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Démocratie locale

Les mairies à l’épreuve de la fièvre jaune

Publié le 13/12/2018 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

gilets-jaunes-Morbecque-mairie
Twitter @fbm02
Plusieurs milliers de petites communes ont ouvert des cahiers de doléances, sur fond de crise des gilets jaunes. L’occasion pour la France périphérique de crier sa colère contre les décideurs parisiens.

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Des lustres que cet administré de la Sarthe boudait les urnes. Pas question, pour lui, non plus de mettre les pieds en mairie. Qu’elle ne fut donc pas la surprise du premier magistrat de son village de le voir venir ce samedi 8 décembre. Vêtu des habits du dimanche, l’habitant a rempli le cahier de doléances des habitants de la commune. Dans cette petite municipalité, comme un peu partout au sein la France rurale et péri-urbaine, la crise des gilets jaunes libère la parole.

Les cahiers de doléances, ouverts le week-end des 8 et 9 décembre sous l’égide de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) d’abord, puis de l’Association des petites villes de France (APVF), font un tabac. Prolongés un peu partout, ils font même des émules dans les grandes villes comme Grenoble, Saint-Etienne ou le 1er arrondissement de Lyon. En milieu hyper-urbain, cette démarche de mairie ouverte se heurte cependant au risque de tensions avec certains gilets jaunes et au danger terroriste accru depuis l’attentat de Strasbourg.

Mais dans plusieurs milliers de petites communes, les citoyens vont à la rencontre de leurs édiles. Samedi dernier, cela s’est fait à la bonne franquette, autour d’un café ou d’un verre. Les secrétaires de mairie sont restés dans leur foyer. Le dialogue a été direct. Très direct.

Les raisons de  la colère

Parmi les motifs de grogne : les taxes sur l’essence et la limitation à 80 km/h bien sûr. « Avec la voiture, on touche au seul outil de liberté que possèdent les habitants de nos campagnes », pointe Dominique Dhumeaux (sans étiquette), vice-président de l’AMRF. Nul hasard si c’est lui, maire de Fercé-sur-Sarthe, qui se trouve à l’origine des cahiers de doléances. Car, dans ce petit coin du grand Ouest, la fièvre jaune a particulièrement pris. Les gens arborent un gilet à l’avant de leur voiture et klaxonnent, en signe de soutien, sur les ronds-points occupés.

Un combat que partagent des édiles. « Mon indemnité sert à payer mes pleins de carburant », soupire Michel Fournier (sans étiquette), premier vice-président de l’AMRF et maire de la commune des Voivres, dans les Vosges. Pour Vanik Berberian (sans étiquette), patron de l’Association des maires ruraux de France, la fièvre jaune était tristement prévisible. « On paie plus de trente ans de fracture sociale et territoriale », accuse le premier magistrat basé à Gargilesse-Dampierre, dans l’Indre.

« Avec la révolution des caddies, l’accessibilité des grandes surfaces a été privilégiée au détriment des commerces de proximité des centre-bourgs », renchérit Claude Térouinard (divers droite), ancien vice-président de l’AMRF et actuel patron du conseil départemental de l’Eure-et-Loir.

« L’individu-roi »

Les cahiers de doléances sont à l’unisson. La détresse sociale y est omniprésente. Michel Fournier évoque cette habitante, venue le voir en mairie pour lui raconter sa mise au chômage. « Les gilets jaunes sont le reflet d’une société, celle des CSP – qui est en train de s’effondrer, jauge Claude Térouinard. Mais ils sont aussi le fruit d’une époque où l’individu-roi succède à l’enfant-roi. »

Un vent de dégagisme souffle sur ces cahiers de doléances. Les ministres et les parlementaires en prennent pour leur grade. Seuls, les maires des petites communes échappent au couperet. « Entre la démocratie des ronds-points et la démocratie des salons, il y a les élus locaux », salue Christophe Bouillon (PS), président de l’Association des petites villes de France. Aussi, se réjouit-il, les cahiers de doléances ne sont pas vécus « comme une manœuvre de diversion ». Tout au contraire, ils apparaissent comme une occasion de reprendre son destin en main.

