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Mouvement social

« Les maires, les gilets jaunes et l’hyperprésident »

Publié le 06/12/2018 • Par Laura Fernandez Rodriguez • dans : A la une, France

Manif-Gilets-Jaunes-Vesoul-17nov-2018-une
Obier - CC BY-SA 4.0
Pour le politologue Romain Pasquier, les élus locaux ont été des "capteurs de souffrance" dans un contexte exacerbé par une pratique "néojacobine" du pouvoir. Ils peuvent maintenant devenir des médiateurs afin que les débats locaux organisés par le gouvernement ne se transforment pas en "bombe à retardement".

A la lumière de la colère des gilets jaunes qui s’exprime depuis plusieurs semaines, peut-on dire que les élus locaux ont été les premiers capteurs de cette colère ? Eux qui dénoncent depuis longtemps la baisse des dotations et son impact sur le service public…

romain-pasquier-cnrs
En prise directe avec les populations des classes populaires et des petites classes moyennes dans les territoires qui souffrent, les maires ont sans doute perçu assez tôt la colère monter. Je pense qu’ils s’en sont fait l’écho, depuis plusieurs mois et même plusieurs années. L’exécutif, comme les précédents, mais en particulier celui-là, est resté sourd. Les élus locaux ont eux-mêmes été les premières victimes d’une pratique hypercentralisée du pouvoir. Le macronisme dans les territoires s’est en effet incarné à la fois via une rationalisation budgétaire et une hypercentralisation des décisions.

Tout cela a conduit à une réelle désaffection voire une franche opposition qui s’est durcie ces derniers mois via des congrès et des prises de parole lors desquels les élus locaux ont dénoncé une pratique du pouvoir néojacobine. Pour autant, à présent un peu plus contraint et forcé, l’exécutif va-t-il basculer sur une pratique de gouvernance plus girondine ? Rien n’est moins sûr, il faudrait pour cela des gestes forts.

Dans le même temps, les Gilets jaunes ont existé grâce aux réseaux sociaux, et en dehors des corps intermédiaires, y compris des élus locaux…

Certes, les élus locaux ont été à certains moments des capteurs de la souffrance, mais ils n’ont pas été les vecteurs de cette mobilisation qui s’est d’abord faite via les réseaux sociaux et la mobilisation spontanée de citoyens. Maintenant que nous entrons dans une logique de sortie de crise, les élus cherchent à incarner les canaux d’une représentation qui permet de prendre le pouls de la société, de recueillir des doléances, des revendications, les trier, les mettre en forme, et finalement assumer un rôle qui manque à ce gouvernement, celui de relais sur le terrain. Le président de la région Bretagne a par exemple annoncé récemment la tenue d’une conférence sociale réunissant le Medef, les représentants syndicaux et les gilets jaunes.

Ils cherchent donc encore à construire leur rôle ?

Ils ont été surpris, comme tout le monde, par la rapidité et l’ampleur du mouvement. Le tournant quasi insurrectionnel que l’on a connu samedi dernier les a transformés en médiateurs, en corps intermédiaire qui joue un rôle entre la colère sourde de la société civile qui souffre, et un gouvernement central qui n’est plus tout à fait en mesure d’être écouté.

Leur rôle est désormais de formaliser et construire ce que pourrait être le nouveau contrat social, civique et écologique. Ils peuvent bâtir le nouveau récit territorial d’organisation des services publics, qui va supposer des efforts, certaines fusions et mutualisations. Ils ne doivent pas seulement recueillir les doléances, mais être proactifs et se demander : que puis-je faire pour que le service public de demain soit ressenti comme au moins aussi efficace ?

Auront-ils cette opportunité avec la « grande concertation » annoncée par Emmanuel Macron ?

Les contours sont encore flous. Si cette grande concertation est organisée par les préfets, on peut dire qu’elle ne servira à rien. Il faut faire très attention à cette concertation, qui pourra se transformer en bombe à retardement si elle aboutit à beaucoup de mobilisation sans possibilité de coconstruire et codécider du futur contrat social. Elle risque alors d’entretenir une frustration collective assez angoissante sur l’avenir du service public, la démocratie, la justice sociale et territoriale en France.

