d’aide au logement. Celles-ci font quinze propositions pour améliorer le parcours du logement des plus pauvres et alertent sur leur situation à la fin de l’urgence sanitaire, qui pourrait voir des personnes temporairement hébergées retourner à la rue.

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ATD Quart monde, Habitat et humanisme, le Secours catholique, la Fondation Abbé Pierre, Solidarités nouvelles pour le logement et l’association Dalo viennent de diffuser le rapport inter-associatif sur les difficultés d’accès au parc social des ménages à faibles ressources. C’est le constat qu’elles font elles-mêmes en voyant les plus démunis se heurter à des refus de logements systématiques.

Le rapport confirme leurs impressions : quand on dispose de moins de 500 euros par unité de consommation, on n’a que de 18 % de chances de trouver un logement social dans l’année. Par voie de conséquence, un ménage pauvre sur deux est contraint d’aller dans le parc privé, avec un reste à charge démesuré.

Le problème se situe au niveau des attributions

À cette situation, il existe des causes multiples, mais pas celle qui pourrait paraître la plus évidente : le manque de logements. Un rapport de la Cour des comptes de 2017 estimait en effet que le parc immobilier social permettrait d’accueillir toutes les personnes en-dessous du seuil de pauvreté ! Une assertion partiellement vraie puisque la pénurie de logements reste la règle dans des zones tendues comme l’Ile-de-France ou l’agglomération lyonnaise.

« Là où ça se joue vraiment, c’est au niveau des attributions. La loi Dalo est reniée tous les jours, sous le seul prétexte que les demandeurs n’ont pas assez de ressources », regrette Claire Hédon, présidente d’ATD-Quart monde. « Le parc social fonctionne bien pour les petits revenus, mais pas pour les plus pauvres. C’est un parcours du combattant pour y accéder », confirme Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre.

Il faut inverser les manières de faire

Les quinze propositions formulées par le collectif visent donc à améliorer cette accession des plus pauvres au logement social. Une série d’entre elles consiste à diminuer le reste à charge, soit en augmentant les APL, soit en créant des mécanismes de baisse de loyers. « Il faut inverser les manières de faire des 5 millions d’HLM. Il faut qu’elles trouvent le bon logement pour un futur locataire, au lieu de chercher le bon locataire, celui qui pourra payer, pour leur logement. C’est pourquoi parmi les idées, nous proposons d’expérimenter la quittance adaptée aux ressources et aussi de mieux diffuser le loyer unique, permis par la loi Elan et utilisé par exemple par la Métropole de Rennes. Nous préconisons aussi la création de fonds régionaux de baisse de quittances pour les nouveaux entrants, comme il en existe déjà en Isère », souligne Véronique Fayet, présidente du Secours catholique.

On a besoin de redonner les priorités d’accès aux plus pauvres

Parmi les autres propositions, les associations plaident pour continuer à construire des logements PLAI (60 000 tous les ans selon leurs estimations) et pour rendre plus transparent le processus d’attribution des logements sociaux (21 000 relogements ont pu s’effectuer sur plus de 200 000 demandes).

Pour Bernard Lacharme président de l’association Dalo, « beaucoup de ces solutions existent déjà, mais elles ne sont pas appliquées. On a donc surtout besoin que la priorité d’accès au logement social soit effectivement redonnée aux personnes les plus pauvres ». Il s’agit même d’une urgence pour Baudouin de Poncharra, président de Solidarités nouvelles pour le logement, pour qui « ces personnes vont être les premières concernées par la crise qui s’annonce ».

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