L’imagination au pouvoir

Yvan Lubraneski (ex-PS), président de la section de l’Essonne de l’AMRF, ne compte pas s’arrêter à « ce moment de rencontre avec les citoyens autour des choses de l’Etat ». Le maire des Molières, qui peut s’appuyer sur un volontaire en service civique en charge des relations avec les citoyens, fourmille d’idées. L’AMRF aussi, à l’origine durant la dernière présidentielle, des « états généreux de la ruralité ».

L’association jouera tout son rôle dans le grand débat national initié par Emmanuel Macron. « Nous ne voulons pas que cette consultation donne la part belle à la vieille machine d’Etat, avec ses notes de service et ses directives préfectorales, prévient Yvan Lubraneski. On se méfie aussi des concertations autour des parlementaires et des grands élus, dans lesquelles les maires regardent passer les trains. »

Edouard Philippe jure qu’il n’en sera rien. Le Premier ministre a d’ailleurs appelé Vanik Berberian pour lui dire tout le bien que lui inspirait les cahiers de doléances. « Après nous avoir mis la tête sous l’eau, l’exécutif ne jure maintenant plus que par les maires », persiffle une figure de l’AMRF.

Mais pour Vanik Berberian, l’heure n’est plus aux états d’âme : « Nous devons agir ensemble, sinon nous finirons tous éjectés. »

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Commentaires

Les mairies à l’épreuve de la fièvre jaune

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doumechris

14/12/2018 09h24

J’habite dans une ville des Hauts de Seine , maire et députée sont parfaitement sourds à la fronde actuelle, même si les problèmes existent également dans nos villes de banlieue. rien n’est prévu pour faire comme dans des villes ou villages des cahiers de doléances. cela est fondamentalement scandaleux.

Jean-marc

14/12/2018 12h39

Bonjour,
La mise en place de ces cahiers de doléances est à l’image de la crise démocratique actuelle.
Le gouvernement répond magnifiquement, et volontairement, à coté de la demande fondamentale que pose le mouvement des gilets jaunes.
Il est vrai que ce mouvement spontané, qui dépasse les clivages politiques, a eu du mal à se structurer et à s’organiser. Les multiples revendications semblent aujourd’hui clairement et simplement synthétisées (Les gilets jaunes demandent à ce que les citoyens reprennent en main leur choix de société qui leur a été subtilisé par, selon eux, une classe politique soumise à une « nébuleuse » d’ultra libéralisme financier). Ils veulent tout simplement que les citoyens décident eux même de leur avenir.
Au fil des rassemblements et des discussions, l’émergence d’un outil démocratique déjà connu (le Référendum d’Initiative Populaire ou Citoyenne) leur est semble-t-il apparu comme étant un mode d’expression universelle non violent qui leur permettra de porter leurs revendications et de se soustraire de la censure du pouvoir politique en place qui, effectivement, ne représente pas la majorité et la volonté du peuple.
Sauf à se conduire en dictateur, le Président peut-il décemment refuser cet outil alors même qu’il reconnait dans son discours : »un malaise démocratique… où se développe le sentiment de ne pas être entendu… »?
C’est pourtant la voie qu’il semble prendre en orientant insidieusement sa réponse vers la mise en oeuvre d’une consultation élargie… et en délégant (diluant) en partie aux élus locaux…
On peut d’ores et déjà s’interroger sur l’objectivité et l’exhaustivité des informations préalables qui seront diffusées à la population (Information officielle, les médias, internet, les réseaux sociaux…).
Je vous laisse Imaginer ce que pourront être les doléances dans un cahier communal si un cadre n’est pas clairement posé! Qui fera le tri ? La complexité justifiera alors de prendre au moins 4 ans de délais pour faire la synthèse… ?
SOYONS SERIEUX.

une participation citoyenne.
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