L’AMRF et l’APVF lancent une journée mairie ouverte samedi 8 décembre

L’association des maires ruraux de France et l’association des petites villes de France ont invité leurs élus « à ouvrir leur mairie le samedi 8 décembre 2018 pour recueillir les doléances et les propositions des citoyens ». « Aux réseaux sociaux qui excluent et attisent les tensions, les maires proposent que le contact humain soit privilégié en utilisant la proximité des mairies pour déboucher la surdité de nos gouvernants », précisent-ils dans un communiqué commun.

Les différents ressentis et propositions exprimés feront ensuite l’objet d’une synthèse départementale qui sera ensuite diffusée aux médias et au gouvernement.

Du côté des régions, des initiatives se développent également. Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, a annoncé la tenue d’une conférence sociale le 18 décembre prochain.

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« Les maires, les gilets jaunes et l’hyperprésident »

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Coste too much

07/12/2018 11h24

Quasiment l’ensemble des politiques est aujourd’hui, et à mon avis à juste raison, discrédité aux yeux d’une grande majorité de Français. Que ces personnes puissent régulièrement bafouer les lois sans avoir à en payer réellement les conséquences est une honte. Nous sommes arrivés à un niveau d’irresponsabilité jamais atteint. La cas de ce « Gilet jaune » fonctionnaire territorial privé d’emploi depuis 10 ans est symptomatique. On tente de le faire passer pour un profiteur alors que c’est la faute de sa collectivité, mais aussi du législateur qui n’impose pas aux collectivité de recruter les FMPE (et au lieu de ça a même diminué de 5% par an le traitement jusqu’au demi-traitement). Que le gouvernement donne consigne aux CRS d’aller « au contact » samedi démontre leur irresponsabilité. Que veulent-ils ? Des morts ? Au lieu de faire preuve de sagesse et de démissionner pour ramener le calme, ils attisent la colère. J’ai bien peur que tout cela ne finisse très mal.

bazane

07/12/2018 01h59

En Chine, l’éditorialiste du Global Times s’interroge sur la France, « un pays connu pour être résistant au changement ». « Les citoyens français mènent une vie relativement confortable grâce aux programmes d’aide sociale généreux à travers lesquels ils sont habitués à prendre plutôt qu’à donner » affirme Yu Jincui. « Cependant, la France doit se réformer et la réforme affectera inévitablement les intérêts acquis et aura un prix. Il n’y a pas de repas gratuit dans ce monde ».
« Pendant que les Français descendent dans la rue, ajoute l’éditorialiste, leurs pairs dans des pays asiatiques tels que la Chine, le Vietnam et l’Inde sont dans des salles de classe ou des usines et se battent pour leur avenir ».

Coste too much

07/12/2018 09h36

On n’est pas obligé de répéter les clichés qui sont véhiculés ailleurs. C’est comme de dire que les tous les Américains mâchent du chewing-gum. Visiblement, tout comme cet éditorialiste, vous ne connaissez pas la réalité quotidienne de millions de personnes dans ce pays.

Jean-Marc

10/12/2018 12h17

Bonjour,
je souhaiterais réagir à cet article « Les maires, les gilets jaunes et l’hyperprésident ».
Cet article me semble refléter qu’une partie du diagnostic. S’arrêter sur l’hyperprésidence me paraît en effet caricatural et trop simpliste. Ne devrions-nous pas nous interroger sur la pertinence de notre système politique et plus exactement sur la pertinence de la représentativité de la population ou encore appelé « participation citoyenne ».
La démotivation de beaucoup de maires n’était-elle pas déjà une alerte? (une loi impose des transferts de compétence… réactions…une autres loi intègre alors des options, des choix facultatifs.. réactions… on inscrit alors des dérogations…)
Tant que la population était « éloignée » de l’information, ce système pouvait sans doute fonctionner dans « l’ignorance de de la base » soumise aux « sachants ». Les nouvelles technologies permettent aujourd’hui une diffusion instantanée et illimitée, voire incontrôlée de l’information qui, bien souvent, prend de court le processus décisionnel. Ce décalage n’est-il pas de nature à générer un certain sentiment de frustration, voir de trahison, pour ceux qui s’intéresse de près ou de loin, à la vie publique et pour tout un chacun quand la problématique touche au pouvoir d’achat, aux impôts et aux taxes? Ne faut-il pas y voir là une relation de cause à effet avec l’expression « violente » constatées tout récemment?
Peut-on s’étonner de l’accroissement incessant de l’abstentionnisme, de la montée en puissance de l’extrémisme, de la multiplication des expressions violentes et dans le même temps refuser au peuple son émancipation ?
JM

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